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Quand la neuro-économie vous prend la tête

La rédaction

11 mai 2009 (Nouvelle Solidarité)—Rien de plus effrayant que le développement spectaculaire, depuis une dizaine d’années, de la neuro-économie, c’est-à-dire l’application de techniques de la connaissance du cerveau à l’économie et à la finance. Solidarité & Progrès s’est attaqué ces dernières semaines aux économistes du comportement, payés pour fouiner dans nos moindres pulsions inconscientes afin de nous inciter à avoir tel ou tel comportement de consommateur. Mais la neuro-économie va plus loin encore : elle se donne désormais les moyens d’observer nos préférences en direct, à l’intérieur de nos cerveaux, grâce aux progrès des techniques de scanner et d’imagerie cérébrale.

Bien que l’ensemble de ces pratiques suscite de fortes craintes et qu’un certain encadrement soit en débat autour de la révision de la Loi de bioéthique qui aura lieu cette année, le Conseil d’analyse stratégique (organisme qui dépend du Premier ministre, François Fillon) a tout de même organisé un séminaire, le 14 avril dernier, pour examiner l’utilité de ces pratiques par rapport à l’actuelle crise financière !

En guise de présentation à ce séminaire intitulé « Crise financière, les éclairages de la neuro-économie et de la finance comportementale », l’invitation annonce sans ambiguïté que « face à l’ampleur de la crise financière et aux limites des modèles et des méthodes classiques de gestion du risque qu’elle a révélées, les sciences comportementales pourraient apporter un éclairage nouveau sur la gestion du risque, de l’incertitude et de l’ambiguïté ».

Quatre experts en sciences économiques, neuro-physiologiques et finance comportementale étaient invités pour faire le lien entre ces théories et la réalité des marchés : Alain Berthoz (Académie des sciences, neurophysiologiste, professeur au Collège de France), Christian Schmidt (économiste, professeur à l’université Paris-Dauphine), Thami Kabbaj (expert en finance comportementale, ancien trader, professeur à l’université Paris) et Olivier Oullier (conseiller scientifique au Centre d’analyse stratégique).
Le séminaire ayant eu lieu à huis clos, nous ne pouvons que nous reporter aux travaux de certains orateurs pour deviner de quoi il a été question. Un article publié par Christian Schmidt dans Les Echos du 19 septembre 2007, sur « Les fondements neuronaux de la crise financière », confirme nos craintes.

La science économique sait comment la crise des subprimes a été déclenchée et pourquoi, dit-il, mais on ne sait pas quelles seront toutes les conséquences, ni combien de temps elle durera, car on ne connaît pas d’avance « le comportement des opérateurs » économiques. Les « finances comportementales » constituent pour Schmidt un progrès vers l’exploration du domaine psychologique de ces « opérateurs ». Mais pour violer l’intimité de nos cerveaux, il faut faire fort. Schmidt évoque « plusieurs travaux récents, associant une exploration du cerveau par des techniques de l’imagerie cérébrale à des expériences des choix financiers simulés en laboratoire ».

Ces travaux ont porté notamment sur la différence « entre le risque et l’ambiguïté (…) puisque l’activité du cerveau n’est pas identique dans les deux cas. Les agents financiers manifestent, dit-il, dans l’ensemble, une aversion à l’ambiguïté plus forte que leur aversion au risque ». « Les chances de gains et les risques de pertes activent des circuits neuronaux distincts (...) Plus intéressant encore pour le déroulement de la crise financière actuelle, les chercheurs se penchent aujourd’hui sur les conditions de basculement de la domination de l’un de ces deux circuits sur l’autre. On sait ainsi que l’activation brutale du circuit associé aux gains espérés transforme un comportement adverse au risque en un comportement preneur de risque, d’autant plus marqué que l’aversion initiale pouvait être forte. »

Une vidéo de Canal Jimmy proposée sur le blog d’Olivier Oullier, autre orateur à la conférence, mais conscient de la nécessité de réguler ces pratiques, est aussi édifiante. Elle porte sur l’utilisation des neurosciences dans la publicité commerciale et politique. On y apprend que pour accroître le rendement des annonces publicitaires en France, où l’on dépense la bagatelle de 27 milliards d’euros alors que seulement 40% des messages atteignent leur cible, on fait aussi appel aux imageries cérébrales. « Plutôt que de vous poser des questions sur si vous aimez ou pas un produit, on peut vous mettre dans un scanner et voir ce qui se passe dans votre cerveau, puis il y a des types de tests qui permettent de mesurer l’impact inconscient que peut avoir un produit ou une publicité sur vous et donc sur la consommation », rapporte un consultant, Petre.

Emmanuelle, un cobaye, est ainsi introduite dans une machine à résonance magnétique (IRM), où elle doit choisir entre deux images de vêtements qui lui sont présentées simultanément, dont certains ont des marques et d’autres pas. Au moment de ses choix, le scanner repère des « zones colorées en orange qui ont été utilisées lorsqu’elle voyait la marque ; le vêtement provoque quelque chose mais la marque ajoute quelque chose ». « Ça active des zones de plaisir ou de la mémoire. La marque apporte du plaisir ou peut faire des liens avec la mémoire sans que vous vous en rendiez compte. Vous consommez une marque, mais ce que vous consommez c’est le souvenir que vous en avez et non pas le vrai potentiel du produit ».

Pour 2 millions d’euros vous pouvez vous payer tout l’équipement, et il suffit d’ajouter ensuite 20000 euros en frais d’imagerie et une vingtaine de cobayes !

Et pendant que certains veulent vous gaver des produits qui vous font plaisir, d’autres se chargent de vous vendre le candidat présidentiel de leur choix, à votre insu. Le film révèle qu’en 2004, les campagnes de Bush et de Kerry ont toutes deux fait appel à des études portant sur l’impact du 11 septembre sur les républicains et les démocrates. Selon un consultant, « on projetait les spots des deux candidats à des consommateurs et on vérifiait ce que ça activait comme zone dans leur cerveau ».

Idem en 2008, où on a voulu cerner l’impact des deux candidats sur les réactions émotionnelles des gens afin de prédire comment les électeurs indécis allaient voter. Selon ce film, les cerveaux des Américains ont été étudiés de près, pour savoir si c’était une femme ou un homme qui avait le plus de chances de l’emporter.

Bref, après avoir laissé les folies de la finance corrompre la société, on fait désormais appel aux fous pour prendre le contrôle de l’asile. C’est digne du docteur Goudron et du professeur Plume !


Pour creuser le sujet : Obama et vous : le péril behavioriste


Voir les 3 commentaires

  • Senec • 13/05/2009 - 18:58

    Personnellement, je me pose des questions quant à la "santé mentale" des traders.
    Quand on sait que l’addiction aux jeux d’argent est une des principales plaies et l’une des principales raisons qui ruinent une vie familiale, je me pose des questions.
    Il est, maintenant, évident que certains traders ou certains "financiers" ont été au-delà du raisonnable et bien au-delà. Alors ?
    Alors, le PDG responsable s’en va avec un gros pactole alors qu’il laisse la caisse vide !
    À nous de la remplir à nouveau !
    Est-ce cela le progrès ?
    Est-ce cela la justice ?
    Est-ce cela ce que les brillants cerveaux nous proposent ?
    Je pense plutôt qu’il s’agit d’une nouvelle forme d’esclavage.
    Évident, non ?

    Répondre à ce message

  • pachoz • 12/05/2009 - 15:49

    Que de moyens pour les sciences de l’aliénation mentale ! Mais ne boudons pas notre plaisir, car le bilan est risible : un empirisme moyen-âgeux, où l’on décrit seulement des situations et réactions. On n’explique rien, on ne cherche qu’à produire ou à inhiber des comportements. Qui a dit totalitarisme ?

    L’efficacité, elle, est ’ambigüe’ (ces sciences ont-elles annoncer la crise ?), et le but visé ’risqué’ (ces deux caractères ambivalents du moi humain, repérés par toute culture un tant soi peu introspectives, depuis déjà des millénaires !)

    Où chercher la clé du succès ’institutionnel’ et ’médiatique’ de cette triste farce, dernier avatar du sophisme grec, ou son équivalent romain de la réthorique ? Serait-ce parce qu’optimiser la réponse d’une population à un type de produit, message ou mot d’ordre, indépendamment de leur valeur bénéfique réelle et démontrable pour le bien public (sinon même de valeur contraire), reflète - en le répandant - le déni pathologique de certaines élites et institutions à l’égard d’une hypothétique conscience humaine, non-utilitaire et pourtant utile ? (...tout en justifiant la réduction des moyens de développement d’une vie mentale propre, indocile car indécodable, et critique parce que créatrice ?)

    Mieux vaut renvoyer le sceptique à l’économie physique, critère, sinon la science même, d’une bonne et belle santé mentale !

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  • nenjetezplus • 11/05/2009 - 18:46

    Quand la débilité nous envahi...

    Répondre à ce message

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

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Jacques Cheminade
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