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Grèce : la Troïka inflige une politique de « terre brûlée »

La rédaction

Pour mieux comprendre pourquoi certains pays sont de plus en plus récalcitrants à rejoindre le « cadavre » de l’UE, voici un éclairage sur la Grèce, sous la forme d’un court extrait d’un entretien avec un observateur averti de la société grecque, qui préfère garder l’anonymat. Rappelons que les conditions rapportés ci-dessous sont les conséquences de politiques adoptées à coup de gaz lacrymogènes, en 2012, lorsque les autorités européennes sommaient le gouvernement grec de faire tout le nécessaire pour dégager les manifestants de la place Syntagma à Athènes, en 2011 ainsi qu’en février 2012.

Quelle est la situation économique ?

L’effondrement total de la structure de l’emploi – notamment l’effondrement du marché du travail – a créé un chaos social sans précédent en Grèce. Aujourd’hui, 10 % de la population ne bénéficie d’aucune aide sociale, c’est la pauvreté absolue. Bien que les gens ne soient pas complètement exclus du marché du travail, ils survivent en dehors de toute structure d’aide institutionnelle ou sociale, qu’elle soit locale ou gouvernementale. C’est un phénomène nouveau. En même temps, le nombre d’emplois a beaucoup baissé, plus d’un million de personnes ont perdu leur travail en un laps de temps très bref, sans aucun moyen pour y faire face, à part une aide de l’Eglise qui fournit des abris mais surtout de la nourriture, en association avec d’autres agences qui auparavant étaient en conflit avec elle, en tant qu’organisation ecclésiastique et non civile.

Quel impact sur la santé ?

Plus de deux millions de personnes, y compris des enfants, n’ont pas d’assurance maladie. La plupart d’entre eux sont à leur propre compte ou employés de PME qui licencient ou ferment à cause d’un système fiscal erratique. La fiscalité a changé au moins six fois en trois ans, c’est un système très instable. De plus, on ne sait pas très bien où va l’argent. Ce que l’on sait, c’est qu’il sort du pays pour payer la dette exorbitante. De toute évidence, les ressources sont drainées par le système fiscal et le surplus quitte le pays. Cette année, plus de 7 milliards d’euros iront payer rien que les intérêts de la dette. L’aide aux plus faibles et aux handicapés est réduite au strict minimum. Conséquence : des institutions psychiatriques ou autres institutions spécialisées, qui ont résisté pendant 150 ans, sont aujourd’hui en voie d’être fermées parce que le gouvernement les taxe lourdement avec qu’on appelle des « contributions volontaires » pour les besoins spéciaux. La crise frappe particulièrement les enfants, dont le taux de pauvreté est passé de 24 à 30 % en trois ans. Nous avons une pauvreté de masse, qui se voit notamment dans les écoles, avec des enfants qui ont du mal à se nourrir. Nous avons le lait le plus cher d’Europe : 33 % d’augmentation en trois ans !

La plupart des gens croient que l’on applique de simples mesures d’austérité pour réduire le déficit budgétaire…

C’est logique, mais ce n’est pas la réalité, parce que normalement, quand vous avez un plan de restructuration, vous appliquez aussi l’alternative. Ici, on nous dit qu’il n’y aucune alternative, sinon l’austérité. Comme résultat, on assiste à un exode des jeunes et des personnels qualifiés et à une marginalisation de secteurs entiers de la population. Comment peut-on abandonner des enfants, les taxer, taxer les aides au chômage ? Ne sait-on pas ce que cela implique de vivre ainsi ? Comment arrive-t-on à un si faible pourcentage de personnes touchant le chômage, et pourquoi l’Etat ne parvient-il pas à être cohérent sur qui travaille et ne travaille pas ? Il y a un demi-million de personnes qui travaillent et qui ne sont pas payées.

