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Glaziev : face aux sanctions, la Russie prépare sa mobilisation économique

La rédaction
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L’économiste russe Sergueï Glaziev est en contact avec l’économiste américain Lyndon LaRouche depuis plusieurs années. Il est aujourd’hui conseiller du Président russe pour l’Intégration économique régionale.
Crédit : Ria Novosti

Sergueï Glaziev, l’un des économistes russes les plus talentueux, conseiller important aujourd’hui auprès de Vladimir Poutine, a déclaré à Bloomberg le 9 août que la Russie répondra à l’escalade des sanctions et à la guerre économique déclarée par les États-Unis et par l’Europe contre la Russie, en renforçant sa production nationale et son autosuffisance et en créant « un système monétaire souverain... permettant de soutenir le progrès dans la science et la technologie ».

Dans l’entretien publié par Bloomberg sous le titre « Une guerre mondiale dans la pensée russe, un duel pour l’Ukraine selon les USA », Glaziev présente clairement la réorientation en cours de la Russie vers ce que nous pourrons appeler à juste titre une « économie de guerre », avec comme orientation centrale la science et la technologie avancée en tant que moteurs de développement de son économie physique. En tant que tel, ce projet neutralise, en effet, les scénarios cauchemardesques que font circuler depuis quelques jours des tueurs à gages politiques de l’Empire britannique et leur valet Obama, tels que Wolfgang Munchau du Financial Times ou Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph. Ceux-ci ont appelé à « écraser l’économie russe en plusieurs semaines », en lui niant tout accès aux systèmes de paiement internationaux, acte équivalant aux « bombes atomiques de la guerre financière ».

Glaziev a déclaré à Bloomberg : « Tâche N°1 : bloquer ces menaces contre notre sécurité économique qui nous viennent des États-Unis, les neutraliser en réduisant la dépendance de notre activité économique extérieure, aujourd’hui à la merci des politiciens américains dont l’agressivité menace le monde entier. »

Ce qui pourrait constituer notre principale riposte est la mise en œuvre d’un plan de développement à marche forcée de l’économie russe fondé sur un nouvel ordre technologique. Ce projet inclut une transition vers un nouveau système monétaire national, fondé sur des sources de crédit intérieures, une politique active d’innovation et un soutien au progrès dans la science et la technologie.

Selon Glaziev, ajouta Bloomberg, « afin de protéger son économie, la Russie devrait abandonner l’utilisation du dollar US comme monnaie de réserve. La Russie, dont les réserves internationales sont les cinquièmes du monde, a besoin de diversifier ses avoirs, en y incluant le yuan chinois, la roupie indienne et le réal brésilien.

Glaziev, rapporte encore Bloomberg, souligne l’importance pour la Russie d’une coopération économique avec la Chine, notant que « les États-Unis essaient de se renforcer aux dépens des autres, faisant obstruction à l’intégration eurasiatique et mettant en échec l’influence de la Chine. » Glaziev « perçoit le monde comme allant vers la guerre. Une guerre est menée contre la Russie, avec des sanctions économiques et des conflits militaires déboulant depuis l’Ukraine jusqu’à l’Irak. » Glaziev dénonce dans cette « série de guerres régionales », la volonté des États-Unis « de s’assurer le contrôle de toute l’Eurasie du Nord », afin de « renforcer sa position contre la Chine. »

Cette tentative se « retournera » contre eux, prédit Glaziev, pour qui les Occidentaux pourraient perdre jusqu’à 1300 milliards de dollars. Ceci inclut, selon l’économiste, la faillite possible de plusieurs banques et compagnies européennes, la hausse des prix de l’énergie, les pertes de compétitivité. « Les pertes rien que pour l’Allemagne pourraient atteindre 250 milliards d’euros, alors que les trois pays baltes seraient poussés au bord de la ‘catastrophe économique’  », a-t-il dit, « ajoutant que la Lituanie et la Lettonie perdraient l’équivalent de la moitié de toute leur production économique, et que les coûts pour l’Estonie atteindraient 50% de plus que son PIB ».

Bloomberg note que les mesures lancées par les États-Unis et l’Union Européenne contre la Russie, « ont fait à peine plus que durcir la mentalité d’assiégé du Kremlin, poussant des conseillers controversés comme Glaziev à l’avant plan dans le face à face de Poutine contre les adversaires de la guerre froide d’autrefois. » Sa stratégie consiste à construire des ponts avec la communauté internationale pour maîtriser un « leadership politique américain agressif, et paranoïaque ».

Voir les 3 commentaires

  • petite souris • 15/08/2014 - 15:21

    les stètes feraient mieux de s’occuper de leurs populations : près de 50 millions en dessous du seuil de pauvreté
    les stètes feraient mieux de développer leur pays (c’est alors par leur exemple qu’ils pourraient devenir les maitres du monde mais pas par le force aveugle destructrice et stupide) en faisant reverdir en développant ce désert qui coupe leur pays en deux et qui donnerait du travail à tous par le projet Nawapa que Kennedy voulait mettre en place ....
    les stètes devraient s’arrêter d’agir soit disant au nom de la démocratie en démantelant le mur qu’ils construisent à la frontière mexicaine en quittant les pays où ils interviennent militairement pour les détruire pour 100 ans en massacrant des civils en détruisant leurs culture et religion pour mieux les voler
    leur exemple de haine de pouvoir sans humanité de position de monopole dominant par leurs multinationales est le contre exemple de la vie et du futur ils sont dans un registre de mort et de non futur .............
    heureusement que Poutine est là avec les Brics
    heureusement que Lyn, Helga Jacques sont là : la dignité humaine et la volonté d’agir pour le bien commun avec les yeux du futur a donc un avenir !

    Répondre à ce message

  • Christine Bierre • 12/08/2014 - 19:07

    Bonjour,
    Poutine est un homme intelligent qui connaît toute la richesse culturelle et économique des pays occidentaux. Il tentera de les secouer pour qu’ils se libèrent du joug de leur propre oligarchie, qui est en train de les piller jusqu’à la moelle.
    Ensuite, comme tout bon général, et c’est aussi le cas de Xi Jinping en Chine, ils avanceront avec un plan de paix, pour gagner les meilleurs éléments chez l’ennemi et chez ceux qui pourraient le rejoindre, à une politique de paix par le développement mutuel. Xi Jinping l’a fait remarquablement lors de son récent voyage en Europe.
    Si malgré tout, il faut que les armes parlent... Mais nous n’en sommes pas encore là, il y a encore le temps d’agir. Il ne faut surtout pas rester aux "pensées pas très agréables"...

    Répondre à ce message

  • michel49 • 12/08/2014 - 09:29

    Il est certain que les USA ne conçoivent qu’un seul modele de relations internationales, celui de maître à esclaves ; ce concept est tres etranger au mode de pensée russe qui commence, semble-t-il, à en prendre seulement conscience.
    M.Glaziev en tirera-t-il les conclusions, à savoir qu’aucune paix ne sera jamais possible avec cet empire, hors sa disparition, ce qui supposer de passer de la defensive à l’offensive.
    Ce n’est evidemment pas une pensée tres agreable.

    Répondre à ce message

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La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

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Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
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et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

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