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Présidence de l’UE et Barroso II : retour des Etats ou tango avec la mort ?

La rédaction

30 novembre 2009 (Nouvelle Solidarité) — Si vous, lecteur, êtes attaché à la souveraineté nationale comme nous le sommes, vous avez sans doute été écœuré de voir apparaître sur vos écrans ces deux figures inconnues et ternes, affublées des titres de président et de ministre des Affaires étrangères de l’Europe, deux figures que personne en Europe n’a ou n’aurait élues à ces postes.

Voici deux illustres inconnus propulsés dans ces positions : Herman van Rompuy, un europhile farouche qui s’est surtout illustré par sa capacité d’enrayer les tendances centrifuges menaçant la Belgique d’éclatement (tout à son honneur d’ailleurs), un Premier ministre certes, mais dont le poids sur la scène mondiale est modeste. Puis, la baronne Catherine Ashton, ancienne communiste dont le passé gênera toute son action et qui sera sans doute appréciée pour sa capacité à inaugurer les chrysanthèmes. On se demande aussi pourquoi un tel cadeau à la Grande-Bretagne, qui n’a qu’une participation à la carte dans cette Europe, véritable usine à gaz, qu’elle contrôle pourtant grâce à la position financière dominante de la City de Londres.

Attachés comme nous le sommes à la souveraineté nationale, ne comptez pas non plus sur nous pour pleurer sur le manque d’envergure de ces personnages, dont Le Canard enchaîné de cette semaine rapportait qu’à l’Elysée, on se plait à souligner qu’ils seront justement sous la botte de la France et de l’Allemagne. Bien pire aurait été une présidence forte de Tony Blair, tandis qu’avec celle-ci, nous gagnons encore un peu de temps pour enrayer cette machine infernale de l’Europe supranationale.

Pourtant, en apprenant récemment que la France et l’Allemagne auraient manœuvré en coulisses pour garder leurs positions de force en Europe, en tant que nations, grâce à la présence de personnalités faibles à la tête des institutions et à un contrôle accru sur une Commission Barroso II rénovée et beaucoup plus au goût des premiers fondateurs de l’Europe, les bras nous en tombent !

Pourquoi tout ce cirque ? Pourquoi ne pas saisir cette crise extrême dans le monde pour refonder, avec les six fondateurs initiaux, l’Europe des nations de De Gaulle et Adenauer, orientée vers les grands problèmes du moment ? A l’agenda aujourd’hui, la nécessaire réorganisation financière de l’Europe, y compris des nouveaux entrants, ainsi que la modernisation rapide des capacités industrielles non seulement des pays de l’Atlantique à l’Oural, comme l’avait voulu le général De Gaulle, mais jusqu’à la mer de Chine, comme le souhaite Lyndon LaRouche dans le cadre de son « Alliance des Quatre puissances ».

Car, au mieux, toutes ces manœuvres ne mèneront à rien, au pire, en laissant le Royaume-Uni au cœur de cette Europe, c’est dans un véritable tango avec la mort que les Européens continentaux s’engagent tous les jours, car la Grande-Bretagne ne s’en laissera pas compter.

Prenons le cas de la Commission Barroso II. La rumeur persistante veut que Barroso ne doive sa réélection qu’à la France et à l’Allemagne, qui, en retour, auraient obtenu une forte réduction de la proportion de néo-libéraux au sein de la Commission. Avec treize nouveaux visages, pour certains, la nouvelle Commission entame un virage régulateur. Le nombre de francophones a doublé et un centre-droit chasse une partie des ultra-libéraux. L’ancien ministre de l’Agriculture roumain, Dacian Ciolos, est un « régulationniste » qui a fait ses études à Rennes et Montpellier. Soutenu par Paris, il remplacera la libérale danoise à l’Agriculture. A La Tribune, il déclara récemment qu’on a « laissé faire les services financiers et on a eu une grave crise. On court le même risque avec l’agroalimentaire en disant que le marché va tout faire ». Autre point positif, le commissaire allemand à l’Energie, Günther Oettinger, vient accessoirement d’un des Länder les plus nucléaires et cultiverait une véritable passion pour l’industrie.

Avec la nomination de Pierre de Boissieu comme secrétaire général adjoint du Conseil de l’Union européenne et celle de Michel Barnier au Marché intérieur, Sarkozy espère pouvoir imposer des politiques plus régulationistes.

