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Militaires et diplomates américains exigent de l’Administration un changement de la politique vis à vis de L’Iran

La rédaction

Le Général Joseph Hoar (USMC ret.), Lieutenant-Général Robert Gard (USA ret.), et Morton Halperin, ancien attaché du National Security Council, ont publié, le 17 août, une lettre ouverte signée par 21 anciens militaires et diplomates, où ils accusent le Président Bush d’avoir miné la sécurité des USA à cause de son intransigeance vis à vis de l’Iraq et l’Iran, et où ils exigent de lui de changer de stratégie.

Le même jour, au cours d’un appel de conférence, le Lieutenant-Général Gard avait dit, « Nous qui avons servi la nation ne pouvons nous taire pendant que le Président et ses porte-parole attaquent tous ceux qui critiquent une stratégie si gravement erronnée, et les taxent d’être amènes à faire des "compromis avec le terrorisme". A de nombreuses occasions, l’Administration n’a pas su utiliser la diplomatie pour résoudre des difficultés, en des circonstances où l’utilisation de la force armée ne fera que nourrir les flammes. Il faut qu’ils se mettent tout de suite à discuter avec les iraniens.

« Nous sommes persuadés que l’occupation de l’Iraq par les USA est un gaspillage de nos ressources, qui nous empêche de nous focaliser sur une menace bien plus grave pour la sécurité nationale, Al Qaeda. » poursuivit-il. « A notre avis, le fait que le Président’s n’ait pas su engager tout de suite et sans précondition des pourparlers directs avec le gouvernement de l’Iran, et que l’Administration continue à contempler une action militaire contre l’Iran, peut avoir des conséquences désastreuses pour la sécurité dans la région et pour les forces américaines en Iraq ».

Dans le communiqué de presse qui annonce la lettre ouverte, on lit : « Selon la déclaration, signée par d’anciens hauts fonctionnaires des armées, de la sécurité nationale et des affaires étrangères, nous devons engager des pourparlers immédiats avec le gouvernement de l’Iran, sans précondition ; la letttre stigmatise toute action militaire comme moyen de résoudre les crises actuelles du Moyen Orient, ou comme moyen de régler des différends concernant le programme nucléaire iranien. »

Le texte complet de la lettre suit :

« En tant qu’anciens officers militaires et responsables de politique étrangère, nous exigeons de l’Administration Bush qu’elle engage sans tarder des pourparlers avec le gouvernement de l’Iran, sans précondition, afin de résoudre la crise actuelle du Moyen Orient et de régler des différends concernant le programme nucléaire iranien.

« Il serait imprudent même de contempler l’utilisation des forces armées contre l’Iran. Les crises actuelles devront être résolues par une action diplomatique et non militaire. Une attaque contre l’Iran serait un désastre pour la sécurité de la région et des forces américaines en Iraq, et ne ferait que nourrir les flammes de la haine et de la violence au Moyen Orient et parmi les musulmans partout au monde.

« Les intérêts des USA et de ses alliés seraient servis par une stratégie d’engagement diplomatique avec l’Iran, ce qui aurait pour effet d’améliorer la sécurite régionale et internationale.

Signée :

  • Ambassadeur Harry Barnes. (Former Ambassador to Chile, India, et Romania ;
    Lieutenant-Général Julius Becton, U.S. Army (Ret.)) ;
  • Parker Borg. (Senior Fellow at the Center for International Policy ; Former Ambassador to Iceland et Mali) ;
  • Ambassadeur Peter Burleigh. (Former U.S. Ambassador et Deputy Permanent Representative of the United States to the United Nations ; Ambassador to Sri Lanka et the Maldives) ;
  • Ambassadeur Ralph Earle II. (Former chief negotiator of the SALT II Treaty and Director of the United States Arms Control and Disarmament Agency) ;
  • Brigadier-Général Evelyn P. Foote, U.S. Army (Ret.). (Former Deputy Inspector General, U.S. Army) ;
  • Ambassadeur Chas W. Freeman, Jr. (Former Ambassador to Saudi Arabia ; Assistant Secretary of Defense, International Security Affairs) ;
  • Morton Halperin. (Senior Fellow of the Center for American Progress) ;
  • Lieutenant-Général Robert G. Gard, Jr., U.S. Army (Ret.). (Former military assistant to the Secretary of Defense) ;
  • Général Joseph P. Hoar, U.S. Marine Corps (Ret.). (Former Commander in Chief, U.S. Central Command) ;
  • Brigadier-Général John Johns, U.S. Army (Ret.). (Former Deputy Assistant Secretary of Defense) ;
  • Professor Frank N. von Hippel. (Former Assistant Director for National Security in the White House Office of Science and Technology Policy) ;
  • Dr. Lawrence Korb. (Former Assistant Secretary of Defense for Manpower, Installations and Logistics) ;
  • Major-Général Frederick H. Lawson, U.S. Army Reserve (Ret.). (Former Reserve Division Commander) ;
  • Lieutenant-Général Claudia Kennedy, U.S. Army (Ret.). (Former Deputy Chief of Staff for Intelligence) ;
  • Lieutenant-Général Charles P. Otstott, U.S. Army (Ret.). (Former Deputy Chairman, NATO Military Committee) ;
  • Ambassador Edward L. Peck. (Former Chief of Mission in Iraq and Mauritania ;
  • Brigadier-Général Maurice D. Roush, U.S. Army (Ret.) ;
  • Dr. Sarah Sewall. (Former Deputy Assistant Secretary of Defense for Peacekeeping and Humanitarian Assistance) ;
  • Vice-Amiral Jack Shanahan, U.S. Navy (Ret.). (Former Director of the Center for Defense Information and currently Chairman, Military Advisory Committee, Business Leaders for Sensible Priorities) ;
  • LTG James M. Thompson, U.S. Army (Ret.). (Former Chief of Military Mission to Turkey (JUSMMAT)) ;
  • Vice-Amiral Ralph Weymouth, U.S. Navy (Ret.). (Former Commanding Officer of Flagship on Commander Moyen Orient Force). »

Une dépêche de l’agence RIA Novosti en date du 18 août, sous le titre « Anciens militaires et Diplomates exigent que Bush n’attaque pas l’Iran », a fait beaucoup parler de la lettre ouverte en Russie. La dépêche cite l’auteur de la lettre sur les conséquences « catastrophiques » d’une attaque sur l’Iran, et souligne l’appel à des négotiations directes.

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