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Opel Anvers, c’est nous !

La rédaction
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Par Karel Vereycken

3 avril 2010 (Nouvelle Solidarité) — En 1989, à quelques semaines de l’effondrement d’un régime moribond à l’Est, des milliers de citoyens allemands descendaient dans la rue pour dire « Wir sind das volk » [le peuple c’est nous].

Vingt ans plus tard, en septembre 2009, ces paroles sont reprises par des milliers de producteurs de lait venus manifester à Bruxelles devant le siège de la Commission européenne.

Après le mur de Berlin, c’est le mur de l’argent qu’il faut renverser. Or, les gouvernements européens et l’UE n’ont rien voulu savoir quand les peuples, y compris par voie référendaire (Danemark, France, Pays-Bas, Irlande), ont rejeté avec force la dérive ultralibérale « gravée dans le marbre » des différents traités (Maastricht, Lisbonne) et constitutions européens qui leur avaient été soumis.

C’est dans ce contexte qu’il faut situer la bataille contre la fermeture du site d’Opel à Anvers, appartenant au géant américain General Motors.

La Belgique, un pays productif grâce à une main d’œuvre qualifiée, bien rémunérée et fortement syndicalisée, est ravagée par le tsunami des délocalisations. Après Vilvorde, Sabena, Arcelor, Métal-Europe, Areva-FCI, Alcatel, Philips, etc., c’est au tour de Carrefour et d’Opel de payer les frais du downsizing.

Arrive en plus la crise bancaire qui conduit les quatre grands constructeurs du pays (Audi à Bruxelles, Ford à Genk, Volvo à Gent et Opel à Anvers) à réduire leur production de 25% de 2008 à 2009.

Empêtré dans des spéculations insensées et écrasé par 172 milliards de dollars de dette, GM s’effondre et passe en juin 2009 sous la protection du « chapitre 11 » de la loi américaine des faillites. GM est désormais détenu à 60% par le gouvernement fédéral américain. Le plan de restructuration annonce une forte réduction du personnel au niveau mondial. Ambiance. Qui devra partir le premier ? Pire encore, en novembre 2009, Obama rejette l’offre allemande qui aurait permis au canadien Magna et au russe Sberbank d’acheter à GM le brevet d’Opel. Si des postes sont supprimés ça et là dans les sites allemands et anglais, en Belgique on ferme un site entier, celui d’Anvers. Car le PDG de GM, Nick Reilly, délocalise sa production en Corée du sud.

En Allemagne, à Rüsselsheim, une population solidaire manifeste en arborant des teeshirts où on peut lire « wir sind Opel » [Opel, c’est nous]. Le slogan est repris à Anvers où Raf Verbeke anime l’initiative citoyenne « Wir sind alle Opel », qui refuse la fatalité d’une fermeture. L’initiative propose la création d’une coopérative et exige que les aides de l’UE et des autorités, au lieu de faciliter les délocalisations, se concentrent sur un projet de reconversion. Cette exigence ressort également de l’appel lancé par le délégué syndical Rudi Kennes au président non élu de l’Europe, Herman van Rompuy.

Depuis plusieurs semaines, Agora Erasmus, le mouvement larouchiste belge, fait circuler un tract appelant à la reconversion des 36 hectares du site d’Opel, au centre du port. Alors que dans le meilleur des cas, certains élus souhaitent une reconversion vers la « voiture verte » (électrique ou hydrogène), pour Agora Erasmus, c’est aussi l’occasion de sortir du tout routier : « Nous avons besoin de transports public modernes. Pas seulement des vrais métros dans des villes comme Bruxelles, Gent, Bruges, Liège, Charleroi, Namur ou Louvain, mais des transports interurbains sans roues utilisant des principes nouveaux tels que le coussin d’air et les moteurs électriques linéaires à induction. »

