Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilActualité

Christoph Heusgen : l’homme qui pousse l’Europe à la guerre contre la Russie

La rédaction
JPEG - 76.9 ko
Christoph Heusgen (assis à gauche) lors du sommet du G8 en 2012 avec les chefs d’Etats et de gouvernements regardant le match Chelsea-Bayern.
Crédit : Wikipedia Commons

A part l’influent néoconservateur Jeffrey Gedmin, à la tête de l’institut Aspen de Berlin et membre du Projet pour un nouveau siècle américain (PNAC), un des principaux responsables pour la politique antirusse de la chancelière allemande Angela Merkel est son conseiller principal en politique étrangère, Christoph Heusgen.

JPEG - 38.2 ko
L’ancien conseiller de Tony Blair, Robert Cooper, à Bruxelles le promoteur de l’impérialisme "libéral" européen.
Crédit : Wikipedia Commons

Fervent partisan de la politique de « changement de régime » de Tony Blair, qu’il a aidé à introduire en Europe avec l’aide de Robert Cooper, un conseiller de Blair, il a ensuite intégré l’équipe de la chancelière Merkel en 2005.

Sa mission : inverser la politique du chancelier Gerhard Schröder qui avait rejeté, avec Jacques Chirac, la guerre et le changement de régime perpétrés par les Anglo-américains en Irak.

La Commission européenne s’était alors vite mobilisée pour contrer ce type de résistance.

Travaillant sous la houlette du Haut représentant pour la politique étrangère Javier Solana, Heusgen et Cooper ont rapidement ébauché, en consultation avec Washington, ce qui allait devenir la Stratégie européenne de sécurité (SES), adoptée par l’UE à la fin 2003.

Ce document de quinze pages engage l’UE à une intervention militaire préventive – au niveau mondial – dès lors que la « démocratie » et les « droits de l’Homme » sont menacés dans un pays quelconque. Sont explicitement ciblés, les pays « à l’est de l’Union européenne », qui ne répondent pas au critère de « bonne gouvernance » de Bruxelles.

Depuis qu’il est à Berlin, Heusgen s’efforce de mettre en œuvre cette SES. Actuellement, il tente de neutraliser le Dialogue de Saint-Pétersbourg, un important forum institutionnel de consultation germano-russe, et de faire contre-poids au ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, un promoteur de la coopération germano-russe.

Le concept derrière la SES est ce que Cooper appelle l’« impérialisme libéral ». Dans son livre de 2003, The Breaking of the Nations : Order and Chaos in the Twenty-First Century, Cooper écrivait :

La forme la plus vaste d’expansion impériale est celle de l’Union européenne. La réponse européenne post-moderne aux menaces consiste à étendre le système d’empire coopératif encore plus largement.

Dans un article paru dans le magazine Prospect en octobre 2001, intitulé « Le prochain empire », Cooper avait écrit que « toutes les conditions semblent réunies pour un nouvel impérialisme », ce qui a catalysé une discussion intense outre-Manche. Cooper annonçait en fait la nouvelle ère d’interventionnisme mondial que Tony Blair avait énoncée au printemps 1999 à Chicago.

La Stratégie européenne de Sécurité

Nous reproduisons ici quelques extraits de la déclaration Une Europe sûre dans un monde meilleur adopté à Bruxelles le 12 décembre 2013, image miroir, pour l’Europe, du manifeste des néoconservateurs Projet pour un nouveau siècle américain publié quelques années plus tôt.

Nous y retrouvons des relents d’impérialisme, de changement de régime soit par des révolutions de couleurs soit par des moyens militaires directs, de soumission à la domination de l’OTAN (sous prétexte d’une « meilleure intégration EU/OTAN »), d’interventionnisme humanitaire, d’expansionnisme géographique, de guerre préventive, de coercition économique, de malthusianisme et autres caractéristiques de l’idéologie néoconservatrice.

Les États-Unis ont joué un rôle capital dans l’intégration et la sécurité européennes, notamment par le biais de l’OTAN. La fin de la guerre froide a laissé les États-Unis dans une position dominante en tant qu’acteur militaire. Aucun pays n’est toutefois en mesure de faire face, seul, aux problèmes complexes de notre temps.

La dépendance énergétique constitue pour l’Europe une source de préoccupation particulière. L’Europe est le principal importateur mondial de pétrole et de gaz. Ses importations représentent aujourd’hui environ 50 % de la consommation d’énergie. Ce chiffre passera à 70 % en 2030. La plupart des importations de produits énergétiques proviennent du Golfe, de Russie et d’Afrique du Nord.

