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Plan Paulson : le Congrès devrait se souvenir du plan Roosevelt

La rédaction

25 septembre 2008 (Nouvelle Solidarité) – « Si on ne renfloue pas les banques, elle feront faillite et entraînerons l’économie et les gens avec elles », disent les défenseurs du plan Paulson. Sophisme et faux débat ! Les actifs sur lesquels les spéculateurs (ou « investisseurs » !) ont joué sont des produits financiers purement fictifs dont l’existence même, on le voit aujourd’hui, nuit à toute notion d’intérêt général. Dans son édition du 23 septembre, le New York Daily News, quotidien américain tirant à 700 000 exemplaires, rappelle aux législateurs comment le président Franklin Roosevelt avait organisé en 1933 le redressement judiciaire des spéculateurs, lors du fameux « Bank Holiday ».

« Les législateurs devraient se souvenir de ce que Franklin Delano Roosevelt et la majorité démocrate ont fait pendant la Grande Dépression. Durant les trois semaines précédent l’entrée en fonction de FDR, des centaines de banques ont fait faillite.

« Mais Roosevelt ne s’est pas couché face à Wall Street.

« Il n’allait pas se laisser entraîner dans une solution forcée. Lors de son deuxième jour à la Maison Blanche, il a fermé toutes les banques pour que le gouvernement puisse avoir le temps de vérifier leur situation financière.

« Il a convoqué le Congrès en session d’urgence et s’est assuré que soit passées une dizaine de nouvelles lois régulant les banques, assurant des subventions fédérales aux agriculteurs, et des aides d’urgence aux collectivités locales et aux propriétaires de logement menacés d’expulsion.

« La réponse de Roosevelt a changé l’Amérique pour le meilleur. Quoi que fasse le Congrès dans les jours à venir, il ne doit pas récompenser ceux qui ont eux-mêmes créé cette pagaille. »

Fustigeant Paulson, « qui a besoin de 700 milliards pour ses potes de Wall Street », l’auteur de l’article, Juan Gonzales, rappelle que Paulson, avant d’être nommé secrétaire au Trésor en 2006, était PDG d’un des plus gros spéculateurs, la banque d’affaire Goldman Sachs, ce qui lui a rapporté 38 millions de dollars rien que pour 2005. Gonzales souligne également le caractère totalitaire de ce renflouement, puisque les décisions de Paulson « ne seront revues par aucun tribunal ou agence gouvernementale (…) en d’autre terme, Paulson deviendrait le tsar du plus grand sauvetage gouvernemental jamais entrepris », allant ainsi dans le sens de quelques observateurs et de Lyndon LaRouche, qui lui n’a pas hésité a appeler un chat un chat en qualifiant le plan Paulson de « carrément fasciste ».

Juan Gonzales retranscrit très bien le sentiment populaire face à cette escroquerie en citant Sarah Ludwig, directrice du Neighborhood Economic Development Advocacy Project, un groupe qui aide depuis des années les propriétaires de logement en détresse et qui est aujourd’hui débordé. « Il n’y a rien dans ce plan pour aider les propriétaire de logement menacés d’expulsion (…) C’est outrageant. Les gens demandent depuis longtemps une intervention gouvernementale, mais ce n’est pas ce qu’ils attendent ».

Il s’agit donc de mettre les acteurs du système financier, pas seulement les américains, en redressement judiciaire afin de trier le bon grain de l’ivraie, et ainsi sauver les fonctions vitales de l’économie pour lesquelles les banques à nouveau régulées sont un instrument vital.

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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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