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Face à l’arrogance d’Obama et de Wall Street, Glass-Steagall relève la tête

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La député démocrate Maxine Waters (à gauche) et la sénatrice Elizabeth Warren s’interrogent : n’est-il pas étrange qu’Obama et Jamie Dimon (Pdg de JP Morgan Chase) téléphonent aux élus pour qu’ils votent une loi offrant un chèque en blanc à la finance folle ?
Crédit : AP

L’adoption la semaine dernière de la nouvelle loi des finances 2015 (Omnibus Budget Bill, d’un montant de 1014 milliards de dollars), a donné lieu à l’émergence d’un début de fronde chez les élus républicains et démocrates contre la Maison Blanche et le monde financier.

Pris en otage par leurs propres manœuvres et par le lobby bancaire, les élus se sont retrouvés le dos au mur : si la loi était rejetée, le pays aurait été de nouveau paralysé. La loi a donc été votée jeudi à la Chambre des représentants (219 voix contre 206) et samedi au Sénat (56 voix contre 40). Si le scrutin a été aussi serré, c’est le fait qu’un minuscule amendement très particulier, introduit à la dernière minute par Obama et les Républicains, a mis le feu aux poudres.

Rappelons qu’en vertu de la fameuse « réforme financière » Dodd-Frank de 2010, les banques étaient sommées d’organiser en leur sein le cantonnement de certaines de leurs transactions sur les produits dérivés (notamment les « Credit default swaps », CDS) dans des entités distinctes (article 716 ou Swaps Pushout Rule). Contrairement aux dépôts et à l’épargne, les CDS n’auraient plus été assurés par le fonds des garanties qui assure les banques commerciales, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). Ce dispositif visait à éviter que l’argent du contribuable soit utilisé pour subventionner ces opérations spéculatives, qui sont à l’origine de l’énorme bulle spéculative qui plane aujourd’hui sur l’ensemble du système financier mondial.

La loi Dodd-Frank étant une vaste usine à gaz manquant cruellement de décrets d’application, les banques ont bagarré dur pour ne jamais devoir se soumettre à cette règle. En janvier 2013, elles avaient d’ailleurs obtenu deux années supplémentaires pour se mettre en conformité avec la loi. Or, avec le vote de la semaine dernière, l’article 716 (considéré la seule chose importante dans la réforme), est tout simplement abrogé !

Si une petite majorité a voté la loi, une large minorité des élus ne cache pas sa fureur. Au total, 139 démocrates ont voté contre, soit deux sur trois ! Et chez les républicains, la proportion est également significative. « Les Américains ne nous ont pas élus pour défendre Citigroup », a tonné Elizabeth Warren, la sénatrice démocrate du Massachusetts qui incarne l’aile gauche du parti. « Cet amendement a été introduit par des lobbyistes de Citigroup, je veux dire que c’est littéralement eux qui l’ont rédigé », a révélé Warren à la chaîne MSNBC. Rien que le fait qu’une banque géante comme Citigroup puisse prendre le peuple et ses élus en otage démontre bien qu’il faut réduire d’urgence la taille de ces mégabanques. Certes, Dodd-Frank n’est pas parfait, mais si on défait cette loi, faisons-le pour faire une régulation plus stricte du type Glass-Steagall et non pas plus molle, a martelé la sénatrice.

Cette mesure « met une fois de plus en péril nos maisons, nos emplois et notre épargne-retraite », a ajouté la représentante de Californie Maxine Waters, chef de file des démocrates au sein de la Commission des services financiers de la Chambre. « Nous n’allons pas voter pour une loi qui donne toute la boutique aux plus grandes banques américaines ! », a-t-elle précisé. Même la chef de la minorité démocrate, Nancy Pelosi, d’habitude si docile, s’est dite « atterrée » et a voté contre, malgré un lobbying forcené de la Maison Blanche.

Obama s’allie à Wall Street

Barack Obama lui-même, tout comme le vice-président Biden, ont décroché leur téléphone pour tenter de convaincre les démocrates que la loi était le meilleur compromis possible à ce stade. Obama a également dépêché son bras droit, Denis McDonough, au Capitole pour une confrontation tumultueuse avec le groupe démocrate dans la soirée. (McDonough était aussi sur la rampe pour convaincre la sénatrice Diane Feinstein de ne pas rendre public le rapport du Sénat sur la torture de la CIA…)

Le grand patron de la banque JP Morgan Chase Jamie Dimon était lui aussi accroché à son téléphone pour appeler directement les élus. La collusion d’Obama avec Dimon, « cela nous dit quoi ? » s’est interrogée Maxine Waters. « C’est quand même étrange que tous deux se soient démenés pour faire voter cette loi ».

La bonne nouvelle, c’est la perspective d’un vrai retour à Glass-Steagall comme le préconisent depuis très longtemps l’économiste américain Lyndon LaRouche aux Etats-Unis et Jacques Cheminade en France. Car, en effet, l’existence même de l’article 716 dans la loi Dodd-Frank a retenu bon nombre d’élus d’apporter leur soutien au « Glass-Steagall Act du XXIe siècle », le projet de loi introduit par Elizabeth Warren en faveur d’une vraie séparation bancaire et opérant le démantèlement des banques « too big to fail » (trop gros pour faire faillite).

Comme le disait la députée Jan Schakowsky : « We are living another Glass-Steagall moment ! » (nous vivons un nouveau moment historique de Glass-Steagall).

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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