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Renflouement des banques et « intégration européenne » : Merkel coincée par la Constitution allemande

La rédaction

21 juin 2012 (Nouvelle Solidarité) – Le 19 juin, à dix jours du vote au Parlement allemand sur la ratification du traité instituant le Mécanisme européen de stabilité (MES) prévu pour le 29 juin, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a rendu son jugement très attendu. La plus haute autorité juridique allemande affirme que le Parlement devra, à l’avenir, être informé « le plus tôt possible » de toutes négociations internationales telles que le traité sur le MES, et devra pouvoir y participer avant que le gouvernement ne signe.

Même si ce jugement ne s’applique pas explicitement à la ratification du traité instituant le MES en tant que telle, il implique néanmoins que le gouvernement d’Angela Merkel a violé la loi constitutionnelle allemande en décidant de s’engager dans le MES en février 2011, sans la participation du Parlement allemand.

Le Parti vert avait décidé de saisir le tribunal suite à la signature de ce traité, estimant que le gouvernement avait violé l’article 23 de la Constitution allemande régissant tout transfert d’autorité entre la République fédérale et l’Union européenne. Le gouvernement s’était défendu en arguant que le MES avait été décidé dans le cadre d’un traité international et que par conséquent l’article 23 ne s’appliquait pas, puisqu’il ne s’agissait pas d’une question traitant de l’intégration européenne.

La Cour de Karlsruhe a rétorqué que s’il est vrai que le traité a été négocié dans le cadre du droit international et non pas européen, il accorde néanmoins de nouveaux pouvoirs à la Cour de justice européenne et à l’UE pour gouverner la mise en œuvre de l’aide financière aux pays européens en difficulté, qui elle fait partie du programme d’intégration institué par les traités européens.

Le juge Andreas Vosskuhle qui préside le tribunal, a qualifié la décision d’« étape importante dans une série de décisions de la Cour visant à renforcer la responsabilité du parlement national dans le cadre de l’intégration européenne ».

Mais si ce jugement réaffirme le rôle du Parlement allemand face à des institutions européennes de plus en plus totalitaires, ses conséquences pour le vote du 29 juin ne sont pas encore claires, car tout dépendra du courage des membres du Bundestag, qui devront décider s’il doit s’appliquer à la ratification du MES ou non.

En principe, les membres du Bundestag peuvent en toute légitimité refuser de ratifier le traité, sur la base qu’il n’a aucun fondement légal, mais on s’attend à ce que les Verts et le SPD utilisent le jugement pour obtenir des concession du gouvernement Merkel sur les eurobonds, ou encore sur une taxe sur les transactions financières (TTF), en échange de leur accord pour ratifier le traité.

Le Président du groupe SPD au Bundestag Thomas Oppermann a ainsi salué la décision, disant qu’elle doit être « intégrée et s’appliquer au processus législatif en cours sur le MES et le Pacte fiscal ». Merkel a besoin du soutien du SPD car plusieurs députés de son propre parti vont très certainement voter contre la ratification.

La chancelière se trouve de toute manière coincée par ce jugement pour les négociations en cours et à venir sur l’Espagne et la Grèce, car elle a demandé que toute mesure de renflouement supplémentaire des pays-membres de l’Europe ou de leurs banques (comme le projet d’union bancaire européenne) soit accompagnée d’une plus grande intégration européenne, de manière à saper le pouvoir des parlements nationaux et instaurer des mesures d’austérité sans avoir besoin de leur consentement.

Il va de soi qu’il ne s’agit pas d’une question allemande uniquement. Il revient également aux autres pays européens de décider si la démocratie représentative a encore un sens en Europe, ou bien si le renflouement inconditionnel des banques d’affaires doit être poursuivi à tout prix, et plus particulièrement au détriment des peuples.

Voir les 2 commentaires

  • CV • 22/06/2012 - 00:18

    Pourquoi devrions nous faire confiance aux "socialistes", puisque par leur abstention au vote sur le MES, entre autres, le texte a été voté ! Le fait de voter ce type de loi signifie en clair, passer outre les lois constitutionnelles, c’est évident ! Alors, lorsque l’on dit que Hollande a tous les pouvoirs sauf celui de changer les lois constitutionnelles, on se moque du monde( foutage total de gueule !), car en réalité les socialos, à part justement intervenir en "défaveur" du peuple français, ne ferons rien d’autre que de supprimer pas à pas, à la méthode fabian, voir selon les circonstances, à la "méthode"accélérée, les droits constitutionnels ! Dire que Merkel a violé la loi constitutionnelle allemande est vrai, mais cela s’apparente à une blague. Qui ne le fait pas en ce moment ? Obama ? Cameron ? etc...Aussi, le problème auquel nous devons faire face est de transpercer le mur terrible de la "crédulité" cynique, égoïste, ignorante, passive voir mourante ambiante pour (re)venir aux vrais principes d’évolution et de survie réussie de notre espèce ! Cela veut dire, en tout premier lieu, ré-adopter immédiatement la loi de séparation bancaire, le Glass-Steagall Act, à l’échelle Nationale et internationale ! Les systèmes "Volker", "Vikers" ne sont que de vulgaires moyens de repousser le moment fatidique de la faillite réelle du système, autant faire comme Mrs Larouche et Cheminade en créant avec les yeux du Futur notre action d’aujourd’hui !

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  • petite souris • 21/06/2012 - 22:11

    Angela Merkel a violé la loi constitutionnelle allemande
    Rien que cela !
    Elle n’a que faire de la démocratie, comme les autres chefs d’état puisque le renflouement inconditionnel des banques d’affaires doit être poursuivi à tout prix, et plus particulièrement au détriment des peuples.

    Le taux d’abstention lors de législatives ainsi que celui des votes blancs ou nuls est significatif du fait que nos compatriotes n’ont plus confiance dans leurzélites plus précisément dans ce qu’ils disent ou font !!!!!!!!!!!!

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C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

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Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

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S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

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