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Nettoyons Dexia au kärcher ! Pas un sou pour les spéculateurs !

8 octobre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Le 5 octobre 2011, la mégabanque franco-belge Dexia, dirigée par Pierre Mariani, l’ancien chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, a fait faillite, bien qu’en langage orwellien, on évoque son « démantèlement ordonné ». Le lendemain, à 14h54, alors que l’action s’effondre de 17,24% le régulateur du marché belge a suspendu la cotation de l’action en bourse.

Enfantée par la finance folle, si cette « nef des fous » chavire aujourd’hui, c’est notamment à cause de son héritage toxique de 2008 et de son exposition aux dettes souveraines européennes dans une zone euro à l’agonie. Car à ce jour, Dexia détient 3,4 milliards d’euro d’obligations de l’Etat grec et les analystes estiment qu’il faut ajouter à cela 17,5 milliards d’euro d’exposition à la dette italienne, espagnole, portugaise et à celle d’autres pays en grande difficulté. Avec la dégradation des dettes souveraines Dexia s’est retrouvée dans l’impossibilité d’obtenir des capitaux à court terme dont elle dépend.

Ironiquement, le 15 juillet, Dexia avait passé avec brio les tests de résistance (stress tests) menés par l’Agence bancaire européenne et dans un communiqué de presse Dexia annonçait fièrement qu’elle n’avait point besoin de lever des capitaux supplémentaires. Petit détail, les tests avaient soigneusement évité d’inclure un défaut des obligations de l’Etat grec. Dexia les avait provisionnés à hauteur de 21% alors que les investisseurs estiment qu’elles ont déjà perdu 50 à 60% de leur valeur.

Alors que l’avenir de Dexia concerne directement la France et la Belgique, l’affaire est très suivie aux Etats-Unis où plusieurs Etats et villes, qui dépendent de la banque pour trouver des capitaux, sont exposés à son démantèlement.

Pour sauver nos pays, il faut nettoyer toute cette nébuleuse au kärcher et, grâce aux critères de la loi Glass-Steagall de Roosevelt, séparer le bon grain de l’ivraie. Pour être plus clair : au lieu de renflouer à tout prix l’énorme boulet de titres toxiques comme semble le souhaiter les gouvernements belge et français, il faut les faire passer par perte et profit. Seule cette démarche permettra de rétablir la confiance dans le système bancaire mondial.

Un peu d’histoire

Dexia voit le jour en 1996 suite au mariage du Crédit Local français (à l’époque sous la gestion de la Caisse des dépôts et Consignations -CDC) et le Crédit Communal belge. Leur fusion, nous dit-on à l’époque, permettra de gagner en compétitivité dans le cadre du lancement de l’euro fin 1999. Par la suite, Dexia met la main sur la banque belge Artesia et se développe à l’international en prenant le contrôle de l’italien Crediop, de la banque israélienne Otmar Hashilton Hamekomi et la banque turque Denizbank.

Attirée comme toutes les autres banques européennes par les gros profits à court terme, Dexia dont la devise était « Le court terme n’a pas d’avenir », a joué et perdu gros au début des années 2000 sur le marché des subprimes américains via son achat du rehausseur de crédit Financial Security Assurance (FSA). Résultat : au bord du dépôt de bilan, Dexia a du être sauvé in extremis en septembre 2008 grâce aux 6,4 milliards d’euros injectés par les Etats français, belge et luxembourgeois.

Erreur énorme dont on paye aujourd’hui les conséquences : on autorise la banque à garder en son sein, une « bad bank » [legacy division] où restent cantonnés plusieurs centaines de milliards d’euros de titres toxiques dont on espère qu’ils reprendront par magie de la valeur.

Le plan actuel concocté par Nicolas Sarkozy et les équipes de Bercy laisse anticiper le pire : une fois de plus, en privatisant les profits et en socialisant les pertes, on compte dépouiller les peuples.

Sauvetage de qui ?

Sans connaître les arbitrages finaux, ce qui filtre dans la presse prévoit un plan en trois volets :

1) Vendre les bijoux de famille au plus offrant. Plusieurs divisions du holding Dexia seront vendues au plus offrant : Dexia Banque Internationale au Luxembourg (DIL) est en discussion avec le Qatar ; Denizbank (Dexia Turquie) intéresse la Sberbank russe ; Dexia Bank Belgique (DBB) serait nationalisée ou vendue à une autre banque européenne. Parmi les candidats : Santander, BBVA, HSBC, Deutsche Bank, Rabobank et Société Générale ; Dexia Asset Management est également à vendre.

