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Les démêlés de Cheney avec la justice française

La rédaction

Peu après la visite de Lyndon LaRouche à Paris, au cours de laquelle le candidat démocrate mit en cause Dick Cheney, notamment au cours d’une interview avec Radio France Internationale, les rapports sur une enquête concernant l’entreprise liée au vice-président américain ont fait les gros titres de la presse. D’après Le Figaro et le Journal du Dimanche du 21 décembre, le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke enquête sur une affaire de corruption internationale impliquant la société Halliburton, durant la période 1995-98, lorsque Dick Cheney en était le PDG. Il n’est pas à exclure que ce dernier soit mis en cause pour complicité dans cette affaire.

Le 10 octobre, Le Figaro avait déjà fait état d’enquêtes par des procureurs français portant sur Halliburton et la société française Technip. Selon ce quotidien, le groupe Nigeria Liquidified Natural Gas avait décidé, en 1995, de construire une usine de traitement de gaz naturel dans les îles Bonny, au Nigeria. Le NLNG, un consortium regroupant Shell, Totalfina, Agip et la Nigeria National Oil Company, accorda alors le contrat de construction de l’usine à Kellogg, Brown & Root (une filiale de Halliburton), Technip, l’Italienne Snamprogetti, et la Japonaise JGC. Ces quatre compagnies formèrent le consortium TSKJ, dont le rôle principal revenait à KBR. On parla de « contrat du siècle », puisqu’il se montait à six milliards de dollars !

L’enquête du juge van Ryumbeke porte spécialement sur des plaintes selon lesquelles certains fonds, créés par ce consortium TSKJ, auraient versé, en marge du contrat, 180 millions de dollars de « commissions occultes » à des responsables nigérians, entre la fin des années 1990 et 2002. Parmi les témoins interrogés par le juge, il y a l’ancien ministre nigérian des Hydrocarbures, Dan Erete. La justice française soupçonne un avocat anglais, Jeffrey Tesler, d’avoir servi d’intermédiaire pour ces 160 à 180 millions de commissions secrètes, soupçon que Dan Erete n’a pas démenti.

Cette action est la première de ce genre menée dans le cadre de la Convention anti-corruption de l’OCDE, signée par 35 pays en 1997.

Cheney sort de ses gonds

Dans une interview accordée au commentateur Armstrong Williams et publiée dans le Washington Post du 17 décembre, le vice-président Dick Cheney a montré à quel point il est déstabilisé par la campagne de LaRouche visant à le chasser du gouvernement. La façon dont le vice-président a éructé en public corrobore les témoignages d’observateurs à Washington, selon lesquels « LaRouche est devenu le cauchemar de Cheney ».

Dans le Washington Post, il a surtout critiqué ce qu’il considère comme une prolifération du « journalisme de dénigrement » vis-à-vis de lui-même et de l’administration Bush. « Les gens ne vérifient pas les faits », dit-il. Si la presse est « une part vitale de la société », admet-il, parfois « elle me rend fou ». Pressé de préciser sa pensée, il répondit : « C’est le cas quand je vois des articles qui sont fondamentalement inexacts. C’est l’hypocrisie qui apparaît quelquefois quand certains dans la presse se décrivent comme des observateurs objectifs de la scène, alors qu’ils ne sont de toute évidence pas objectifs. C’est un journalisme de dénigrement . »

Cheney est particulièrement révolté par les attaques lancées contre son ancienne société, Halliburton. Pour lui, les journalistes n’ont pas recherché « les faits réels » en enquêtant sur les activités du géant énergétique qu’il dirigeait avant de devenir vice-président. « Il y a vraiment beaucoup de gens dans la presse qui ne comprennent pas la communauté des affaires. Je pense que nos adversaires politiques ont passé beaucoup de temps à s’acharner à trouver quelque allégation concernant le fait que Halliburton aurait eu un traitement de faveur quant aux contrats, ou à établir un quelconque lien qu’ils n’ont jamais pu établir. Il n’y a rien qui conforte une telle accusation mais, en la répétant assez souvent, c’est devenu comme un article de foi . »

Malgré les protestations de Cheney, les preuves abondent. Un audit du Pentagone, non encore rendu public, montre que Halliburton a surfacturé l’armée américaine pour la livraison de carburant en Irak. En septembre, cette surfacturation s’élevait déjà à 61 millions de dollars et, à raison de 20 millions par mois, elle atteindrait désormais environ 100 millions de dollars. Le Wall Sreet Journal du 19 décembre a publié un courrier des services comptables du Pentagone montrant que Halliburton a enfreint son contrat en refusant de soumettre au département de la Défense des documents internes concernant la livraison du carburant, laissant apparaître la fraude. En outre, deux députés démocrates, Waxman et Dingell, ont envoyé une lettre de huit pages à l’amiral (cr) David Nash, directeur de l’Iraq Program Management Office, dans laquelle ils dénoncent la politique de Cheney qui consiste à accorder de fait un monopole à Halliburton et à Bechtel, pour ce qui est du secteur pétrolier en Irak, pour le premier, et de la reconstruction pour le second.

Cheney devient même le sujet favori des railleries. Dans le numéro du Washington Post cité ci-dessus, on voit en page éditoriale une caricature du président Bush commentant, depuis la Maison-Blanche : « Je trouve intéressant que quand les choses ont commencé à chauffer, il ait creusé un trou pour s’y blottir. » Puis, en référence à la capture de Saddam Hussein, on voit Cheney dans un trou creusé sous la pelouse de la Maison-Blanche, s’écriant : « Hé ! J’arrive encore à me raser ! »

Dans son émission suivie par des millions d’Américains, Jay Leno, un comique très connu de NBC, commentait : « En fait, quand ils l’ont trouvé [Saddam Hussein] dans son trou, Dick Cheney s’enquit de savoir "combien le trou était profond" et "s’il y avait du pétrole". (...) Au moment de la capture, il avait sur lui 750 000 dollars en liquide. On pense qu’avec cet argent, il comptait acheter trois gallons d’essence à Halliburton. »

Et ce n’est pas le seul ennui de Cheney. Début 2001, il dirigeait, depuis son bureau de la Maison-Blanche, une « Energy Task Force » chargée de formuler la politique énergétique du nouveau gouvernement. Les délibérations de ce comité sont restées secrètes, notamment pour ce qui est des consultations entre Cheney et ses amis des géants énergétiques. Deux organisations civiques ont même intenté des poursuites judiciaires contre cette Task Force en vue d’obtenir des documents sur les délibérations : il s’agit du groupe conservateur Judicial Watch et de l’organisation écologiste Sierra Club. Ils font aussi valoir qu’au début de 2001, le PDG d’Enron, Kenneth LAY, a rencontré si souvent Cheney qu’il était, de fait, membre de la Task Force et devrait donc rendre publiques ses recommandations. Au début, Cheney a tenté de submerger les deux plaignants en produisant 30 000 pages de documents émanant d’agences autres que la Task Force. Néanmoins, le 15 décembre dernier, la Cour suprême a déclaré leur plainte recevable et devra donc décider si la Task Force est obligée de se conformer aux lois sur la transparence.

Dans sa chronique du New York Times du 17 décembre, le commentateur conservateur William Safire a vivement dénoncé l’attitude de l’administration Bush (plus précisément, de Cheney) consistant à garder secrètes les délibérations du gouvernement sur sa politique énergétique.

De son côté, Hans BLIX, l’ancien chef des inspecteurs de l’ONU en ADM irakiennes, a confirmé que Dick Cheney avait exercé de fortes pressions sur lui, dans la période précédant la guerre d’Irak. Interviewé le 16 décembre par la BBC, Blix déclara, en réponse à une question sur les méthodes d’intimidation de Cheney, que « c’était une affaire tout à fait déplaisante, en effet ». Il ajouta qu’aucune ADM n’avait été trouvée en Irak et que « les inspecteurs de l’ONU et américains en étaient venus à la conclusion qu’il n’y en avait pas ».

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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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