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France-Russie : Alexeï Pouchkov en visite à Paris

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Alexei Pouchkov, président de la commission des affaires étrangères de la Douma d’Etat a été l’invité du Dialogue Franco-Russe le 15 avril.
Crédit : DFR

La France « est le dernier repaire de pensée relativement libre en Europe », a dit Alexeï Pouchkov d’entrée de jeu à une salle bien pleine réunie au Dialogue Franco-russe le 15 avril à l’occasion du déplacement du président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma à Paris.

Le matin M. Pouchkov avait participe à un petit-déjeuner a l’Assemblée nationale ou il put échanger avec des élus de tout le spectre politique, allant du souverainiste Jacques Myard au Front de Gauche, Jean Luc Mélenchon. Au Sénat, il a été également reçu par son homologue, l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Le 9 et le 10 avril, 17 élus français [1] avaient fait le voyage a Moscou à l’invitation de Serguei Narychkine, le président de la Douma, bravant l’interdit de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale.

La délégation était conduite par Thierry Mariani, membre de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale et co-président du Dialogue Franco-russe. Outre leur rencontre avec M. Narychkine, les élus français ont dialogué avec leurs contreparties russes lors d’un colloque sur l’« Avenir de l’Europe : réalités et perspectives », avant de se rendre au Conseil de la Fédération et de rencontrer les milieux d’affaires. Fin février, c’est le président du Sénat Gérard Larcher qui s’est rendu à Moscou pour des rencontres avec des députés et des sénateurs ainsi qu’avec Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères et Vladimir Poutine.

Au Dialogue Franco-russe, dans un français impeccable M. Pouchkov a souligné à quel point les relations franco-russes ont changé pour le mieux depuis les rencontres entre François Hollande et Vladimir Poutine d’abord à Vnoukovo, puis au Kazakhstan. Il évoqua un véritable « renouveau » des relations entre Paris et Moscou.

M Pouchkov nota à quel point les médias des pays comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne sont hostiles à la Russie. En France, elles ne le sont pas moins, a-t-il reconnu, mais cela n’affecte pas la classe politique qui est, au contraire, « prête à écouter » et « essaie de comprendre ». « Il existe un lien profond entre les deux pays », a-t-il souligné : la France est un pays qui non seulement ne veut pas « aggraver » la crise, mais qui « veut trouver des solutions ».

L’Europe est divisée, a-t-il souligné, notant qu’un groupe de pays qui inclut notamment le Royaume-Unie, la Suède, les pays baltes et d’autres sont « très alignés sur les États-Unis » alors que ceux qui se trouvent au cœur des décisions, comme la France ou l’Allemagne, pensent différemment.

Au cours de ses remarques principales et lors de la discussion qui a suivie, M. Pouchkov a passé en revue toutes les questions sensibles : l’Ukraine, la levée de l’embargo sur la livraison des missiles S-300 a l’Iran, l’élargissement de l’Otan à l’Est de l’Europe, la Grèce, les relations entre la Russie et l’Europe et l’Asie.

Paris et Berlin doivent faire pression sur Kiev

Concernant l’Ukraine, M. Pouchkov a exprimé sa crainte que Kiev rejette les accords de Minsk. Pas de façon « démonstrative » mais en choisissant une autre voie : celle de l’affrontement ou celle de l’envoi des casques bleus en Ukraine orientale. Il a qualifie cette dernière « d’assez dangereuse ». Car elle créerait « l’illusion » qu’une telle stratégie pourrait marcher alors qu’elle présuppose que les deux parties sont déjà d’accord pour départager les territoires. Or tel n’est pas le cas. Kiev veut d’abord rétablir son contrôle sur tout le pays.

Au Dialogue Franco-russe et ailleurs, il expliqua que Kiev a déjà violé les accords de Minsk, en votant une loi qui a renversé la séquence des événements établis par cet accord : d’abord l’octroi d’un statut spécial aux régions de l’est de l’Ukraine, puis un dialogue avec les militants de ces deux entités dites Républiques de l’est du pays, les élections, puis un statut final de ces Républiques. La loi votée par la Rada exige d’abord le rétablissement du contrôle par Kiev de l’ensemble du territoire, puis les élections et enfin, l’octroi d’un statut spécial pour les régions de l’est.

A une question de la salle demandant si le projet des casques bleus n’aurait pas l’avantage d’obliger les États-Unis, qui alimentent le parti de la guerre a Kiev, de rentrer dans un processus de négociation a l’ONU, M. Pouchkov expliqua que les États-Unis n’iront pas dans ce sens, car leur stratégie consiste a isoler la Russie et pour cela ils ont besoin de faire durer la crise. Il dénonça le parti de la guerre aux États-Unis qui veut armer Kiev : John McCain, Susan Rice, John Kerry.