Doux rêve ? Le savoir faire et les technologies sont déjà disponibles en Flandres. En 1998, l’entrepreneur visionnaire Johan van Wassenhove, actuellement PDG de l’entreprise de construction Denys, proposait Tube Cargo Express (TCX), un réseau de métro régional circulant dans un tunnel souterrain de 2,5 mètres de diamètre et capable de relier les principales villes belges avec Bruxelles en un temps record. Les trois sociétés de transport régional accueillirent la proposition avec enthousiasme et en France, Alstom se déclara prêt à lancer une joint-venture avec la société belge Denys. La firme proposa un « aérotrain sur rail magnétique qui atteint près de 300 km par heure » et reliera Bruxelles à Anvers en 10 minutes. Dans un vaste remake de l’opposition du lobby du rail à l’ingénieur français Jean Bertin et à son aérotrain, le projet fut écarté quand la société des chemins de fer belges (SNCB) déclara qu’il s’agissait d’un projet « ridicule » venant d’un simple « bétonneur ».

L’innovation dans le domaine du fret est encore plus pressante. Aujourd’hui, alors qu’Anvers est en passe de doubler ses capacités portuaires, 73% du fret est toujours acheminé par camion, et le restant par voie fluviale (14%) et par le rail (13%). Pourtant, on constate aujourd’hui que la vitesse du transport du fret par camion, dont le volume va doubler d’ici 2015, a chuté de moitié depuis 30 ans ! Les coûts supplémentaires (pollution, dégâts, accidents) sont évalués entre 2,3 et 3 milliards d’euros par an. Si la mobilité de la force de travail est un facteur clef pour la compétitivité, les infrastructures routières actuelles représentent déjà 10% du territoire belge !

Comme alternative, des voix s’élèvent au Pays-Bas, en Allemagne et en Belgique en faveur du développement d’un cinquième mode de transport : le pipeline souterrain. En Belgique, Van Wassenhove a déjà élaboré pour la société Colruyt, à Halle, un réseau de cinq kilomètres capable de relier les sites de cette entreprise, projet une fois de plus avorté au profit d’un transporteur tchèque dont les camions bloquent chaque jour la ville. Pourtant, les avantages du transport souterrain sont légion. En souterrain, l’arrivée de la marchandise est prévisible, tandis que par la route les délais peuvent varier de 650% !

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Agora Erasmus compte faire monter la pression. Premier signe positif, le gouvernement régional flamand dirigé par le ministre-président Kris Peeters (CD&V), vient de créer un groupe d’étude qui se donne six mois pour trouver un repreneur et définir un nouveau projet industriel. La reconversion du site d’Opel en vue de produire en série des véhicules adaptés pour un réseau de transport de fret souterrain nous semble le concept le plus prometteur. Cependant, son succès dépendra largement de la volonté des autorités belges de faire fi des traités européens actuels interdisant toute intervention d’Etat de ce type.

A contrario, si les autorités flamandes y mettent le paquet en choisissant ce projet innovant et écologique, les Flandres pourraient trouver assez rapidement des marchés pour exporter cette technologie d’avenir.


Articles :

Voir les 3 commentaires

  • valentine • 05/04/2010 - 15:57

    Verser 1 euro en guise de solidarité avec les travailleurs de opel Anvers dans une tenative de developper des alternatives pour le site AVEC les travailleurs en gardant les outils de travail pour les travailleurs.

    http://www.wirsindalleopel.be/

    Répondre à ce message

  • plusieurs • 05/04/2010 - 13:12

    Je m’ étonne qu’ un "aérotrain sur rail magnétique" circulant dans un tunnel pour relier les villes régionales entre elles soit moins couteux à construire qu’ un aérotrain dont l’ économie, qui était l’ une de ses qualités premières, était justement obtenu grâce à une circulation aérienne (un rail soutenu par des poteaux en béton) simple et grossière.

    (si un train à lévitation magnétique c’ est un aérotrain sur rail magnétique alors, un aérotrain c’ est un maglev sur rail d ’air)

    Répondre à ce message

  • sousou • 04/04/2010 - 21:31

    (Cependant, son succès dépendra largement de la volonté des autorités belges de faire fi des traités européens actuels interdisant toute intervention d’Etat de ce type.)
    C’est grave ça docteur ! On est donc plus charbonnier et maître chez soi.
    Tant pis pour les autistes politiques.

    Répondre à ce message

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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