(…) Quel est le minimum requis pour faire tourner le système ? On a besoin qu’un minimum de services généraux soit fourni. Pour la pauvreté des enfants, par exemple : ils doivent être couverts en matière de santé, on doit garantir qu’ils aillent à l’école. Il y a des droits humains de base comme la nourriture, le logement.

(…) Comment la suspension de ces droits peut-elle être rationalisée comme une chose temporaire dans le but de remplir des exigences d’austérité ? C’est métaphysique. « J’arrête de manger pendant trois ans pour quoi faire ? Est-ce que j’épargne en arrêtant de manger ? » La dépendance de la Grèce en termes d’importations de nourriture se poursuit. Les mesures de la Troïka ont accru les inégalités sociales dans le pays, elles ont creusé l’écart entre ceux qui possèdent et ceux qui n’ont rien.

Basculement dans la clandestinité

(…) La classe moyenne est surtaxée et une grande partie de la population, marginalisée. Afin de satisfaire ses besoins, elle succombe aux sirènes de groupes politiques alternatifs qui se définissent clairement comme des nazis, parce qu’ils leur offrent un soutien moral ou symbolique dans leur vie quotidienne. La rupture totale des protections de l’Etat finit par créer une économie parallèle (…) Il peut s’agir de gangs souterrains criminels, dans la prostitution, la drogue, la sécurité privée, qui se sont répandus à un niveau sans précédent.

Relancer la production

(…) Il n’y a jamais eu de campagne en Europe, par exemple, pour encourager les populations à acheter les produits grecs ; ils disent que les Grecs sont paresseux. Pourtant nous produisons beaucoup de bonnes choses, mais il n’y a pas de marché pour nos produits en Europe. Pourquoi ? Comment peut-on emprunter continuellement sans exporter, ou sans un marché touristique rentable ? La plupart des choses que les touristes consomment en Grèce proviennent de l’étranger.

(…) Le manque de formation professionnelle a créé chez nous une situation particulière, où le pays est devenu un producteur de biens non finis, qui reviennent ensuite de l’étranger sous forme de produits finis. Nous ne transformons rien réellement. Près de 80 % de notre production agricole – coton, tabac, oranges – est exportée. Beaucoup de notre production alimentaire, pourtant suffisante pour le marché national, n’est pas disponible sur le marché dans les grandes villes, car elle est exportée et réimportée…

(…) Certains secteurs s’en sortent, mais ce sont des exceptions. C’est l’insécurité totale. Tout le monde se sent en danger, à cause de l’effondrement du système de santé. Il n’y a pas que les retraités. Quelle société au monde, quel que soit son système, ne souhaite pas une stabilité élémentaire ? En Grèce, ce n’est pas le fascisme que nous avons. Cela va au-delà : même un système dictatorial tente de maintenir les bases de son fonctionnement. Mais aujourd’hui, quand il s’agit de définir le système, tout le monde est déboussolé parce que nous ne savons pas ce qu’il est (…) Je ne sais pas qui est gagnant, mais certainement pas les Grecs !

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  • Eric • 12/12/2013 - 20:41

    Il est incompréhensible que les Grecs ne se révoltent pas. Sont-ils masochistes ? Ils pourraient prendre d’assaut le parlement et décréter l’instauration de la Démocratie. L’Etat grec cesserait alors de rembourser sa dette odieuse puisque le peuple grec voterait très majoritairement pour son non remboursement. Je rappelle qu’Athènes fut une Démocratie pendant deux siècles à partir du VIe siècle avant J.-C.

    Répondre à ce message

  • petite souris • 12/12/2013 - 22:56

    Après la Grèce, ce sera le Portugal .....
    Les contours de l’europe du sud seront donc détruits .....
    L’Espagne est redevenue une dictature puisque manifester est puni de prison !
    L’Angleterre est une île .....
    L’Allemagne veut nous imposer sa façon de vivre et de "travailler"
    L’Italie se décompose
    ........................
    La France s’écroulera ! ce sera le changement .............

    Répondre à ce message

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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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