C’est seulement l’opposition de l’Europe à ces projets de guerre qui aura un impact sur la stratégie de Washington, a-il-dit, notant que le voyage d’Angela Merkel à Washington et sa rencontre avec Obama pour exprimer son opposition au projet d’armer Kiev, avait sans doute joué un rôle dans la décision d’Obama de ne pas le faire. Pour le moment…

Enfin, M. Pouchkov dénonça la tentative de Kiev et de ses allies occidentaux, de vouloir créer une « nouvelle mythologie ukrainienne », en trouvant à l’Ukraine des origines égyptiennes et en réécrivant son histoire dans la seconde guerre mondiale, celle de l’OUN-UPA (l’Organisation des nationalistes ukrainien – Armée insurrectionnelle ukrainienne ») de Stépan Bandera, le collaborateur des nazis. M. Pouchkov faisait sans doute référence aux deux lois récemment votées par la Rada renvoyant dos à dos le nazisme et le communisme et réhabilitant cette organisation.

Au cours de son discours M Pouchkov a aussi cherché à répondre aux craintes des amis de la Russie en Europe, quand à une prétendue réorientation de la Russie entièrement vers l’Asie, lâchant l’Europe. La Russie n’oublie pas qu’elle est une puissance européenne, a-t-il dit en substance, mais comment parler d’un partenariat avec des pays européens qui ont vote les sanctions contre la Russie.

L’Iran, la Grèce…

Les questions ont aussi fusé sur la levée de l’embargo sur la livraison des missiles anti-aériens S-300 par la Russie à l’Iran. Comme lors des entretiens accordés à France24 et à Europe1, M. Pouchkov a noté qu’il s’agit là d’armes défensives, permettant a l’Iran non d’aller attaquer Israël mais de défendre son territoire. Il utilisa l’occasion pour rappeler la bonne volonté de la Russie sur cette question. C’est à la demande des États-Unis et d’autres pays occidentaux que la Russie avait accepté de sursoir à la livraison de ce contrat d’armes dans un contexte ou l’Iran était frappe par l’embargo de 2007 et pour ne pas compliquer la situation au Moyen Orient.

La Russie avait perdu 800 millions de dollars pour ce contrat déjà signe avec l’Iran, qui de plus a entrepris de procédures judiciaires pour préjudice, contre la Russie, pour 4 milliards de dollars. Et quelle a été la réponse des États-Unis à notre attitude conciliante ? Un coup d’État en Ukraine et l’éviction de la Russie du G8 ! Aujourd’hui la situation a changé : lorsque les sanctions contre l’Iran seront levées, d’ici la fin de l’année, plus rien ne s’oppose a la livraison de ce contrat.

Enfin, affirmant une fois de plus que la Russie ne tenait pas a prendre le contrôle d’une Ukraine dont les problèmes économiques sont abyssaux, il est revenu sur les relations de la Russie avec la Grèce au lendemain des visites de M. Tsipras et M. Kammenos a Moscou, en rapportant sa réponse à la question d’un députe français de droite : « Alors, vous allez nous prendre la Grèce ? » Il a répondu avec cette boutade « Non, nous ne voulons pas prendre la Grèce avec une dette de 323 milliards d’euros ! », tout en détaillant les propositions faites par la Russie a la Grèce pour participer au gazoduc qu’elle tente de mettre sur pieds avec la Turquie, la Slovaquie et d’autres pays !


[1Ont pris part à ce déplacement : Pascal ALLIZARD, Sénateur du Calvados ; Jean-Paul BACQUET, Député du Puy de Dôme ; Marie Françoise BECHTEL, Député de l’Aisne ; Jean BIZET, Sénateur de la Manche ; Valérie BOYER, Député des Bouches du Rhône ; Claude DE GANAY, Député du Loiret ; Nicolas DHUICQ, Député de l’Aube ; Claude GOASGUEN, Député de Paris ; Maurice LEROY, Député du Loir et Cher ; Thierry MARIANI, Député des Français de l’étranger ; Alain MARSAUD, Député des Français de l’étranger ; Philippe MEUNIER, Député du Rhône ; Jacques MYARD, Député des Yvelines ; Yves POZZO di BORGO, Député de Paris ; Patrice VERCHERE, Député du Rhône ; Philippe VITEL, Député du Var ; Michel VOISIN Député de l’Ain.

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Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

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Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

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Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

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