Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

15 novembre - 17 novembre : A la juste colère des gilets jaunes Lire 15 novembre - Le Plan en Chine, une idée neuve pour la France ? Lire 15 novembre - Jean-Christophe Vautrin : L’histoire chinoise des Routes de la soie Lire
AccueilActualité

Jean Peyrelevade et la réforme bancaire, le choix de la défaite

Alors qu’en France tous les partisans d’un retour à une séparation stricte entre banques commerciales (dépôts, crédit, système de paiement) et banques d’investissement (marchés, dérivés, titrisations, etc.), s’accordent à considérer insuffisant le projet de réforme bancaire présenté le 19 décembre par Pierre Moscovici en Conseil des ministres et se mobilisent contre lui, Jean Peyrelevade, dans une interview accordée à l’hebdomadaire Le Point, a fait savoir que « c’est un bon début, car il commence à appliquer le principe de séparation des activités bancaires ».

Fausse séparation bancaire

Quand le journaliste rappelle que le maintien des activités de marché « utiles à l’économie dans la banque universelle permet en fait de garder la plupart des activités de marché en dehors de la filiale », Peyrelevade rétorque que « ce qui est important, c’est que le mouvement ait été lancé. Il sera par la suite facile aux autorités de rajouter des activités dans la filiale séparée. Il n’est même pas sûr qu’il y ait besoin d’une nouvelle loi. Il faut seulement s’assurer que la cloison soit étanche, c’est-à-dire qu’il ne faut pas que la filiale puisse être refinancée par le reste de l’établissement ».

On croît rêver ! Alors que Peyrelevade, président du Conseil de surveillance de la banque d’affaires Leonardo & Co et ancien président du Crédit lyonnais, se dit par ailleurs partisan de la séparation stricte de type Glass-Steagall Act, il est en fait favorable à un compromis laissant les poules et les renards dans le même poulailler ! Là où il faudrait renvoyer les renards de la finance dans leur forêt, Peyrelevade cherche à négocier avec Moscovici une meilleure cohabitation entre les prédateurs et leurs proies sous un même toit.

Si certains experts sont prêts à tout pour éviter que la politique et le peuple se mêlent de ce qu’ils considèrent à tort comme leur affaire, précisons que pour Franklin Roosevelt, comme pour nous aujourd’hui, le retour au principe de séparation stricte dépasse de très loin le concept d’une simple « régulation » permettant de « protéger » l’argent des déposants.

Roosevelt, après le Banking Act de 1933 dont le Glass-Steagall faisait partie, a lancé le New Deal, c’est-à-dire une politique ambitieuse de mobilisation industrielle, de formation et de plein emploi. Or, prôner la survie de l’euro grâce à l’austérité et la modération salariale comme le fait M. Peyrelevade, n’est pas compatible avec un vrai Glass-Steagall.

Même la séparation stricte ne suffit pas

Si Glass-Steagall n’est pas complété par un « nouveau Bretton Woods », c’est-à-dire un nouvel ordre économique mondial plus juste, son effet sera insuffisant pour nous sortir de la crise. Car ce qu’on oublie, c’est que depuis 1957 (Marché de l’eurodollar, création des paradis fiscaux), 1971 (fin de la convertibilité or/dollar et des parités stables entre devises), 1973 (interdiction pour l’Etat français d’émettre son propre crédit) et 1986 (« Big bang » de la dérégulation de Londres), les banques d’affaires ont façonné les marchés financiers mondiaux à leur guise. Le Glass-Steagall sera donc mondial ou ne sera pas !

Ainsi, retourner à un vrai Glass-Steagall doit servir de levier pour :

  1. Conduire au grand jour une enquête parlementaire sur les errements d’une finance qui a sombré dans la corruption et la délinquance (manipulation du Libor, blanchiment d’argent sale, emprunts toxiques, etc.)
  2. Libérer nos Etats du monopole des banques privées en retournant à un système de « crédit productif public » mis en œuvre par une concertation entre banques et monnaies nationales.
  3. Retourner à une politique de grands travaux dans les secteurs de pointe valorisant le potentiel créateur de nos populations : nucléaire, espace, transports à grande vitesse, infrastructures, biotechnologies, recherche et développement.

Ajoutons à cela que, contrairement à ce que vient de déclarer André Lévy-Lang, l’ancien président du directoire de la banque d’affaires Paribas, il existe bel et bien des forces majeures aux Etats-Unis disposées à engager une vraie réforme bancaire séparant les banques commerciales des banques d’affaires (Ce jeudi, une proposition de loi vient d’être déposée par la démocrate Marcy Kaptur et le républicain Walter Jones (La House Resolution 129 qui remplace dorénavant la HR 1489).

Pour conclure, on pourrait dire que les spéculateurs ont raison quand ils accusent les partisans de Glass-Steagall de vouloir « revenir 20 ans en arrière ». Rappelons tout de même qu’il s’agit des Trente glorieuses de l’époque De Gaulle/Kennedy, où nos économies connaissaient des taux de croissance (et non factices) de 3 à 5%, où l’on manquait de main d’œuvre en France et où l’homme pensait explorer l’espace.

On peut donc penser, dans le cas de M. Peyrelevade, qui nous confia un jour qu’il était « pour Glass-Steagall, mais sans Cheminade », que refuser de revenir sur ses pas quand on a fait fausse route, c’est faire le choix de la défaite. Marc Bloch a, en son temps, expliqué comment on en avait fait le choix.

Un message, un commentaire ?


form pet message commentaire
Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

  • petite souris • 09/01/2013 - 16:48

    ........et que fait le gouvernement ?

    Répondre à ce message

  • Eric • 05/01/2013 - 21:01

    "... où nos économies connaissaient des taux de croissance (et non factices) de 3 à 5%,..."
    Dans le cadre de la véritable économie, c’est-à-dire de l’économie non monétaire, de l’économie au sens étymologique du terme ("gestion de la maison"), bref de l’économie basée sur les ressources, le taux de croissance sera (soyons optimistes) nul car on gèrera les ressources non renouvelables de la terre d’une façon intelligente au moyen, notamment, de la cybernétique, ce qui n’empêchera pas le plein emploi car c’est le système monétaire qui crée le chômage.
    Je vous invite à lire l’article suivant qui vous prouvera qu’une "économie" de croissance est pure folie : "Quand le monde manquera de métaux" :
    http://www.bastamag.net/article2635.html

    Répondre à ce message

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Vous souhaitez aider ? Adhérer, faire un virement mensuel, participer à un stand militant ? Prenez contact avec nous.

Le crédit public contre le simulacre de réforme bancaire

5 janvier 2013
Orientation stratégique
Le crédit public contre le simulacre de réforme bancaire

Faisons de 2013 l’année du Glass-Steagall !

3 janvier 2013
Actualité
Faisons de 2013 l’année du Glass-Steagall !

Réforme bancaire : S&P présente son propre projet aux députés !

19 novembre 2012
Nos actions
Réforme bancaire : S&P présente son propre projet aux députés !

Congrès US : un projet de loi pour rétablir Glass-Steagall !

5 janvier 2013
Actualité
Congrès US : un projet de loi pour rétablir Glass-Steagall !

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard