X Bienvenue,

À compter de juin 2018, notre site devient semi-payant.
Écrit et élaboré par nos militants, il reste en grande partie en accès libre, en particulier les prises de position du parti et de son président Jacques Cheminade. C’est notre chronique du jour, « Le monde en devenir », ainsi qu’un certain nombre de dossiers de fond, qui sont dorénavant payants.
Permettre le travail de recherche d’informations et garantir un contenu de qualité suppose évidemment de les rémunérer. Nous faisons le pari de votre curiosité envers des idées novatrices qui répondent aux défis de l’époque.

Découvrir les abonnements

Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilActualité
Brèves

« foreclosure gate » : Abandonner les banques ou faire marcher la planche à billet

La rédaction

3 novembre 2010 (Nouvelle Solidarité) — Après l’été 2007, la multiplication pratiquement sans limites de crédits hypothécaires en faveur d’acquéreurs de logements, insolvables ou quasi insolvables, a abouti à un effondrement du marché immobilier américain lorsque le doute s’est installé et que la demande s’est tarie. D’abord les logements bas de gamme, les fameux subprime, ont été frappés de plein fouet par la baisse, puis le reste du marché a suivi.

L’enchaînement des opérations a été le suivant : les propriétaires prenaient leur crédit à un courtier, qui le plaçait auprès d’une banque, laquelle revendait le crédit à une autre banque ou aux deux géants sous garantie publique, Fannie Mae et Freddie Mac, qui à leur tour se défaussaient en plaçant leur créance dans un MBS (Mortgage backed security), entité juridique à personnalité propre mais sans personnel, qui regroupait des « paquets » de créances provenant de multiples banques, déléguant à une autre banque le soin de collecter les mensualités. Les droits de propriété se trouvaient ainsi titrisés, c’est-à-dire partagés et fragmentés entre de multiples acquéreurs.

Le glas de la folie immobilière ayant sonné, des centaines de milliers de logements ont été saisis et continuent à l’être par les banques, et leurs propriétaires – et même leurs locataires – sont physiquement expulsés. Ce sont les banques en fin de chaîne qui ont engagé les opérations, en les déléguant généralement à des firmes d’avocats spécialisés surnommés les « moulins à liquidations ». Ceux-ci s’appuient sur des sociétés de traitement de documents, ou les traitent eux-mêmes. Les uns et les autres, afin d’éviter la faillite et d’agir le plus vite possible, ont pratiqué sans gêne la fraude la plus inimaginable, avec une incompétence et une négligence sans précédent.

La fraude pratiquée apparaît à quatre niveaux :

la fraude au niveau de l’enregistrement. Les prêteurs voulaient pouvoir faire le plus vite possible de jolis paquets avec les créances, et pour cela transférer rapidement les hypothèques. Le système traditionnel d’enregistrement, celui des « county clerks », en quelque sorte des « notaires cantonaux », était fiable et pérenne, mais prenait beaucoup de temps et coûtait beaucoup d’argent. Aussi, les grandes banques, avec Fannie Mae et Freddie Mac, créèrent leur propre service d’enregistrement, le MERS (Mortgage Electronic Registration Service), informatisé à l’extrême. Normalement, à chaque transfert d’hypothèque, il faut créer un nouveau titre sur lequel figure le nom du nouveau créancier et acquitter un droit d’enregistrement. MERS, prête-nom et intermédiaire commun, permettait de contourner la règle, s’arrogeant même le droit de saisir les logements.

la fraude des saisies illégales. Tout d’abord, les procédures enregistrées par le système MERS ont été logiquement jugées illégales, ou du moins non recevables devant un tribunal. Ensuite, il a été constaté que MERS, organisme intermédiaire entre les banques qui détenaient réellement l’hypothèque, n’avait pas lui-même le droit de saisir. Enfin, les saisies elles-mêmes ont été effectuées dans des conditions scandaleuses et souvent frauduleuses. Pour faire vite, les banques et les cabinets d’avocats spécialisés ont traité les dossiers à la chaîne, sans la moindre préoccupation déontologique. Dans certains cabinets, le nombre de dossiers était tel que la direction avait mis des tampons de notaire à la disposition de tous les employés. Pour suivre la cadence, les sociétés de traitement de documents et les collecteurs de crédit ont embauché à tour de bras tout ce qui leur tombait sous la main – coiffeurs, employés de supermarchés, ouvriers – en assignant à ces opérateurs des rôles clés dans les services chargés de la gestion des saisies immobilières pour faire de l’abattage. Avec l’informatisation, de nombreux documents ont été, volontairement ou non, perdus Les imbroglios se sont multipliés : certains propriétaires se sont retrouvés face aux envoyés de deux ou trois banques différentes venus saisir leur bien, chaque banque prétendant détenir l’hypothèque, preuves à l’appui. C’est ici que toute l’affaire devient particulièrement nauséabonde : pour remédier aux problèmes posés par la perte de documents, de nombreuses banques, assistées par des avocats à la moralité plus que douteuse, ont produit des faux ou des pièces antidatées. Pire encore, en Floride, l’Etat a embauché des juges, le plus souvent retraités, pour constituer des tribunaux spéciaux particulièrement complaisants envers les « preuves » apportées par les banques. Des poursuites seront bientôt engagées au pénal, dans un pays où les sanctions peuvent être très lourdes. On évalue le risque pour les grandes banques à 700 milliards de dollars de pertes supplémentaires possibles, avec d’éventuels dommages et intérêts à verser pouvant atteindre 750 milliards de dollars.

la fraude aux taxes. La procédure MERS a permis aux banques de ne pas s’acquitter de taxes dues aux Etats ou aux municipalités, à chaque enregistrement de prêt ou modification. Le MERS devrait ainsi rembourser entre 60 et 120 milliards de dollars rien qu’à l’Etat de Californie. En tout, la fraude atteindrait plusieurs centaines de milliards de dollars.

la fraude aux MBS. Le système MERS a surtout été créé pour dissimuler ce qui se cache derrière les MBS, c’est-à-dire que de trop nombreux prêts ont été attribués à des familles incapables de rembourser. A ce stade, il ne s’agissait pas de prêts subprime, mais de prêts poubelles, quasi totalement fictifs. D’après des estimations objectives, plus de 30 % des MBS pourraient être frauduleux. Ici, quelques centaines de milliards de dollars seront en jeu lorsque les clients de MBS se retourneront contre les établissements financiers et exigeront d’eux de très lourdes réparations pour manœuvres frauduleuses.

On peut donc évaluer le risque total à environ 2000 milliards de dollars. Le risque est énorme alors que le gouvernement américain a déjà tiré presque toutes ses cartouches pour renflouer les banques casinos. Ici le choix est simple : abandonner les banques à leur propre sort, avec d’inéluctables faillites, ou faire fonctionner encore davantage la planche à billets électronique et provoquer l’hyperinflation, ou les deux réunis.

On voit combien cela touche la France, comme tous les pays du G20. « C’est l’économie mondiale, imbécile ! »


Cheminade2012 :
G20 : changer de système ou s’autodétruire


Voir les 3 commentaires

  • Asse42 • 05/11/2010 - 18:26

    Il n’y a donc qu’une chose à faire pour faire s’effondrer ce système injuste et débile : Refuser le crédit !

    Répondre à ce message

  • petite souris • 04/11/2010 - 11:50

    La connerie humaine est la seule pensée qui peut donner une vague idée de l’infini....

    C’est là son seul intérêt !!!

    Hou ! là ! là ! vite un morceau de fromage !

    Répondre à ce message

  • les Carnutes face à l’Empire • 03/11/2010 - 18:09

    bonjour,

    il semble qu’il manque (au moins) un alinéa à l’énumération des fraudes des banquiers US :
    La fraude pyramidale de Ponzi a consisté à vendre entre 3 et 20 fois la même dette adossée à une hypothèque titrisée sur les marchés sous forme de MBS, à destination des grands investisseurs bernés par les agences de notation et les cabinets d’audit.
    La valeur fictive inscrite dans les comptes s’élèverait à 45 000 milliards de dollars (aïe), auquels il faut retrancher les valeurs réelles des biens saisissables (peanuts).

    voir :
    http://les7duquebec.wordpress.com/2010/11/02/la-%c2%ab-crise-des-saisies-immobilieres-%c2%bb-ce-que-personne-nose-vous-dire/

    en clair, cette fois, c’est cuit.
    qu’en pensez-vous ?
    cordialement
    Phil

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Cet article vous parle ? Rejoignez-nous !

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard