Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

16 novembre - Jacques Cheminade soutient les gilets jaunes (vidéo) Lire 16 novembre - L’Afrique, la Chine de demain ? Lire 16 novembre - Sacha Lin-Jung : L’amitié France-Chine et les Nouvelles Routes de la soie Lire
AccueilActualité
2-3 juillet 2011, conférence de l’Institut Schiller à Rüsselsheim, Allemagne

VIDEO : Eric de Keuleneer : du Big Bang au Big Hole

La rédaction

Retour au programme de la conférence


Du Big Bang au Big Hole , comment une finance déresponsabilisée est devenue un parasite d’abord, un vampire ensuite, et comment la ramener sur terre

Eric De Keuleneer est professeur à la Solvay Business School of Economics (ULB) et ancien membre du Conseil de surveillance de la Commission bancaire, financière et des assurances de Belgique.{{}}

(Extraits)

La loi Glass-Steagall a été imposée suite à une analyse rigoureuse des causes de la Grande dépression des années 1930, c’est-à-dire les excès de la finance des années 1920. Parmi ces excès, d’abord et avant tout, l’affaiblissement des banques collectant des dépôts, à cause d’une prise de risque trop importante avec l’argent des déposants. A cela, ajoutons divers « conflits d’intérêt » entre sociétés financières.

Or, ce qu’on identifie comme le « système Glass-Steagall » stipulait que les banques recueillant des dépôts étaient très limitées dans le type de risque qu’elles pouvaient prendre et deuxièmement, que les différentes fonctions bancaires devaient être séparées. Les banques dites « d’affaires », qui conseillent les émetteurs de titres, doivent donc être séparées, non seulement des banques commerciales [de dépôts], mais également des activités de courtage [brokering] (le conseil aux investisseurs) et aussi des sociétés fiduciaires [trust banks] qui prennent des titres en pension. (…)

Ainsi, un ensemble législatif fut adopté afin de maintenir le secteur financier à une taille raisonnable et surveiller sa rentabilité. Il existait peu d’incitation pour les banques ou les firmes financières à vendre leurs services car la profitabilité en était limitée (…)

Ensuite, dans les années 1980, pour diverses raisons, notamment politiques, on décida de déréguler afin de promouvoir en particulier « l’innovation financière ». On croyait fortement à l’idée qu’elle apporterait un progrès. Ce qu’on appela le « Big Bang » de Londres était un grand mouvement de dérégulation financière et de « déspécialisation » de la finance.

Le centre de la dérégulation financière et du nouveau dynamisme financier fut le marché de l’euro-dollar basé à Londres (…) Dans les années 70, ce marché des euro-dépôts recyclait les « pétrodollars », ces vastes réserves en dollars accumulées par les pays producteurs de pétrole. Ce recyclage fut un désastre aboutissant tout au long des années 90 à des crises financières, notamment dans les pays en voie de développement qui avaient été poussés à emprunter beaucoup trop pour leur propre intérêt, un peu comme la Grèce aujourd’hui, et qui subirent des crises conséquentes à cause de ces politiques financières erronées.

Egalement à cette époque, les OPA (offres publiques d’achat) se sont développées et les OPA hostiles sont devenues la règle à Wall Street. On prétendait que les sociétés devaient être « aussi grandes que possible » car la grande taille allait permettre des économies d’échelle, ce que personne n’a pris la peine de vérifier.

Cela a culminé dans les années 1990, lorsque la finance est devenue de plus en plus un parasite pour l’économie. J’ai été banquier toute ma vie. Je pense que la finance peut être respectable, mais sa raison d’être est de servir l’économie réelle en transférant l’épargne vers des gens qui ont besoin d’emprunter et d’investir. La finance peut et devrait opérer au prix le plus bas possible.

Avant 1975, le poids des sociétés financières représentait 3% de notre économie. Depuis le début de la dérégulation, en 1975, jusqu’en 1990, le coût des transactions sur les marchés financiers a considérablement baissé. Ainsi, à l’échelle micro-économique, on affirmait que la dérégulation était un grand succès ! Maintenant, si l’on regarde l’échelle macro-économique, le revenu des sociétés financières, qui pesait 3% de l’économie totale, est passé à 9% sans qu’on puisse vraiment parler de meilleurs services, bien au contraire (…) Ainsi, la valeur ajoutée de la finance ne s’est pas accrue, mais sa part dans le PNB a triplé.

Pendant les années 1990, on nous a fait avaler les théories de « l’efficacité du marché » qui prétendent que l’allocation des ressources peut être confiée au marché car c’est lui qui est le plus performant.

