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Parti Socialiste : rompre avec Wall Street ou sombrer

La rédaction

Lire aussi le compte-rendu de notre intervention à La Rochelle


Par Christine Bierre

Le calme apparent rétabli par Martine Aubry à La Rochelle ne doit pas tromper. En décrétant la rénovation du Parti, la Première Secrétaire a déminé deux des principaux dossiers en interne, celui des primaires et du non-cumul des mandats ; elle a aussi mis la barre un peu plus à gauche au niveau des problèmes économiques et sociaux, ce qui a calmé, pour l’instant, les militants.

Mais face aux turbulences à venir de la deuxième phase de la crise financière qui frappera fin septembre et vis-à-vis de laquelle Martine Aubry n’a rien proposé, ces victoires apparaîtront bientôt comme dérisoires.

Au fond, c’est toujours la survie du Parti socialiste qui est en jeu, face à des adversaires redoutables comme Nicolas Sarkozy, Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou, bien déterminés à enfourcher le cheval de la crise pour provoquer l’implosion du Parti socialiste et en sortir gagnants. Tels des vautours, ils volent déjà autour de leur possible proie.
Et comme François Mitterrand avait joué jadis la carte Le Pen contre une droite qu’il a maintenue divisée durant son mandat, aujourd’hui Sarkozy joue à fond l’écologie pour plaquer à terre ses adversaires socialistes. D’abord ce fut la victoire d’Europe/Ecologie de Cohn Bendit et des Verts, à laquelle son ami Yann Arthus Bertrand a contribué avec son film Home. Depuis, ce sont les divisions du camp socialiste sur la taxe carbone qui ont permis à Sarkozy de mettre de l’avant Cécile Duflot.

Quelle refondation du PS par temps de tempête ?

Face à ce défi existentiel, deux voix s’ouvrent au Parti socialiste.

D’abord faire ce que ce parti, plus mitterrandien que socialiste, n’a jamais fait : s’inspirer de Jean Jaurès, pour fonder un parti vecteur de réelles lumières envers le peuple. Ceci veut dire non pas un matérialisme de plus – le néo-libéralisme nous a déjà assommés ! – mais un immense idéal de créativité humaine s’appuyant sur un véritable progrès culturel, scientifique et technique pour tous.

Cet idéal s’inscrit d’ailleurs dans les meilleures traditions de notre République qui, depuis Charlemagne jusqu’au programme du Conseil national de la Résistance, tracent les pistes d’une éducation de qualité pour tous, une amélioration constante de la nature sauvage au profit des hommes grâce aux sciences et à la technique, un travail productif, et une assurance santé et vieillesse pour tous.

L’autre voie consisterait à écouter les sirènes d’Europe Ecologie et du Modem et accepter une implosion de la gauche en faveur d’une alliance prétendument au centre, mais dominée en réalité par deux partis réactionnaires : une écologie néo-libérale qui rejette l’idée même de progrès (voir notre article ci-dessous), et un parti « centriste », aux abois, dont la préoccupation essentielle est de faire payer à tout le monde une dette dont responsables sont les politiques spéculatives de l’oligarchie financière !

Le Parti socialiste, celui non pas uniquement des éléphants, car au-delà de ces lourds pachydermes, il y a surtout des milliers d’élus qui consacrent leur vie au bien public dans toutes les régions, saura-t-il répondre à ce défi ?

Pour l’heure, ses dirigeants, tous issus de la maternelle de François Mitterrand, semblent emprisonnés dans le bocal de cet héritage politique, incapables de chercher une inspiration ailleurs que dans les recettes de ce Prince, souvent plus proche de celui de Machiavel que du Prince humaniste d’Erasme ! Ainsi préfère-t-on les petites phrases assassines et les rapports de force, qui masquent bien l’absence de remise en cause de l’ordre établi, aux grands desseins qui à long terme doivent éclairer le chemin de la vie des peuples.

C’est ainsi qu’à La Rochelle, devant la crise financière la plus grave de l’histoire du monde, plutôt que d’élaborer les fondements d’un nouveau système économique, Martine Aubry, qui semble à ce stade larguée par ces questions, a choisi plutôt quelques mesurettes radicales dans l’arsenal du mitterrandisme.

Elle a d’abord gauchi son discours, façon Pierre Mauroy au début des années 80, avec quelques mesures redistributives de pouvoir d’achat telles que le remboursement de 200 euros de TVA pour les 16 millions de Français non imposables, qui n’ont pas bénéficié du remboursement des deuxièmes et troisièmes tiers de l’impôt sur le revenu, ou le maintien des allocations familiales pour les plus de 20 ans, le temps que dure la crise.

Par un certain radicalisme institutionnel ensuite, telle l’entrée de l’Etat dans les conseils d’administration des banques refinancées par la puissance publique. A défaut d’une mise en redressement judiciaire des banques en faillite, seule solution à la crise, Martine Aubry a proposé une procédure semblable mais à l’échelle d’une entreprise en bon état qui, sous prétexte de la crise, licencierait ou fermerait ses portes. Un administrateur judiciaire pourrait être nommé, sur saisine des salariés, pour gérer l’entreprise le temps de faire cesser les pratiques contraires aux intérêts de l’entreprise et de ses salariés.

Un radicalisme écologique, enfin, qui permet d’attirer une jeunesse en quête d’idéal tout en masquant l’absence de combat contre l’oligarchie financière nationale et internationale. Car les propositions pour 150 000 emplois verts et une relance de la production industrielle via des projets dans les renouvelables, les transports propres et autres investissements fétiches du développement durable, sont tout à fait compatibles avec les politiques de l’oligarchie en France et à l’international.

Autre vieille recette remise en honneur, du jospinisme cette fois-ci, la gauche plurielle. La Rochelle a fait le grand écart entre les verts les plus radicaux et le pro-nucléaire Jean-Pierre Chevènement, en passant par le Parti communiste.

Rompre avec l’oligarchie financière ou alliance avec Barney Franck

Le dilemme au PS reste toujours le même mais le choix n’est pas, comme il le croit, entre gouverner ou être en dehors. Le choix est celui d’être une force d’opposition à l’oligarchie financière au moment où le monde peut chavirer une fois de plus dans le pire, ou de se contenter d’être un parti de gouvernement, au sein d’un système dominé par cette même oligarchie.

Pour l’heure, Martine Aubry, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, qui dominent la majorité actuelle, ne semblent pas du tout enclins à se battre pour la nécessaire création d’un nouveau système économique et monétaire international devant sortir des cendres de l’actuel, en faillite. A La Rochelle, seul François Hollande qui avait appelé l’année dernière en faveur d’un nouveau Bretton woods, et ses proches, comme Michel Sapin, ont abordé ces problématiques.

Si Martine Aubry s’est aventurée sur le terrain de la réforme internationale du système, c’est pour faire alliance avec ceux qui, dans la social-démocratie, font tout pour sauver le capitalisme financier, après l’application de quelques rustines régulationnistes. C’est ainsi qu’elle a demandé à « Poul Rasmussen, le président du Parti socialiste européen (PSE), de lancer une grande campagne des socialistes européens pour imposer une régulation financière. Il a déjà pris contact avec les démocrates américains qui veulent aussi se joindre à ce mouvement ». Marianne ajoute que cette dernière phrase de Martine Aubry a « provoqué des gloussements ». Sans doute est-ce parce que, comme l’a déclaré Philippe Cordery, du PSE, qui depuis un an associe des démocrates américains et japonais à leurs travaux, leur contact auprès d’Obama « est Barney Franck, le président de la Commission économique de la Chambre des représentants ». Or Barney Franck, et la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, avec qui il coordonne ses politiques, sont les deux personnages qui ont organisé le soutien de la machine démocrate au plus immense renflouement de Wall Street jamais connu dans l’histoire : 23 000 milliards de dollars selon les statistiques officielles du TARP !

On le voit clairement, entre la trompe et la queue, un pachyderme peut parfois perdre tout sens de l’orientation ! Il prétend se battre en France contre Sarkozy, tout en soutenant la politique encore pire d’Obama et de ses conseillers, Larry Summers, Tim Geithner et Peter Orszag, tous issus du sérail de Wall Street ! Laurent Fabius semble avoir perdu, lui aussi, le sens de sa gauche et de sa droite, en déclarant après La Rochelle que les socialistes demanderont à Dominique Strauss-Kahn, qui fut de toutes les bulles financières, d’être présent aux primaires du Parti. Et d’ajouter qu’à la tête du FMI, il aurait fait la même politique que lui !

Rompre avec les vieilles habitudes ou mourir, affronter le réel ou disparaître, voici le choix pour les socialistes. Pour Jacques Cheminade qui appelle ses amis socialistes à changer, cette période de tous les dangers est aussi, cependant, celle de toutes les chances !


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Voir les 2 commentaires

  • petite souris • 10/09/2009 - 15:31

    Excellent article

    Le Parti Socialiste est en soi une bonne chose.
    Aujourd’hui il n’y a plus d’idées, tout simplement parceque les dirigeants socialistes n’envisagent que leur carrière, jamais les idées et encore moins le service de leur pays, la France, comme essentiel.
    L’ambiance générale est à l’égoïsme, et à l’intérieur du parti personne n’y échappe.

    Répondre à ce message

  • zimir lumpenprolo • 09/09/2009 - 22:02

    La question est de savoir pourquoi ? Le PS a renoncé à être un grand parti d’opposition et là il faudrait faire appel à La Rochefoucauld et se poser la question matérialiste dialectique s’il en est "POURQUOI" à qui profite cette zombification du PS au moment ou il faudrait qu’il soit le plus présent ?
    A cela ce pense que la question ne se situe plus dans l’exagone mais dans la politique étrangère...

    Répondre à ce message

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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