2) Créer une « bad bank » garantie par l’Etat français et l’Etat belge. D’après Reuters, il s’agit d’un portefeuille obligataire en cours de liquidation, communément appelé portefeuille d’actifs « toxiques » estimé à 95,3 milliards d’euros à fin juin 2011. D’après les documents disponibles sur le site de Dexia, il se compose notamment de 24,5 milliards d’obligations du secteur public local, de 15,8 milliards de dette souveraine, de 15,6 milliards d’obligations d’établissements bancaires, de 12 milliards d’obligations sécurisées (covered bonds). Selon certains analystes, Crediop et Sabadell, filiales italienne et espagnole de Dexia spécialisées dans le financement des collectivités locales, pourraient rejoindre cette « bad bank ».

3) Créer une nouvelle banque française au service des communes, des villes et des collectivités territoriales. Alors qu’en Belgique, le Crédit Communal retournerait sous le contrôle de l’Etat belge, en France on créera une nouvelle entité composée pour l’essentiel de la Caisse des Dépôts et des Consignations (CDC), la Banque Postale et Dexia Crédit local, filiale française de Dexia, dont la CDC est l’actionnaire principal. Alors que cette réorientation peut sembler prometteuse, il reste un petit détail qui fâche : le bilan de Dexia Municipal Agency (DexMa), véhicule de titrisation logé au sein de Dexia Crédit Local. Son portefeuille s’élève à quelque 80 milliards d’euros et est constitué pour l’essentiel de prêts aux collectivités locales, essentiellement françaises mais pas exclusivement. Environ 10 milliards d’euros de ce portefeuille seraient toutefois considérés comme « toxiques » et valent à Dexia d’être poursuivie en justice par certaines collectivités locales.

L’on constate que l’addition sera salée : en plus des garanties accordées à la « bad bank » pour maintenir la fiction de 93,4 milliards d’euros d’actifs sans valeur, on adossera les dépôts de la CDC et de la Banque postale aux emprunts toxiques qui empoisonnent nos collectivités !

Alors que la Banque postale semble s’aligner sur cette perspective, la CDC montre pour l’instant ses plus grandes réticences. Elle craint notamment de perdre sa propre notation AAA. Mercredi, sur RTL, Laurent Fabius n’a pas exclu une telle conséquence et bien que Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, a immédiatement nié une telle éventualité, les agences en question ont bien confirmé qu’elles prendraient en compte cette nouvelle prise de risque. Après la dégradation de la note italienne, c’est donc la Belgique et la France qui seront dégradées.

Il faut donc nettoyer nos banques au kärcher et dire non à tout sauvetage des dettes illégitimes qui ruinerait nos peuples une fois encore. Ce que démontre l’affaire Dexia avant tout, c’est qu’une séparation stricte entre d’une part les banques de dépôts et d’autre part les banques d’affaires, aurait pu empêcher un tel désastre. Rétablissons donc de toute urgence la loi Glass-Steagall, véritable camisole de force pour la finance folle.

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  • petite souris • 08/10/2011 - 19:03

    Le 5 octobre 2011, la mégabanque franco-belge Dexia, dirigée par Pierre Mariani, l’ancien chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, a fait faillite

    93,4 milliards d’euros d’actifs sans valeur !!!

    Le plan actuel concocté par Nicolas Sarkozy et les équipes de Bercy laisse anticiper le pire : une fois de plus, en privatisant les profits et en socialisants les pertes, on compte dépouiller les peuples.

    "Tout va très bien madame la marquise !!!"

    ... et demain les primaires du parti socialiste : aucun des six aujourd’hui n’en parle !

    " Circulez ! il n’y a rien à voir !"

    ... et demain va naître le n° 4 de not’président !

    ... et demain de quoi parleront les médias ???

    ... de rien ! de non-évènements qui sont déjà le passé !!!

    Répondre à ce message

  • tony • 10/10/2011 - 13:13

    a faire circuler en urgence le moment est venu pas le temp d attendre les politique ca ne changera pas avec eux...
    http://www.avaaz.org/fr/the_world_vs_wall_st_fr/?cl=1312385708&v=10618

    Répondre à ce message

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Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

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La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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