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Visite historique de Vajpayee en Chine

La rédaction

La visite officielle de six jours (du 22 au 27 juin) effectuée par le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee en Chine, fut un événement stratégique majeur. Marquant d’une pierre blanche les relations bilatérales entre les deux nations les plus peuplées au monde, elle signale également le passage à un nouveau niveau de relations entre elles et d’autres pays asiatiques, ainsi que la Russie. Cette visite se déroulait dans un contexte stratégique et économique critique à l’échelle internationale - dont la Chine et l’Inde sont pleinement conscientes. Les guerres sans fin en Irak et en Afghanistan (les Américains veulent obtenir l’envoi de troupes indiennes en Irak), le déclin rapide du dollar et la crise économique internationale constituent en fait des « questions intérieures » pour les deux pays.

Le 23 juin, Vajpayee et son hôte, le Premier ministre chinois Wen Jiabao, ont signé une première « Déclaration de principes pour des relations et une coopération globales entre la République populaire de Chine et la République indienne ». Cette déclaration conjointe est centrée sur leur engagement à développer un partenariat à long terme et sur leur intérêt mutuel à la paix, la stabilité et la prospérité. Elle souligne aussi que leurs intérêts communs pèsent beaucoup plus lourds que leurs divergences. Wen a considéré la signature de cette déclaration comme étant un « exploit majeur », signalant que « les liens bilatéraux sino-indiens sont entrés dans une nouvelle phase ».

La visite de Vajpayee représente la troisième rencontre de haut niveau entre Indiens et Chinois en l’espace d’un mois. Le chef du gouvernement indien avait d’abord rencontré le président chinois Hu Jintao à Saint-Pétersbourg, ainsi qu’au sommet du G-8 à Evian. En Russie, les deux hommes ont parlé de développer le « siècle asiatique », proposé par Deng Xiaoping lors de la visite historique de Rajiv Gandhi, à l’époque Premier ministre indien, en Chine, en 1988. Ce « siècle asiatique » ne peut se faire qu’avec le développement de toutes les nations asiatiques. Parallèlement, les trois pays (Chine-Inde-Russie) ont insisté sur le rôle grandissant de ce « triangle stratégique » dans les affaires mondiales.

Enfin, les dirigeants chinois et indiens veulent coopérer pour le bénéfice de l’ensemble du secteur en développement. Le 20 juin, Vajpayee a déclaré que dans un monde qui change rapidement, « deux des pays les plus grands et les plus peuplés au monde, l’Inde et la Chine, devraient rester en contact étroit sur les questions générales concernant les pays en voie de développement. (...) Aujourd’hui, notre dialogue se porte non seulement sur les domaines dans lesquels nous pouvons améliorer la coopération bilatérale, mais aussi sur les questions internationales comme le terrorisme, la sécurité, l’environnement, le développement durable et les régimes économiques multilatéraux. »

Cette visite, annoncée d’une manière assez soudaine, avait été préparée depuis longtemps. Des délégations de haut niveau s’étaient rencontrées régulièrement pour discuter de la question sensible des frontières, et une fois ces négociations menées à bien, la visite pouvait avoir lieu. Pour ce qui est du commerce frontalier, on a ouvert l’ancienne « route de la soie » entre le Sikkim et le Tibet, ce qui est important non seulement pour le développement économique de la Chine du sud-ouest, du nord-est de l’Inde, et de la partie supérieure du sud-est asiatique, mais qui permet également de progresser vers la résolution des questions sensibles comme les statuts du Sikkim en Inde et du Tibet en Chine, dans un contexte économique généralement favorable.

En Chine, le ministre indien de la Défense, George Fernandes, a proposé aux Chinois des patrouilles maritimes communes dans la Baie du Bengale et, plus au sud, dans la mer d’Andaman. Dans une interview publiée dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung du 10 mai, Fernandes avait déclaré que la présence de la flotte américaine, équipée d’armes nucléaires, « vers le sud de l’Inde », était la raison principale du développement par l’Inde de sa capacité de dissuasion nucléaire - précédant toute considération sur les capacités pakistanaises, chinoises ou nord-coréennes. Après le retour de Vajpayee le 28 juin, les patrouilles maritimes communes ont été annoncées.

La Chine et l’Inde signent des accords économiques

Lors de sa visite en Chine, le Premier ministre indien Vajpayee était accompagné du ministre des Affaires étrangères Yashwant Sinha, du conseiller à la Sécurité nationale Brajesh Mishra, du ministre du Commerce Arun Jaitley et d’une centaine de chefs d’entreprise. Les relations économiques furent au centre des discussions entre les deux pays dont le commerce bilatéral a connu un essor important ces dernières années.

Au Forum sur la « Coopération et le développement économique Chine-Inde », le 24 juin à Pékin, Vajpayee s’est adressé à 400 chefs d’entreprise des deux pays et, deux jours plus tard, lors de sa visite de la très dynamique Shanghai, il a parlé devant 500 entrepreneurs. A Pékin, Vajpayee a confié que sa visite lui avait véritablement ouvert les yeux : « La Chine est aujourd’hui l’économie qui connaît la croissance la plus rapide du monde et vos réalisations pour la transformation économique de votre pays sont vraiment remarquables. » L’Inde a pris du retard, a-t-il admis, mais au cours des douze dernières années, elle a connu une croissance annuelle moyenne d’environ 6 %, tandis que ses échanges avec le reste du monde ont augmenté de plus de 8 % dans la dernière décennie.

Au forum de Pékin, il a déclaré : « Je dois mentionner le fait que la délégation commerciale indienne qui m’accompagne dans cette visite est parmi les plus importantes ayant voyagé avec moi lors de mes visites officielles à l’étranger. Ceci en dit long sur le potentiel que les cercles commerciaux et industriels indiens voient dans la coopération économique avec la Chine. (...) Il est très important de renforcer les liaisons de transport de passagers et de marchandises, ainsi que la structure de soutien bancaire et les mesures d’aide au commerce. » Vajpayee a ajouté que Wen Jiabao et lui s’étaient mis d’accord pour « former un groupe d’étude commun d’économistes et de responsables (...) pour passer en revue la coopération existante, identifier de nouveaux domaines prometteurs et esquisser une perspective globale de développement ultérieur d’une interaction à facettes multiples ». La Chine s’est déjà engagée à investir 500 millions d’euros dans le développement infrastructurel de l’Inde. Pékin est particulièrement enthousiaste pour accroître la coopération dans le domaine de la finance publique et souhaite établir un mécanisme de dialogue sur cette question.

Les deux parties ont aussi décidé que la Chine et l’Inde renforceraient leur coopération pour défendre les intérêts des nations en développement au sein de l’Organisation mondiale du commerce.

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Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

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