A l’ère de la mondialisation, les menaces lointaines peuvent être aussi préoccupantes que les plus proches. Les activités nucléaires en Corée du Nord, les risques nucléaires en Asie du Sud et la prolifération au Moyen-Orient sont autant de sources d’inquiétude pour l’Europe.

Notre concept traditionnel d’autodéfense (jusqu’à la guerre froide et pendant toute sa durée) reposait sur la menace d’une invasion. Face aux nouvelles menaces, c’est à l’étranger que se situera souvent la première ligne de défense. Les nouvelles menaces sont dynamiques. (…) Cela signifie que nous devons être prêts à agir avant qu’une crise se produise. Il n’est jamais trop tôt pour prévenir des conflits et des menaces.

Même à l’ère de la mondialisation, la géographie garde toute son importance. Il est dans l’intérêt de l’Europe que les pays situés à ses frontières soient bien gouvernés. Les voisins engagés dans des conflits violents, les États faibles où la criminalité organisée se répand, les sociétés défaillantes ou une croissance démographique explosive aux frontières de l’Europe constituent pour elle autant de problèmes.

Si elle accroît notre sécurité, l’intégration des Etats adhérents aura également pour effet de rapprocher l’UE des zones de troubles. Notre tâche doit être de promouvoir, à l’Est de l’Union européenne et aux frontières du bassin méditerranéen, un ensemble de pays bien gouvernés avec lesquels nous pourrons avoir des relations étroites, fondées sur la coopération.

Nous devrions désormais porter un intérêt plus grand et plus actif aux problèmes du Caucase du Sud, qui, le moment venu, constituera également une région voisine.

Les relations transatlantiques constituent un des éléments essentiels du système international, non seulement au regard de nos intérêts bilatéraux, mais aussi parce qu’elles renforcent la communauté internationale dans son ensemble. L’OTAN est une expression importante de cette relation.

La qualité de la société internationale dépend de la qualité des gouvernements qui en sont les fondements. La meilleure protection pour notre sécurité est un monde fait d’Etats démocratiques bien gouvernés. Propager la bonne gouvernance, soutenir les réformes sociales et politiques, lutter contre la corruption et l’abus de pouvoir, instaurer l’Etat de droit et protéger les droits de l’homme : ce sont là les meilleurs moyens de renforcer l’ordre international.

La contribution à une meilleure gouvernance par des programmes d’aide, par la conditionnalité et par des mesures commerciales ciblées demeure l’un des aspects importants de notre politique, qu’il nous faut renforcer. Un monde dont on estime qu’il offre à tous la justice et à chacun sa chance sera plus sûr pour l’Union européenne et pour ses citoyens.

Il faut des politiques actives pour faire face au dynamisme des menaces nouvelles. Nous devons développer une culture stratégique propre à favoriser des interventions en amont, rapides et, si nécessaire, robustes.

Nous devons être capables d’agir avant que la situation dans les pays autour de nous ne se détériore, lorsque des signes de prolifération sont détectés, et avant que des situations d’urgence humanitaire ne surviennent. Un engagement préventif peut permettre d’éviter des problèmes plus graves dans le futur. Une Union européenne qui assume des responsabilités accrues et qui est plus active sera une Union qui aura plus de poids politique.

Les arrangements permanents UE/OTAN, en particulier les dispositions « Berlin plus », renforcent la capacité opérationnelle de l’UE et fixent le cadre dans lequel s’inscrit le partenariat stratégique entre les deux organisations dans le domaine de la gestion des crises. Ils reflètent notre détermination commune à faire face aux défis du nouveau siècle.

La relation transatlantique est irremplaçable. En agissant ensemble, l’Union européenne et les Etats-Unis peuvent constituer une formidable force au service du bien dans le monde. Notre objectif devrait être un partenariat efficace et équilibré avec les Etats-Unis. C’est une raison supplémentaire pour l’UE de renforcer encore ses capacités et sa cohérence.

Écrire un commentaire

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Cet article vous parle ? Rejoignez-nous !

La City et Wall-Street fomentent la guerre pour éviter la refonte des institutions financières. Il nous faut changer la donne afin d’empêcher que la situation dégénère en catastrophe nucléaire.

En savoir plus

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard