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Libye : le général Desportes met en garde contre le danger d’enlisement

La rédaction

1er avril 2011 (Nouvelle Solidarité) — Dans une interview donnée à Mediapart, le Général Vincent Desportes qui a dirigé le Collège interarmées de défense jusqu’en juillet 2010, revient sur l’actuelle guerre en Libye. Le général traite en profondeur de tous les dangers de cette guerre, engagée sans avoir réellement défini au départ, ni les objectifs, ni le commandement.

Vincent Desportes a été l’un des enfants terribles de la Grande Muette. On lui reproche surtout de ne pas garder ses idées sous son képi. Ce général de l’armée de terre a aussi lancé quelques missiles contre la stratégie des alliés en Afghanistan - ce qui lui valut une sanction en 2010 - et plus généralement contre les conceptions stratégiques dominantes qui ont provoqué des défaites en série : Irak, Kosovo, Liban, Afghanistan…

Prémonitoire peut-être des difficultés actuelles de la coalition en Libye, il disait dans un colloque co-organisé par Démocraties et la CGT, que bien que le seul objectif d’une guerre, quand on doit la mener, soit de pouvoir créer rapidement les conditions du retour à la normale, les guerres actuelles ne permettent pas de faire cela : elles provoquent des conflits asymétriques où un pays faible se défend contre un pays beaucoup plus fort avec les moyens de la guerre conventionnelle et du combat de guérilla. Or, les pays avancés, dans leur grande majorité, ne sont plus capables de mener des guerres conventionnelles, car ils ont cru pouvoir faire la guerre à distance, sans pertes humaines, en misant entièrement sur les moyens techniques.


Courts extraits de l’entretien accordé le 31 mars 2011 à Mediapart

Mediapart : Que pensez-vous de la manière dont la France est entrée en guerre en Libye ?

Général Desportes : (..) Nous sommes rentrés dans cette crise sans savoir véritablement quel était l’effet final recherché et comment allait s’organiser le commandement de cette coalition. (…) Or, quand on met le doigt dans la guerre, on ne sait jamais où cela nous mène et où cela finit. En Afghanistan, l’idée était de faire tomber le pouvoir taliban à Kaboul. On a atteint cet objectif dès novembre 2001, un mois après le déclenchement des opérations, avec quelques dizaines de militaires occidentaux sur le terrain. Mais, dix ans après, on y est toujours avec une coalition de plus de 140.000 hommes, sans compter ceux de l’armée afghane et des sociétés militaires privées. (…)

Que pensez-vous du premier rôle donné à l’aviation dans cette guerre ?

Au moment où nous sommes intervenus, il s’agissait d’empêcher l’entrée des forces libyennes dans la ville de Benghazi ; la seule solution immédiate était les frappes aériennes. Mais on sait qu’on ne gagne jamais une guerre avec la seule aviation. On gagne toujours la guerre par une convergence d’actions, en particulier terrestres et aériennes. La difficulté en Libye, c’est que les rebelles, c’est à la fois l’exaltation et l’amateurisme. Donc on aura, et on a déjà, le plus grand mal à coordonner action aérienne et action terrestre.

Il y a toujours, au début, une phase relativement aisée pour l’aviation.

(…) Mais ensuite, (…) les cibles qu’on peut détruire facilement sans dommages collatéraux – puisque la légitimité de l’action entreprise suppose de les minimiser pour la population qu’on vient protéger – deviennent plus rares, plus difficiles à détecter dans les zones urbaines. Les troupes libyennes le savent d’ailleurs bien. Quand elles sont à découvert, elles sont en danger. Quand elles réussissent à s’imbriquer dans les villes et au milieu des populations, elles minimisent le risque de frappes, car la coalition risquerait alors de commettre de graves dommages collatéraux. (…)

La supériorité technologique de la coalition est-elle une assurance de gagner la guerre ?

Il y a eu un pari – risqué d’ailleurs – au début de cette guerre. On pensait résoudre ce conflit en quelques jours grâce à notre supériorité technologique et à quelques frappes bien ciblées. Le pari, c’était que Kadhafi et son système allaient s’effondrer, et que l’affaire serait ainsi rapidement réglée.

Mais on sait désormais que cela ne s’est pas passé comme ça. (…) Ma crainte, c’est que ce conflit n’affaiblisse finalement encore une fois l’Occident et ne ternisse l’image de sa puissance, même s’il faut se garder aujourd’hui d’un excès de pessimisme. (…)

Quels sont les objectifs de cette guerre en Libye ?

(…) Le président Sarkozy part en guerre probablement autant pour des raisons morales justifiées que pour des raisons de politique intérieure. Nul n’a oublié qu’en 1984, la guerre des Malouines redore le blason bien terni de Madame Thatcher et lui permet de gagner les élections suivantes. Cette guerre en Libye redessine notre politique extérieure, qu’elle concerne les rapports inter-méditerranéens, nos relations avec les pays du Golfe, ou le renforcement de l’axe franco-britannique à un moment où l’axe franco-allemand s’affaiblit. (…)

Propos recueillis par Joseph Confavreux

Pour consulter toute l’interview sur le site de Mediapart


Pour creuser :

Voir les 4 commentaires

  • matière invisible • 01/04/2011 - 23:01

    L’aube de l’odyssée : avec ce nom ils étaient prévenus que ce n’était qu’un commencement. Pris au piège dans le filet des banksters les liens de la finance psychopathe vont se resserrer sur les Etats Nations sauf si le peuple en prend conscience tout d’abord.

    • clemenceloyer • 06/04/2011 - 12:02

      si je dis que c’est BHL qui a déclaré la guerre en libye, je relaie les complotistes ou je brûle ?

    Répondre à ce message

  • petite souris • 04/04/2011 - 12:20

    Bravo !
    Un "gégène" qu’en a sou’l’képi ! "yena" pas beaucoup !

    Je me demande (enfin ! pas vraiment...) pourquoi not’sarko ne demande pas l’avis des militaires avant de faire la guerre...

    En effet les militaires n’aiment pas la guerre, ils sont obligés de la faire parceque politiques et diplomates ne font pas leurs jobs ! Ils font la guerre pour réparer leurs erreurs !
    Mais les militaires ne sont pas stupides, ils ont aussi envie de sauver leur peau, ne déclarent pas la guerre !!!
    Ils obéissent aux ordres du chef des armées qu’est not’président !
    Et là ! c’est la drame !

    Pauvre France ! Quelle image ! Quelle honte !
    Où sont l’Honneur et la Grandeur !!!

    ne pas confondre avec "Grandeur et Servitude" d’Alfred de Vigny !!!!!!

    Répondre à ce message

  • jules • 02/04/2011 - 03:46

    on sait quand une guerre commence on ne sait pas quand elle finit. élémentaire mon cher Watson !
    en fait on y comprend rien bloc out des médias.
    par exemple qui paye qui et pourquoi faire ?la place de l’Arabie saoudite ? le yemen ? quel sont les intérêts chinois dans le coin ? et des pays limitrophes Niger Tchad Soudan
    peut on envisager une base de l’otan permanente dans ce coin ?
    je ne suis pas arrivé a collecter un minimum d’information géopolitique pour me faire une idée a peut près saine.
    ah oui j’oubliais le rôle des pétrodollars et de la city.
    kadafi aurait il voulu se faire payer son pétrole autrement qu’en dollar ?

    Répondre à ce message

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« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
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- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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