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Agriculture : Bruno Le Maire veut-il retourner à l’Empire romain ?

21 Octobre 2009 (Nouvelle Solidarité) – Crise du lait, il y a urgence. Pourtant, déjà dans la note « Analyse, prospective et évaluation » N° 11, de juillet 2009, donc au moment où les producteurs cédaient parfois leur lait à 215 euros la tonne (1000 litres), les analystes du ministère d’agriculture citaient le véritable coût de revient révélé par l’Institut de l’Elevage qui constate, sur la base des résultats de 2007, que « le coût total avec une rémunération du travail non salarié à hauteur de 1,5 fois le SMIC s’élève à 467 euros par 1000 litres » , soit plus que le double !

Pour Bruno Le Maire aussi, l’équation devient intenable. Comment « inventer » une « nouvelle régulation agricole » dans un monde dominé par des cartels financiers qui font leur beurre, et l’argent du beurre, avec la dérégulation ? Si la France a réussi à rallier 21 pays sur les 27 pays membres de l’UE sur le thème de la nécessité d’une nouvelle régulation, à part les paroles, pour l’instant le contenu des propositions reste dans le flou.

On pourrait dire qu’au moins pour Mariann Fischer Boel, une adepte du libre échange débridé, les choses sont plus claires : exit les quotas sur le lait ! Et si les prix chutent, c’est la faute à la surproduction et donc au surnombre de producteurs de lait. Aidons les donc au plus vite… à quitter leur métier !

La chute du revenu paysan de 20% en moyenne depuis le début de l’année pose brutalement une question fondamentale : allons-nous accepter qu’on « délocalise » entièrement l’agriculture (et la pêche) comme l’exige la loi d’airain du libre échange ? Les Britanniques annoncent sans rougir qu’il s’agit de la « troisième vague de délocalisations », celle de l’agriculture qui suit celle de l’industrie lourde et de la technologie._
Bruno Le Maire affirme son opposition à ce modèle en martelant qu’« on ne peut pas supprimer les quotas laitiers et ne les remplacer par rien d’autre. Sinon les exploitations les plus dynamiques, celles qui ont le plus investi, fermeront ». Cependant, si ni les Etats, ni l’UE n’ont le droit d’encadrer les marchés, Le Maire ne peut qu’inventer une régulation entre les industriels et les producteurs basée sur la création d’organisations de producteurs par secteur. En bref, un retour au corporatisme.

Premier problème : courant 2008, les 21 organisations communes de marché (OCM), chacune régulant un type de production, ont été remplacées par une organisation commune de marché unique pour l’ensemble des produits agricoles, présentée alors comme une grande rationalisation et simplification de la PAC.

Aujourd’hui, le ministre espère « obtenir la renégociation de cette Organisation commune de marché unique pour ouvrir la possibilité de conclure des accords justes et équilibrés entre producteurs et industriels du lait ». Qui peut y croire ?

Ensuite, le ministre s’est rendu aux Etats-Unis pour étudier la filière du lait et notamment les marchés à terme qu’il appelle de ses vœux et dont il a suggéré l’étude par une commission de l’UE.

De retour en France, Le Maire déclare le 19 octobre dans un entretien avec Les Echos « qu’il existe aux Etats-Unis des outils que nous n’avons pas en Europe et dont nous pourrions nous inspirer, tel que le marché à terme, pour stabiliser les marchés du beurre et de la poudre ».

Pourtant, certains de ses interlocuteurs américains viennent de lui expliquer que ce « modèle » ne marche pas ! Le 10 octobre, Ike Wilson, du journal américain local Fredericksnewspost.com relate la visite de Bruno Le Maire chez Chuck Fry, un éleveur de dindes et producteur de lait à Tuscarora (Maryland), à 80 km au nord-ouest de Washington. D’après le journal, Le Maire s’est plaint qu’en Europe les quotas laitiers brident les producteurs les plus productifs car ils ne peuvent pas dépasser leur quota. Pour se débarrasser des quotas il faut une décision à l’échelle de l’UE, aurait-il affirmé. Le journal le cite alors en disant : « Ma conviction profonde c’est d’en finir avec les quotas et de développer un nouveau système ».

Chuck Fry, qui est aussi le vice-président de l’American Farm Bureau, la plus grande organisation d’agriculteurs du pays, aurait alors rétorqué que « pendant que l’UE supprime le système des quotas, les Etats-Unis sont en train de l’introduire ». Car, les marchés à terme, estime Fry : « Cela ne marche pas »

En raison de la chute des prix du lait, ce responsable dit avoir perdu 100.000 dollars de chiffre d’affaires depuis le début de l’année dans son exploitation de 170 vaches laitières. « Quand un gallon (3,78 litres) d’eau devient plus cher qu’un gallon de lait, c’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre système », explique Fry.

Le ministre, qui a rencontré à Washington son homologue américain Tom Vilsack, a évoqué avec lui les outils d’aide gouvernementale américaine au secteur agricole, notamment via l’aide alimentaire aux écoles. Bruno Le Maire a ainsi partagé le repas d’écoliers lors de la visite d’une école à Poolesville (Maryland), des repas fournis principalement par une aide soit en liquide soit en nature du ministère de l’Agriculture (Usda). L’Usda consacre 60% de son budget de quelque 100 milliards de dollars à l’aide alimentaire nationale, sous forme de financement de repas équilibrés à l’école, à midi, au petit déjeuner ou sous forme de bons alimentaires. Quelques 30 millions d’enfants en bénéficient et cela permet de soutenir les prix en achetant exclusivement des produits américains. « Cela vaut le coup de regarder ce qui se fait », a commenté le ministre français. « Cela fait partie des choses qu’il faut travailler. C’est une idée que je souhaite proposer à l’Europe le moment venu », a-t-il indiqué à l’AFP. « Dans les écoles américaines, tous les produits sont exclusivement américains alors qu’en Europe cela vient de là où c’est le moins cher », a-t-il ajouté.

Dans Les Echos, Le Maire précise qu’aujourd’hui « ce sont largement les associations comme les Restos du cœur qui assurent le rôle de nourrir ceux qui manquent de moyens. L’Europe ne consacre aujourd’hui que 500 millions d’euros d’aide alimentaire, contre 60 milliards de dollars aux Etats-Unis. Pourquoi ne pas en faire autant ? »

En disant cela, Le Maire défend explicitement le modèle des Food Stamps (coupons alimentaires). En 1933, Henry Wallace, le ministre d’agriculture de Franklin Roosevelt, avait crée ces coupons alimentaires pour permettre aux écoliers et aux plus pauvres de pouvoir se procurer des produits alimentaires auprès des fermiers.

Si l’initiative peut sembler sympathique, présenter ce mécanisme (qui attirera immédiatement les foudres de l’UE toujours en guerre contre toute concurrence déloyale) comme un « nouveau système » de régulation des marchés, peut laisser perplexe, surtout sien même temps, contrairement à Wallace et FDR, l’on persiste à vouloir « adapter » la production à la finance folle.

Toute adaptation à la mondialisation ultra-libérale implique le choix d’un retour à la Rome impériale. A cette époque aussi on vivait de spéculation financière, de jeux et de coupons alimentaires permettant de nourrir les pauvres avec du blé importé d’Afrique du Nord… Une politique qui s’est traduit dans un effondrement de la civilisation.

M. Le Maire devrait donc étudier de toute urgence les propositions de Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade pour la mise en faillite ordonnée du système financier mondial à partir d’une application universelle des standards défini par la Loi Glass-Steagall. Pour sauver l’agriculture et le lait, il est urgent de prendre le taureau par les cornes.


Articles : Jacques Cheminade : "Quand le lait nous fait bouillir le sang"

Pendant qu’on ruine l’agriculture européenne : razzia sur les terres agricoles de la planète


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Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

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La politique de en vidéo

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Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

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