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Assouplissement quantitatif : mettons fin au règne de la BCE et du FMI

Confrontés à un effondrement imminent du système bancaire européen, le FMI et la BCE s’agitent pour lancer une politique d’assouplissement quantitatif sans précédent.

Bien qu’il hésite encore à passer à l’action, le chef de la BCE Mario Draghi a tenté de faire croire le 15 juillet au Parlement européen que les mesures d’assouplissement quantitatif font partie « carrément de son mandat », une affirmation que l’Allemagne a contesté à plusieurs reprises devant le Parlement et certains tribunaux.

L’assouplissement quantitatif consiste en l’achat par la BCE d’obligations d’État, à l’image de ce que fait depuis plusieurs années déjà la Réserve fédérale américaine, sauf que ceci est explicitement interdit par les divers traités européens au nom de la sacro-sainte indépendance de la Banque centrale.

Bien entendu, si le rachat d’obligations avait été interdit par les rédacteurs des traités européens dès qu’il s’agissait de financer le développement économique et l’investissement dans l’infrastructure, l’oligarchie financière a soudainement décidé de changer la règle du jeu au lendemain de la crise financière de 2008, afin de permettre aux États de renflouer les institutions bancaires en difficulté.

Le FMI a demandé le 14 juillet que la BCE ne se contente pas de simplement relancer ses Opérations de refinancement à plus long terme, comme elle l’avait annoncé quelques jours plus tôt, mais qu’elle mette également en œuvre un programme d’assouplissement quantitatif permettant de racheter les dettes souveraines des pays membres.

Rappelons que les Opérations de refinancement à plus long terme de la BCE [1], par lesquelles elle offre aux institutions bancaires des liquidités pour des périodes allant de 3 à 6 mois en échange de titres plus ou moins toxiques, avaient atteint un plafond de 1 035 milliards d’euros à la fin de 2012, avant de descendre à « seulement » 506 milliards aujourd’hui (cf. graphique 1, courbe bleu foncé). Draghi entend propulser ce chiffre à 1 400 milliards d’euros (avec des taux d’intérêt de 1%) pour les deux prochaines années.

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Graphique 1
Selon les « Weekly financial statements » de la BCE, les concours nets (courbe verte) en liquidités accordés par l’Eurosystème (BCE et banques centrales nationales) aux banques sont définis comme le total des concours en euros à des établissements de crédit de la zone euro liés aux opérations de politique monétaire (rubrique 5 de l’actif) moins les opérations visant à retirer les surplus de liquidités : facilités de dépôt, reprises de liquidités en blanc, cessions temporaires de réglage fin, appels de marge reçus et certificats de dette émis (rubriques 2.2, 2.3, 2.4, 2.5 et 4 du passif).
Crédit : Solidarité et Progrès

Mais cela ne suffit pas, pas pour le FMI. Prenant comme prétexte que l’inflation serait trop basse et que les banques ne prêtent plus (en fait, depuis décembre 2011, elles prêtent de moins en moins, peu importe le montant total des liquidités mises à leur disposition, cf. graphique 2), le FMI et la City de Londres implorent Draghi de faire le grand plongeon, en lançant une politique d’assouplissement quantitatif franche de toute mesure de « stérilisation » compensatoire.

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Graphique 2
Crédit : Solidarité et Progrès

Rappelons que l’ancien chef de la BCE, Jean-Claude Trichet, avait annoncé, lorsqu’il avait décidé de racheter des obligations d’Etat au lendemain de la crise des dettes souveraines en Irlande et dans le sud de l’Europe (qu’elle classe dans la catégorie « Titres détenus à des fins de politique monétaire », cf. courbe grise dans le graphique 1), la mise en place d’un mécanisme de « stérilisation » permettant à la BCE de retirer des liquidités, selon ses dires, dans des montants équivalant aux sommes des obligations rachetées. Ce mécanisme représentait une contrainte que souhaitent faire sauter le FMI et la City lors de la mise en œuvre de la prochaine vague d’assouplissement quantitatif.

Bien entendu, un tel schéma ne contribuerait en rien à assurer une reprise de l’économie européenne, pas plus qu’elle n’a généré, aux Etats-Unis, le moindre signe de reprise (chute du PIB américain de 2,9 % au premier trimestre de 2014). Son seul objectif est d’endiguer le prochain tsunami bancaire, sinon de permettre à ceux qui occupent le haut du pavé de se renflouer avant que le système n’explose.

C’est ici qu’il convient de mettre fin au règne de la BCE et de ré-instituer une véritable politique de crédit public, ou de crédit démocratique (voir notre vidéo épisode 04) comme le disait Jean Jaurès, visant à orienter le crédit dans le développement économique et non pas à perpétuer les jeux spéculatifs dégoûtants auxquels s’adonnent les mégabanques en s’appuyant sur l’argent des épargnants.

Ainsi, il n’y a que deux solutions pour en finir avec la spéculation financière : Glass-Steagall et crédit public .


[1Les opérations principales de refinancement ont lieu chaque mardi et portent sur une échéance d’une semaine. Le montant minimum est de 1 000 000 euro avec des tranches supplémentaires de 100 000 euro. Les opérations de refinancement à plus long terme ont lieu chaque dernier mercredi du mois et portent sur des échéance de 3 ou 6 mois. Le montant minimum est de 10 000 euro avec des tranches supplémentaires de 10 000. Toutes deux se font par cession temporaire de titres détenus par les banques, qui peuvent soit les mettre en pension auprès de la BCE ou les offrir comme garanties contre des prêts de la BCE.

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  • MANLAY Pascal • 20/07/2014 - 10:18

    Bonjour,
    Il est clair que si les 1.000 milliard étaient prêter directement aux européens (personnes physiques) au taux fixe de 1%, la crise serait vite oubliée.
    Bonne journée à vous.
    Pascal

    Répondre à ce message

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