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Deutsche Bank : la BCE prise de panique

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Début avril, à la surprise générale, la Banque centrale européenne (BCE) a fait de Deutsche Bank la première institution sous sa supervision à devoir fournir un rapport sur les coûts et les conséquences sur les marchés en cas de démantèlement de sa division « banque d’investissement ». [1]

Pour la Deutsche Bank, les demandes de la BCE sont tout bêtement « des questions de routine pour ce secteur (…) Nous évaluons régulièrement pour les régulateurs les conséquences en capital, en liquidités et en coûts de la liquidation de nos positions. »

Depuis plusieurs mois, Deutsche Bank réexamine le rôle de sa banque d’investissement, une tâche baptisée en interne Projet Colombo, afin de déterminer son avenir alors que ses revenus diminuent et que ses clients prennent la tangente.

Si elle n’envisage pas pour l’instant de séparer de façon stricte la banque de détail des activités de marché, elle cherche de toute évidence un moyen de protéger sa structure investissement des excès spéculatifs de ses propres opérations de marché… et de préférence, avant que ces dernières ne fassent écrouler tout l’édifice.

Pour les analystes, l’heure du dénouement s’approche. Par exemple, Octavio Marenzi, le pdg de la société de conseil Opimas, estime que la banque « a dû sortir du bois pour admettre à contrecœur que sa division banque d’investissement est une horreur. » Et James von Moltke, le directeur financier de Deutsche Bank, avertit de son coté que la banque n’irait pas toute seule en enfer :

Nous pensons que nous sommes les premiers sur la liste car nous sommes la plus grosse banque sous la supervision de la BCE.

Le problème est aussi énorme que l’éléphant qui occupe le canapé du salon. « La Deutsche Bank est l’une des institutions financières les plus dangereuses du monde en raison de son activité complexe », s’alerte l’édition de la Süddeutsche Zeitung du 16 avril. En effet, la banque allemande — qui porte mal son nom puisqu’elle est aujourd’hui largement dirigée depuis Londres — est la banque la plus exposée sur le marché des produits dérivés financiers au monde, à hauteur d’environ 50 000 milliards d’euros.

D’après le journal britannique Sunday Express,

les régulateurs ont dans leur ligne de mire des grandes institutions en difficulté telles que la Deutsche Bank (qui pèse 1,1 trillion de dollars), des banques qui disposent du potentiel pour précipiter le système financier mondial dans les abysses, comme cela s’est produit avec l’effondrement de Lehman Brothers en 2008. La chute brutale et inattendue de Lehman a intensifié la crise de 2008 et débouché sur l’effacement de 10 trillions de dollars de valeur sur les marchés mondiaux (…) Même si une source de Deutsche Bank a confirmé au Financial Times que d’autres banques de la zone euro sont examinées, l’attention de la BCE émerge alors que les spéculations vont bon train quant à la division britannique de la branche d’investissement de Deutsche Bank .

Après ne pas être parvenu à se relever de la crise provoquée en partie par la chute de Lehman Brothers, l’institution financière, assaillie de toutes parts, a dû payer environ 17 milliards de dollars en amendes diverses en raison de mauvais comportements depuis 2008, d’après les chiffres collectés par Bloomberg.

Tandis que les craintes grandissent concernant les effets du revirement de Deutsche Bank, les responsables de l’organe européen de supervision des banques, le Mécanisme de surveillance unique (MSU), a fait savoir à la plus grande banque allemande qu’elle devait déterminer de façon exacte quels seraient les dégâts sur la stabilité financière mondiale en cas de démantèlement de sa division d’investissement.

La BCE se trouve entre l’enclume et le marteau. Deutsche Bank est une banque systémique et une des premières de la cordée. Si elle tombe, elle entraînera tout le système dans sa chute. Mais si elle liquide ses positions, les conséquences seront tout aussi dévastatrices. En effet, l’arrivée sur le marché de certains titres de la banque (qui ne valent rien mais gardent leur valeur tant qu’ils n’arrivent pas sur le marché) provoquera une dévaluation retentissante de leur valeur et au-delà, de la valeur des titres du même type aux mains d’un bon nombre d’autres banques…

La débâcle en cours de Deutsche Bank nous rappelle le titre d’un article de 2016 : « Avec Deutsche Bank, une vraie régulation bancaire se rappelle au bon souvenir de tous ».

Interpellés depuis des mois par les signataires de la pétition en faveur d’une « moralisation de la vie bancaire » (merci de la signer), plusieurs députés et sénateurs français sont bien conscients qu’une vraie séparation des banques est la seule mesure permettant d’assainir la situation et de protéger les dépôts des Français. Il s’agit également de la première mesure requise pour remettre le crédit au service de l’économie réelle, de la croissance et de l’emploi.

L’inquiétude exprimée aujourd’hui de façon très officielle par la BCE devrait les convaincre de ne pas attendre le prochain tsunami financier mais de passer, sans tarder et à titre préventif, à l’action.

Notre proposition de loi pour une telle séparation bancaire attend adoption. Aidez-nous à trouver des élus à la hauteur du défi !


[1Rappelons qu’une « banque d’investissement » est une banque, ou une division de la banque, qui rassemble l’ensemble des activités de conseil, d’intermédiation et d’exécution ayant trait aux opérations dites de « haut de bilan » (introductions en Bourse, émissions de dette, fusions/acquisitions) de grands clients corporate (entreprises, investisseurs, mais aussi États, etc.). Ces activités sont généralement scindées en entités distinctes, habituellement désignées par des anglicismes : les opérations de Corporate Finance (finance d’entreprise), de Global Capital Markets (marchés financiers), et de Structured Finance (opérations de financement). On différencie parfois la banque d’investissement (Investment Banking en anglais) de la banque d’affaires (Corporate Banking) en attribuant à la première les activités de marchés et à la seconde celles de finance d’entreprise. Toutefois le terme de Banque de Financement et d’Investissement (BFI), ou son équivalent anglais (Corporate & Investment bank ou CIB), qui inclut les deux activités, tend à se généraliser. En France, la BFI de la Société générale s’appelle SGCIB, et celle du Crédit agricole se nomme Crédit agricole CIB depuis février 2010.

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  • BOUCHACOURT • 13/06/2018 - 01:48

    LE RÉFÉDEMDUM SUISSE AVAIT POUR BUT DE PARER Á LA BANQUEROUTE POTENTIELLE. IL N´ÉTAIT PAS INUTILE.

    Répondre à ce message

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C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

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Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

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Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

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