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Les économistes allemands anti-euro repartent à l’attaque !

La rédaction

6 juillet 2010 (Nouvelle Solidarité) - Dans une annonce parue aujourd’hui dans le grand quotidien financier allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, les cinq économistes allemands qui avaient déposé un recours auprès de la Cour constitutionnelle allemande, le 7 mai dernier, contre le prétendu Plan de soutien à la Grèce adopté par l’Union européenne, lancent une nouvelle offensive.

Dénonçant une fois de plus le caractère « putschiste » des décisions adoptées à l’époque par les gouvernements européens, car elles vont à l’encontre du Traité de Lisbonne et de la Loi fondamentale (constitution) allemande, Wilhelm Hankel, Wilhelm Noelling, Karl Albrecht Schachtschneider, Joachim Starbatty et Dieter Spethmann ont décidé d’intensifier la pression, car la Cour constitutionnelle n’a encore rendu son jugement sur leur requête.

« On avait assuré à nos citoyens qu’ils auraient un euro stable au sein d’une communauté [économique] stable », rappellent-ils dans cet article, grâce à la « clause de non renflouement » du Traité de Lisbonne qui « interdit à la communauté, ou à un Etat membre, d’être tenu pour responsable des dettes et des risques financiers d’un autre Etat membre ». « La question de transferts d’argent est aussi absurde que celle d’une famine en Bavière », avait même déclaré Jean-Claude Junker, président de l’Euro-groupe, pour rassurer les Allemands. Or, selon les économistes, « les prêts des Etats à la Grèce constituent bel et bien des transferts financiers et chacun sait que la Grèce ne pourra pas repayer sa dette ».

De ce plan d’aide, c’est l’Allemagne qui fournira la plus grosse partie. Or, écrivent nos cinq économistes, soulignant le caractère anti-démocratique de ces décisions, « les citoyens n’ont pas du tout été informés de cette procédure et nous ne savons même pas qui, à Bruxelles, a donné l’impulsion décisive [à ce projet]. Un SIV (véhicule d’investissement structuré) a été créé au Luxembourg pour organiser cette opération et la collecte de l’argent. Mais lorsque le Parlement allemand a adopté ce plan d’aide, pas un seul parlementaire, ni même le gouvernement fédéral, ne savait pour quoi il votait ».

« La chancelière a obligé le président à signer cette seconde loi d’urgence en l’espace de quelques heures. Il n’a pas pu en examiner la constitutionnalité, comme il était de son devoir de le faire. Aucun gouvernement ne devrait traiter ainsi son chef d’Etat sur une question qui est, de plus, existentielle.

« Ce chemin conduit l’Allemagne à la ruine », s’insurgent les économistes. La prétendue « aide » ne réduira pas le poids de la dette de ces Etats ; elle ne fait que satisfaire les créanciers (…) Dans la zone euro, l’écart entre production et accroissement de la dette continue à se creuser (…) La part de la dette publique et privée dans le PNB augmente d’une année sur l’autre. L’expansion monétaire – à laquelle la BCE contribue par ses achats massifs, en violation des Traités, d’obligations d’Etat – cache la part, en constante diminution, de la croissance réelle de biens et des services. Les citoyens craignent que l’inflation dévalue leur épargne. »

« Avec l’érosion de la valeur de la monnaie et des finances de l’Etat, ce sont les fondations constitutionnelles européennes de notre Etat et de notre société qui sont atteintes. (…) Ces politiques minent l’Europe [des valeurs véritablement] européenne : ses racines, sa culture et sa puissance économique. Elles parient avec le futur de nos enfants et petits-enfants.

« Agir contre cela, n’est ni une exagération, ni un retour à un nationalisme suranné. (…) Comment la chancelière peut-elle prétendre qu’il n’y a pas d’alternative à sa politique de sauvetage de l’euro ? Comment son ministre peut-il parler de ‘budgets d’austérité’, alors que les coupes annuelles de 8 à 10 milliards d’euros dans les budgets vont de pair avec des autorisations de transfert de crédits vers le SIV qui constituent environ 70% des revenus fiscaux ? Nous, les citoyens, avons le droit d’exiger que le gouvernement fédéral soit fidèle à son serment, qui est de protéger la nation allemande de tout mal.

Le 7 juillet, à Berlin, les cinq économistes présenteront, au cours d’une conférence de presse, leur requête amendée d’un nouveau texte, dans lequel ils réaffirment le caractère « putschiste » des décisions des chefs d’Etat européens et leur « mépris du traité de Lisbonne ». Ils invoquent pour preuve les affirmations de Pierre Lellouche, notre secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, qui, dans une interview au Financial Times, le 27 mai 2010, s’était même vanté du fait qu’« en réalité, nous avons changé le Traité [de Lisbonne] ».

Les économistes se disent « confiants » que la Haute Cour finira par juger ces décisions « inconstitutionnelles ».


Pour approfondir le sujet :

Libérer l’Europe de l’emprise de l’Empire Britannique

L’inévitable chute de la Maison Euro Video de Jacques Cheminade

Ce n’est pas la Grèce imbécile Vidéo de Jacques Cheminade

Voir les 3 commentaires

  • populasse • 07/07/2010 - 13:43

    Il y a le réseaux voltaire qui prétend qu’il y a une volonté de l’Allemagne de sauver le $ à cause du partage du mondialisme entre l’Allemagne et les USA. Cela rejoint en partie la thèse de Pierre Hillard sur le rôle de l’Allemagne en tête de pont anglosaxons dans l’UE via la fondation Bertelsman. Les hesitements de Merkel servirait la remonté du $.

    Mais il y a surtout de nombreux autres économistes qui clament haut et fort que la fin de l’€ serait désastreuse pour l’industrie allemande fussent-elle haut de gamme avec une monnaie qui s’apprécierait vertigineusement face aux autres.

    Est ce que tout ceci est un mix des 2 ? il y a de quoi se poser la question.

    • Ferdinand Cantwell • 07/07/2010 - 18:01

      C’est un peu comme chercher, par déduction, dans les mathématiques une solution qui se trouverait dans la science physique : toutes les conjectures sont potentiellement justes (jusqu’à l’échec total inéluctable vu que le système est clos), mais aucune hypothèse potentiellement vraie ne peut être formulée et a fortiori trouvée.

      Tous nos intellectuels sont dans le potentiellement juste, seul S&P est dans le vrai.

    Répondre à ce message

  • petite souris • 07/07/2010 - 15:22

    Bravo à ces économistes allemands qui montrent l’exemple !

    Ce qui tend à prouver :

    que rien n’est jamais acquis

    que tout est toujours possible

    qu’il ne faut jamais baisser les bras

    que le combat n’est jamais perdu

    que la résistance est toujours efficace

    qu’il ne faut jamais sous-estimer l’autre

    que lorsque la cause est bonne et juste pour le plus grand nombre, il y a toujours quelqu’un pour porter l’idée

    C’est ce qui se fait ici à S&P

    Répondre à ce message

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La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

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C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

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La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

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Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
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Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

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S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

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Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

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