Cependant, Barroso, réélu grâce au couple franco-allemand et qui n’est pas le dernier des stratèges, ne l’entend pas tout à fait de cette oreille. Il compte, au contraire, utiliser la France, en l’occurrence Michel Barnier, pour réussir là où ses prédécesseurs libéraux, depuis Charlie McGreevy jusqu’à Frits Bolkestein, ont échoué : « Approfondir le marché intérieur dans toutes ses dimensions », c’est-à-dire imposer la dérégulation des services au sein de l’Union européenne. Et cette fois-ci, Paris ne pourra plus crier à l’intégrisme néolibéral.

D’après La Tribune du 28 novembre, cependant, l’Elysée aurait confié un tout autre mandat à Barnier : celui de « hâter la réforme des services financiers, tirer les conséquences de ce que Paris estime être la faillite d’un certain capitalisme financier et réhabiliter le modèle rhénan », où les banques étaient au service de l’industrie et des PME-PMI.

Le quotidien financier indique néanmoins que la City veille sur le château européen : « Peu enthousiaste à l’idée qu’un Français ait la main sur la régulation des banques, Londres lui garantit un marquage serré. A la Commission, réputée pour la puissance de ses mandarins, il sera flanqué d’un directeur général britannique, Jonathan Faul, qui lui-même chapeautera, sur les sujets financiers, son compatriote David Wright. Sans oublier qu’au Parlement européen, c’est une libérale britannique, Sharon Bowles, qui préside la commission des Affaires économiques et monétaires. » Pour l’heure, cependant, la Commission Barroso II n’est composée que de « commissaires désignés ». Reste à voir si le 26 janvier, elle sera confirmée par le Parlement européen.

Dans ce tango avec la mort, le risque est de perdre non seulement quelques oreilles, comme les chats de gouttière, mais surtout son âme ! Tant qu’on ne changera pas la partition musicale pour revenir à l’équivalent en politique des Mozart et des Beethoven, l’alliance des nations souveraines de l’Atlantique à l’Oural voulue par de Gaulle et Adenauer, tant qu’on n’éliminera pas le contrôle exercé sur l’Europe par la City de Londres et Wall Street, via la Banque centrale européenne indépendante et l’euro, tout le pouvoir manœuvrier développé par la France depuis le temps des Gaulois, ne nous permettra pas de voir le bout de nos peines.


Articles :
Jacques Cheminade : pour une Europe des patries et des projets

— Lettre de LaRouche à la France


Voir les 3 commentaires

  • petite souris • 01/12/2009 - 21:44

    Dans ce tango avec la mort, le risque est de perdre non seulement quelques oreilles, comme les chats de gouttière, mais surtout son âme !

    Oui, cela est certain.

    Nos dirigeants n’ayant pas d’âme, ils ne perdent rien.

    Comme d’habitude, c’est le peuple qui, ayant refusé par référendum le traité de Lisbonne, n’aurait jamais voté pour ces inconnus.

    Comme d’habitude, c’est le peuple qui, ignorant toutes ces manoeuvres de basse politique et d’intérêts personnels va se "faire avoir" et devra payer.

    Il est plus que temps de parler, de convaincre, de se mobiliser, de proposer et d’agir.

    • Senec • 02/12/2009 - 10:55

      Qui était plus connu ? Blair ? Quelqu’un qui se prend pour une star ! Trop connu pour être honnête !
      Herman Van Rompuy est un homme intègre comme il y en a encore très peu ! On ne pouvait pas choisir un homme plus intègre et plus en possession de ses moyens !
      Je pense même qu’il ne déplairait pas à Mr LaRouche !
      Quant à la Baronne, là, c’est autre chose !

    Répondre à ce message

  • thejoker • 01/12/2009 - 14:05

    sarkosy fait des annonces qui n’engagent que ceux qui y croient...
    constitutionnellement, au dela des personnes, l’europe n’a pas de pouvoir sur l’economie ou la finance, les lobbies, eux, ont pouvoir sur les règlements ( au point de les ecrire in extenso..)(emission ce soir ou jamais la semaine derniere)
    que pensez de ces nominations ?
    rien car elles s’inscrivent dans l’usurpation démocratique engagée avec le processus de ratification...
    bien sur on peut toujours voir le verre à moitié plein bien qu’en l’occurence il n’est qu’au centième plein et encore...
    alors ?
    et bien la perpétuation des etats policiers (le seul pouvoir qu’il leur reste) et de la propagande médiatique qui s’occupe bien plus ces temps de la mort digne ! que d’une vie digne....

    Répondre à ce message

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« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

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La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
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Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

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S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

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Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

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