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Corée du Nord : Obama fait son cinéma

La rédaction
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Scène du film The Interview

Dans le contexte des demandes répétées des néocons pour un changement de régime à Moscou, à Beijing et même à Paris, la réaction du Président Obama en faveur d’un film mettant en scène l’assassinat du chef d’Etat nord coréen Kim Jung-un a de quoi inquiéter toute personne soucieuse du respect du droit international.

La sortie d’Obama a eu lieu après la cyberattaque la semaine dernière contre la société de production cinématographique Sony Pictures, et la divulgation sur Internet des scènes de son film The Interview, qui devait être diffusé dans les salles obscures américaines à partir du jour de Noël. Le film, qualifié par Obama « d’oeuvre satyrique », se termine par l’assassinat par des tueurs à la solde de la CIA du président nord coréen, avec un missile tiré contre son hélicoptère.

Sony a finalement décidé de retarder la sortie du film, un geste dénoncé par Obama en personne, qui a déploré, lors d’une entrevue sur la chaîne télévisée ABC, de voir Sony « céder aux pressions d’un dictateur » et de ne pas avoir été consulté avant que Sony n’ait pris sa décision.

Pyongyang nie avoir été impliqué, contrairement aux allégations du FBI, dans cette cyberattaque, et a dénoncé l’absence de toute preuve ; un avis par ailleurs partagée par un professeur de droit de l’Université de Harvard, Jack Goldsmith, un expert en cybersécurité et ancien ministre-adjoint de la Justice.

Les États-Unis ont demandé au Japon, à la Corée du Sud et à la Chine de se joindre à eux pour combattre la « cybercriminalité », en oubliant toutefois de mentionner que les divers actes d’espionnage des dernières années à l’encontre de dirigeants étrangers (dont la chancelière allemande Angela Merkel) par la NSA constituent eux aussi des violations du droit international.

Un éditorial publié dans le quotidien chinois Global Times, proche du gouvernement, fait remarquer :

N’importe quelle personne civilisée de ce monde est opposée aux cyberattaques ou aux menaces terroristes. Mais un film comme The Interview, qui se moque du dirigeant d’un pays ennemi des Etats-Unis, n’a pas de quoi faire la fierté d’Hollywood et de la société américaine. (…) Les moqueries vicieuses à l’encontre de Kim ne sont que le produit d’une arrogance culturelle insensée.

Obama fait son cinéma

A part la sortie d’Obama en défense de la liberté d’expression (rappelons que toute discussion concernant l’assassinat du président américain conduirait, selon le droit américain, à l’arrestation immédiate des personnes impliquées), plusieurs faits démontrent que l’administration elle-même a été impliquée dans la production du film. La chaîne CNN rapporte que le département d’État a lui-même reconnu que son secrétaire-adjoint pour les Affaires d’Asie orientale Danny Russell s’est entretenu au sujet du film avec le Pdg de Sony, Michael Lynton, tout en prétendant qu’il n’avait pas contribué à la rédaction du script ou aux choix artistiques. Par contre, Robert King, chargé au département d’Etat des droits de l’homme en Corée du Nord a bel et bien participé à l’élaboration du film.

CNN rapporte également que Bruce Bennett, un spécialiste des affaires nord-coréennes pour le compte de la très conservatrice Rand Corporation, admet avoir régulièrement été consulté pour le film, à la demande du patron de Sony, Lynton, qui siège au Conseil de surveillance de la Rand Corporation. (Autant pour la liberté artistique d’Hollywood.)

Voice of America rapporte de son côté qu’un porte-parole du département d’Etat, Jen Psaki, lui a « confirmé qu’un diplomatie de haut niveau pour l’Asie, Daniel Russel [celui cité plus haut], a participé à des réunions régulières avec des dirigeants de Sony pour discuter de la politique étrangère en Asie ».

Le site Internet Daily Beast a publié des courriels adressés au patron de Sony montrant que Bennett a endossé de manière explicite la conclusion du film, qu’il « préférait garder, d’un point de vue personnel, telle quelle », et qu’un haut responsable du département d’Etat américain, au lieu de prier Sony de se calmer un peu (la Corée du Nord étant un pays doté d’armes nucléaires) avait exprimé son accord pour que le film finisse avec la mise à mort du dictateur.

Et dire qu’Obama continue à prétendre qu’il ne s’agissait que « d’un film satyrique ».

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

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