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Turquie : une crise financière aiguë

La rédaction

A peine le FMI et les gouvernements du G-7 ont-ils approuvé une nouvelle ligne de crédit de 20 milliards de dollars pour l’Argentine, que la Turquie s’est trouvée plongée dans la pire crise bancaire et monétaire de son histoire. Le 1er décembre, le taux d’intérêt sur les prêts à 24 heures a atteint brièvement le niveau de 1700 %, alors qu’on s’empressait d’acheter des dollars.

La Banque centrale a dû injecter dans le système bancaire des milliards de dollars pour tenter de ralentir la liquidation de la lire turque. Il semble que la Banque centrale ait ainsi dépensé, ces deux dernières semaines, au moins six milliards de dollars de ses réserves en dollars qui ne se montent qu’à 21 milliards.

Le 21 novembre, une crise de tout le système bancaire a été déclenchée suite à la publication d’un rapport de l’Agence de régulation et de supervision bancaires (BRSA) sur la solvabilité des quatre-vingts banques privées de la Turquie, et plus spécialement de onze banques, mises de fait en état de règlement judiciaire mais qui continuent de fonctionner. Le rapport estime qu’il faudrait quelque huit milliards de dollars pour rendre à nouveau solvables dix banques qui, prises ensemble, avaient accusé en 1999 des pertes de 1,8 milliards de dollars, somme couverte par l’argent des contribuables. A peine ce rapport a-t-il été rendu public, que toutes les lignes de crédit interbancaires pour les dix banques mentionnées dans celui-ci ont été coupées, provoquant une panique généralisée de la part des déposants, qui ne s’est toujours pas calmée. Ceci a provoqué à son tour, le 22 novembre (baptisé le « mercredi noir »), la chute de la Bourse d’Istanbul et l’effondrement des obligations d’Etat libellées en lires.

L’économie turque a été durement frappée par la hausse du dollar américain puisque, pour convaincre les investisseurs étrangers de la stabilité du marché turc, le gouvernement avait lié la valeur de la lire à celle du dollar interdisant, par la loi, toute fluctuation de plus de 1 % par mois.

Mais le plus gros du commerce turc se fait avec l’Union européenne, non avec les Etats-Unis ! De plus, les versements provenant de travailleurs émigrés et les recettes du tourisme ont baissé. Suite à la dévaluation de l’euro de 28 % par rapport au dollar depuis janvier 1999, la balance des paiements turque est mise à rude épreuve.

  • Les recettes à l’exportation avec l’UE ont chuté (21 % des exportations turques sont à destination de l’Allemagne).
  • Les importations venant de l’UE ont augmenté de 25 % en raison de la baisse des prix, tandis que les exportations turques en Europe sont devenues plus chères.
  • La valeur de l’argent que les émigrés turcs travaillant en Europe envoient chez eux a fortement diminué.
  • Les touristes qui se rendent en Turquie sont en majorité des Européens, donc les recettes du tourisme ont baissé.

Pour couvrir son déficit commercial et de compte courant, la Turquie a dû avoir recours à des emprunts en eurodollars et à des capitaux étrangers à taux élevés. En 1998, la Turquie avait été frappée par l’impact de la cessation de paiements de l’Etat russe. De nombreux investisseurs étrangers se sont retirés de Turquie et les exportations turques à destination de la Russie ont chuté. Cette même année, le pays a été dévasté par deux terribles tremblements de terre qui ont provoqué des dégâts considérables.

En 1999, la croissance du PIB a diminué de 5 %, obligeant le gouvernement à demander en décembre un crédit d’urgence au FMI. Pour « stabiliser » l’économie, le FMI a exigé des coupes claires dans les dépenses publiques et une réduction du déficit public (qui a atteint le niveau astronomique de 14 % du PIB). En 1999, le versement d’intérêts aux détenteurs d’obligations -des banques privées turques pour la plupart - a englouti 42 % des dépenses du gouvernement central. En diminuant la quantité de nouvelle dette accordée par le gouvernement afin de réduire le déficit, le gouvernement a aussi privé les banques de leur principale source de profits sans risque. En effet, les profits sur les obligations en lires sont passés de 30 % en 1999 à 12 % en août dernier. Les dix banques citées dans le rapport du BRSA ont été les plus durement frappées par cette perte de profits.

Pour tenter de calmer la crise, le FMI et la Banque mondiale ont annoncé leur intention d’accorder plus tôt que prévu différents prêts. Le gouvernement aurait demandé au FMI un crédit d’urgence de cinq milliards de dollars pour remplacer les fonds qui ont fui le pays, mais pour atténuer la crise financière, il faudrait plutôt entre 40 et 50 milliards de dollars.

Le 2 décembre, des dizaines de milliers de fonctionnaires ont lancé une grève générale pour protester contre les conditions d’austérité exigées par le FMI en échange de nouveaux prêts. La dette extérieure de la Turquie dépasse les 104 milliards de dollars. Sur le plan politique, la Turquie, membre de l’OTAN, se situe dans une zone stratégique clé, à la lisière des Balkans, de la région Transcausie/mer Caspienne et du Proche-Orient.

Lyndon LaRouche a souligné que, contrairement à l’Argentine, la crise financière turque est d’autant plus sévère qu’elle n’était pas prévue par l’Establishment. Cette crise montre, selon lui, les effets de la dollarisation d’un pays. En effet, si le rapport de la BRSA a fait éclater la crise, elle a été causée par le taux de change excessif du dollar.

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Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

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La politique de en vidéo

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La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

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C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

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La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

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Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

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Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

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