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François Heisbourg : larguons l’euro pour sauver l’UE !

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Tel est en essence le message de La fin du rêve européen, le nouveau livre de François Heisbourg qui vient de paraître aux éditions Stock.

Grand spécialiste des questions géostratégiques, l’auteur est le président de l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres et du Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP). Il est également conseiller spécial du président de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

A contrecourant des schémas binaires véhiculés par les grands média, l’auteur n’a rien d’un populiste malodorant et se définit comme un fédéraliste européen, partisan farouche de plus d’intégration.

Seulement, pour se doter d’une monnaie unique, comme Jacques Cheminade l’affirme depuis 2005, il faut disposer d’un minimum d’Etat et d’une banque centrale ayant le statut de prêteur en dernier ressort. Or jusqu’ici, cet Etat européen n’existe pas et la BCE n’a pas ce statut.

Aujourd’hui, constate Heisbourg, tout le débat européen se concentre sur « le sauvetage de l’euro », une monnaie qui a été sauvée à deux reprises, non pas par nos dirigeants, mais par Mario Draghi lorsqu’il annonça que l’institution de Francfort fera « tout ce qu’il faudra », c’est-à-dire arrosera sans condition les banques en difficulté. « Mais la situation ainsi créée n’est ni économiquement ni politiquement viable », écrit François Heisbourg.

Car,

faute d’un soubassement politique solide et d’institutions robustes, l’euro continue d’aggraver les déséquilibres entre États du Nord et du Sud, compromettant à terme sa propre survie. Les conditions même de son sauvetage accentuent les divergences entre les États membres de l’Union, nourrissent les populismes et le repli sur soi, et renforcent le rejet d’un rêve européen qui vire au cauchemar. La sécurité, la prospérité, les valeurs démocratiques dont était porteuse la construction européenne des pères fondateurs de l’immédiat après-guerre sont compromises, mettant en cause la raison d’être de l’Union européenne.

Déjà, le Royaume-Uni a annoncé qu’il organisera dans les trois années qui viennent un référendum sur son appartenance à l’Union européenne.

Pourtant, précise Heisbourg, la fin de l’UE serait une catastrophe qui doit être évitée, faute d’alternatives acceptables. Mais pour ce faire, il va falloir reculer pour mieux sauter : en profitant de l’actuelle accalmie, le temps n’est-il pas venu de mettre entre parenthèses l’aventure malheureuse qu’a été le lancement prématuré de l’euro ? Partant de là, ne pourrait-on relancer à partir d’une structure démocratique saine le débat sur l’intégration politique et économique de l’Union européenne, processus au terme duquel la monnaie unique serait rétablie sur des bases durables ?

Dans l’immédiat, Heisbourg conseille de démonétiser l’euro et de remplacer la monnaie unique par des monnaies nationales. Techniquement, ce n’est pas plus difficile que ce qu’a fait le Brésil en 1994. [1]

Mais cela suppose une décision « politique » de l’Allemagne et de la France en liaison avec la BCE, et la mise en place de mesures d’urgence (gel de l’utilisation des billets de 500 euros, contrôle de capitaux…). Certes le « choc initial » serait majeur, mais il permettrait à chaque Etat de « se délester des déséquilibres financiers massifs déclenchés par la création de l’euro sans gouvernement fédéral ».

Mieux vaut donc s’y prendre tout de suite et d’une façon organisée lors d’un weekend tranquille d’automne, avant de devoir le gérer en urgence quand la marmite explosera.

Sans partager ses convictions fédéralistes, saluons le sens des réalités d’un auteur dont les propos devraient inspirer en particulier le sommet de l’Etat français.


[1En juin 1993, l’inflation brésilienne avoisinait les 30 % par mois. Avec un nouveau plan de stabilisation, le gouvernement cherchait alors à corriger la situation en synchronisant tous les mécanismes d’indexation dans l’économie. A cette fin fut créée une nouvelle unité de compte, l’URV (Unidade Real de Valor ou Unité de valeur réelle). La Banque centrale publiait quotidiennement un taux de conversion entre l’URV et la monnaie en cours à l’époque, le cruzeiro real. Les prix, les salaires et les contrats furent convertis en URV entre mars et juin 1994, sur la base d’un taux moyen calculé sur la période allant de novembre 1993 à février 1994. Ancrés sur l’URV, les prix furent rapidement alignés. Ce qui permit ultérieurement de remplacer l’URV par un ancrage du taux de change. En juillet 1994, une réforme monétaire entra en vigueur. Une nouvelle monnaie fut instituée, le real, dont la valeur correspondait à celle de l’URV. (Extrait d’une étude de l’OCDE)

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  • petite souris • 07/11/2013 - 22:56

    "la fin de l’UE serait une catastrophe qui doit être évitée, faute d’alternatives acceptables"
    En un mot l’europe doit être fédérale puisque l’europe des états nation est par essence un possible inacceptable !!!!
    alors ?
    on fait quoi ?
    ces gens d’en haut ayant décidé que seule l’europe fédérale devait exister à la manière des USA sans même réfléchir au fait que les stètes et les pays d’europe ne sont en rien comparables puisque leur histoire est totalement différente les stètes se sont construits grâce à des hommes venus d’europe pour fuir la misère et la disette ...........comme qui dirait comme maintenant !

    Répondre à ce message

  • oui • 28/10/2013 - 13:16

    On pourrait effectivement regarder cette tentative de sauvetage de cette europe fascho en perdition apparente, comme la tentative d’ un renflouement pathétique afin que ne sombre pas avec elle, et pour un certain temps, la jetée euroatlantique mondialiste. Ce n’est pas maintenant qu’il fallait y penser.
    Car,qu’est-ce qui nous préserverait à l’avenir de son retour ? Sûrement pas les fantômes des disparus d’hier et encore moins les lymphomes des corrompus d’aujourd’hui.
    Plus loin, ce serait l’humanité qui serait dans un cul de sac existensialiste, face à sa face.

    Répondre à ce message

  • Eric • 27/10/2013 - 20:52

    "Les conditions même de son sauvetage accentuent les divergences entre les États membres de l’Union, nourrissent les populismes et le repli sur soi,..."
    C’est faire preuve d’outrecuidance que de taxer les démocrates de populistes, car l’entrée ou non d’un pays dans l’Union européenne devrait être le résultat d’un référendum d’initiative citoyenne et non être décidée par une pseudo-élite qui conduit l’humanité vers sa disparition très prématurée. François Heisbourg fait bien sûr partie de cette pseudo-élite.

    Répondre à ce message

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La politique de en vidéo

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La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

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a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

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Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

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S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

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