En passant, même pour le « père » de l’économie libérale, Adam Smith, les marchés, pour fonctionner, ont besoin de transparence, de compétition et aussi d’un sens d’éthique. Un des plus grands problèmes des marchés financiers libéralisés, c’est que cette proposition très importante d’Adam Smith, celle qui affirme qu’il est de l’intérêt propre des gens d’avoir un comportement éthique, se révèle chaque jour fausse. En particulier sur les marchés financiers, ce n’est pas payant d’être éthique. Et inversement, c’est très profitable de ne pas avoir d’éthique (…)

Dans les années 1990, ce phénomène a pris de l’ampleur et les incitations financières, notamment les bonus payés dans le secteur financier, ont aggravé la situation. Le problème des bonus, c’est qu’ils tuent tout sens d’éthique. Pris individuellement, beaucoup de gens travaillant dans les services financiers ne sont pas des personnes malhonnêtes. Mais si on leur paye des bonus de la taille dont on entend parler, c’est pour les amener à faire des choses sans se poser de question d’éthique.

Depuis 2007-2008, le système a évolué du statut de parasite à celui de vampire et actuellement, le secteur financier suce le sang de l’économie. En 2005, la part du secteur financier dans le PNB (…) s’est élevée à 15% et probablement encore plus aujourd’hui. Et la part du secteur financier dans le profit des entreprises a explosé jusqu’à 25%. (…)

Une leçon importante de l’année dernière : la « discipline du marché » ne fonctionne pas. On croyait qu’elle ferait en sorte que les gens n’emprunteraient pas trop, dans leur propre intérêt. Le fait que la Grèce ait pu emprunter autant qu’elle l’a fait est un bon exemple (…) Il y a dix-huit mois, la situation de la Grèce était plus au moins la même qu’aujourd’hui sur le plan macro-économique, mais on lui donnait la note double A, juste en dessous du meilleur niveau possible. Ainsi, elle pouvait emprunter, et emprunter beaucoup trop. (…)

La taille est devenue un objectif en soi et c’est assez surprenant de voir combien sont convaincus qu’une grande banque est forcément meilleure qu’une petite, alors qu’il n’existe aucune preuve que cela permette des économies d’échelle. Par contre, s’il y a un secteur où la taille semble augmenter la rentabilité, c’est celui des banques d’affaires. Quand on y regarde de près, on constate que cette rentabilité ne résulte pas d’une plus grande efficacité, comme la théorie économique aimerait nous le faire croire, mais d’un abus de marché.

Evidemment, dans les activités des banques d’affaires et les activités de marché, l’abus de marché est très facile. Sur les marchés dits de gré à gré [Over The Counter – OTC], c’est-à-dire les marchés non officiels où s’échangent les produits financiers dérivés, il existe une absence totale de transparence des prix. La fameuse transparence exigée par Adam Smith pour les marchés y fait entièrement défaut (…)

La crise financière a empiré les choses. De toute évidence, les gouvernements pensaient qu’il fallait intervenir pour empêcher les banques de faire faillite et éviter que les déposants, comme vous et moi, perdent tout l’argent qu’ils leur avaient confié. Mais les banques ont été sauvées sans qu’on leur inflige une quelconque sanction. A tel point que dans les faits, leur impunité s’est accrue. On a même récompensé leurs échecs dans bien des cas. Les patrons des banques, responsables d’une gestion calamiteuse, furent licenciés, ils ont perdu leur emploi mais ont reçu des dizaines de millions de dollars de bonus sous forme de « parachutes dorés » pour leurs bons services… La régulation ne s’est pas améliorée et, d’une certaine manière, est même devenue plus laxiste. Les finances publiques se sont également affaiblies. Les Etats se sont endettés encore plus pour sauver leurs banques et en fait, les banques sont redevenues très rentables. Elles ont eu l’autorisation de dissimuler leurs « actifs toxiques ». Beaucoup de banques ne rapportent pas les pertes encourues par ces actifs toxiques et font état de gros bénéfices pour payer des bonus et des dividendes. En plus, leur gestion apparaît plus professionnelle que celle des hommes politiques dont les Etats sont maintenant financièrement affaiblis.

De plus, on nous rappelle en permanence qu’on doit suivre un modèle de croissance basé sur la consommation (…) Ainsi, si vous avez besoin de la consommation pour maintenir la croissance de votre économie, alors les banques apparaissent comme nécessaires car elle financent la consommation (…)

Serait-il possible d’arrêter la folie financière ? Je le pense. Mais pour cela, je plaiderais avec force pour un retour complet et profond au système Glass-Steagall qui n’est pas seulement la séparation entre banques commerciales et banques d’affaires (…) Les banques de dépôts collectent les dépôts et font des crédits. Elles ne devraient spéculer d’aucune façon. Les banques d’affaires doivent être séparées non seulement des banques commerciales mais également des activités de courtage. Si vous conseillez ceux qui émettent des titres, alors vous ne devez pas pouvoir conseiller ceux qui investissent dans ces titres. (…)

Pour accomplir tout cela, je pense qu’un élément important serait, à part une meilleure régulation, de reconstruire un secteur public plus fort mais également mieux géré et capable d’émerger comme une véritable alternative.

Un message, un commentaire ?


form pet message commentaire
Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Vous souhaitez aider ? Adhérer, faire un virement mensuel, participer à un stand militant ? Prenez contact avec nous.

Eric de Keuleneer : « Il faut au moins un double Glass-Steagall »

17 avril 2011
Articles variés
Eric de Keuleneer : « Il faut au moins un double Glass-Steagall »

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard