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Phil Angelides : l’abrogation de Glass-Steagall a fait naître une finance de l’ombre

La rédaction
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8 février 2011 (Nouvelle Solidarité) – Lors d’un entretien, le démocrate Phil Angelides, qui préside la Commission américaine d’enquête sur la crise financière (FCIC), a indiqué le danger que représente ce que la Commission a désigné dans son rapport comme la « finance de l’ombre » (shadow banking system).

A l’origine de cette dérive, affirme Angelides, il y a l’abrogation, du Glass-Steagall Act, une loi adoptée en 1933 par le président Franklin Roosevelt, établissant une séparation rigoureuse entre les activités des banques d’affaires (trading, titrisations, etc.) et celles des banques de dépôt (crédit). Sa disparition en 1999 joua un rôle important et permit à la « finance de l’ombre », dont l’ampleur se chiffre à 13000 milliards de dollars, de dépasser le volume des capitaux traités par le système bancaire régulé, estimé à 11000 milliards de dollars en 2008.

Interrogé pendant le Brian Lehrer show sur la chaîne WNYC, Angelides souligna qu’après le krach de 1929, la loi Glass-Steagall a banni le courtage de certains titres. Force est de constater, a-t-il poursuivi, que la finance de l’ombre a repris du poil de la bête et que, puisque les murs sont tombés, les banques s’engouffrent sur les marchés non-régulés.

Angelides incita les auditeurs à télécharger le rapport de la FCIC et en expliqua l’importance. Il raconta qu’il a travaillé toute sa vie dans l’industrie financière et qu’il fut « choqué » et « épaté » de tout ce qu’il a appris lors de ses enquêtes : « A quel point notre système s’est transformé d’un système orienté à soutenir l’économie réelle, les entreprises, l’emploi, en bref la vraie richesse de ce pays – à un système centré sur faire de l’argent avec de l’argent, au détriment énorme du pays (…) Tout cela est expliqué ici, c’est une histoire qui survivra le test du temps ».

Dans un autre entretien, avec CNBC, Angelides souligne que « ce qui frappe, c’est que tellement peu de choses aient changé » depuis la crise de 2008 et que « bon nombre des facteurs de risque sont toujours là ». Quand on lui demanda si la crise pouvait se reproduire il répondit que l’argument de « l’orage parfait » (argument avancé par Bernanke, et mis en pièce dans le premier chapitre du rapport Angelides, prétendant que la crise bancaire était l’équivalent d’un orage soudain parfaitement imprévisible), est un « argument très dangereux ».

« Si nous acceptons le refrain que "personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer" et que "rien n’aurait pu y faire" », alors, c’est obligé, « cela se produira » de nouveau.

Angelides estime également que le fait que le rapport soit rapidement devenu un best-seller, démontre que le peuple américain est assoiffé de savoir comment tout cela est arrivé et comment empêcher que de telles crises se reproduisent.

Le 16 février, Angelides sera auditionné par la Commission des finances de la Chambre des représentants et il le sera également par celle du Sénat bien que pour l’instant aucune date ne semble prévue à cet effet.


Pour creuser :


Voir les 2 commentaires

  • cit_lam • 11/02/2011 - 20:26

    N’est-ce pas la création même de la réserve fédérale qui a enclenché la domination des banques américaines sur le monde ?

    Ne faudrait-il pas remonter un peu plus loin dans le temps pour bien saisir l’étendue du problème du dollar ?

    Répondre à ce message

  • petite souris • 08/02/2011 - 23:26

    Très clair et très limpide ce que dit Angelides :

    A quel point notre système s’est transformé d’un système orienté à soutenir l’économie réelle, les entreprises, l’emploi, en bref la vraie richesse de ce pays – à un système centré sur faire de l’argent avec de l’argent, au détriment énorme du pays

    Si nous acceptons le refrain que "personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer" et que "rien n’aurait pu y faire" », alors, c’est obligé, « cela se produira » de nouveau.

    Personne, en fait, personne de ceux qui se retrouvent entre eux à Davos, ne pourra dire : "on ne savait pas"...
    "Ils" savent, ils connaissent les solutions MAIS ils n’en veulent pas. Ce qu’ils veulent c’est rester entre eux. Point. Un point c’est tout !

    Répondre à ce message

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