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La Catalogne, ballon d’essai pour la gestion du chaos qui vient ?

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Le 6 octobre 2017, Ekaterina Blinova de l’agence de presse russe Sputnik International s’est entretenue avec Karel Vereycken sur les enjeux et les conséquences du référendum catalan.

Militant politique, Karel Vereycken est vice-président de S&P et rédacteur du mensuel Nouvelle Solidarité. Fondateur d’Agora Erasmus en Belgique, il est également l’auteur de plusieurs articles sur les origines du séparatisme. Extraits.

La flambée séparatiste frappant aussi bien l’Irak que l’Espagne fait peut-être parti d’un plan plus vaste visant à « balkaniser » l’Europe et le Moyen-Orient. C’est la question posée par le vice-président de Solidarité & Progrès Karel Vereycken qui se réfère au projet de Léopold Kohr visant à « cantonaliser » les pays européens en une myriade de mini-Etats autogouvernés.

Le référendum catalan du 1er octobre provoque des tensions considérables en Espagne. « Madrid est en mode panique. La Banque d’Espagne, dans son rapport de septembre, rappelle que l’Etat espagnol a injecté 54,3 milliards d’euros d’argent public dans son système bancaire vérolé. Jusqu’ici, seulement 3,8 milliards ont été remboursés par les banques. L’Etat espère récupérer quelques dix milliards supplémentaires. Cependant, la note est salée car c’est bien 40 milliards d’euros du contribuable qui seront engloutis par le renflouement de banques en faillite uniquement pour sauver le système euro », s’inquiète Vereycken.

Dans ces circonstances, la perspective que la Catalogne, qui, d’après les chiffres de 2016, représente 19% du PIB espagnol, « quitte » le pays et récolte ses propres impôts comme le font déjà les Basques, représente un cauchemar pour Madrid.

Si les Catalans annoncent que 90,18% des électeurs ont voté « pour l’indépendance », il est totalement impossible, pour tout démocrate honnête, de reconnaitre la validité du résultat. En effet, le référendum du 1er octobre s’est déroulé dans des conditions chaotiques : présence irrégulière des urnes, happening dans la rue, non-vérification des identités des électeurs, forte présence de la police, intimidations des indépendantistes, etc..,

Madrid aurait sans doute dû trouver un moyen d’organiser un référendum local à titre consultatif permettant de connaître l’avis des Catalans. Sa mise en place en Ecosse a conduit à une défaite des sécessionnistes. Et si vraiment la majorité des Catalans désiraient partir, leur départ aurait pu s’organiser pacifiquement à la manière du « divorce de velours » entre la République Tchèque et la Slovaquie en 1993.

« Ce à quoi nous assistons en Espagne, est sans doute quelque chose de très différent. Car, au-delà des égos et des calculs des politiciens locaux, le ‘timing’ de ce qui arrive en Catalogne, me fait croire qu’il s’agit d’un ballon d’essai d’un nouveau mode de gestion du chaos organisé à partir du haut »
, précise Vereycken.

Vereycken fait ici allusion au livre intitulé The Breakdown of Nations publié par l’économiste autrichien Léopold Kohr, un protégé de Winston Churchill.

Pour Kohr, le morcellement des grands Etats-Nations en petites entités étaient la seule façon de briser les résistances à un super Etat européen. Dès 1941, Kohr préconisait que l’Allemagne, la France, l’Italie, la Russie et d’autres pays soient « cantonalisés ».

Vereycken craint qu’on assiste actuellement à la mise en œuvre de ce plan :

Pour le noyau dur des Européistes, les grands Etats-nations européens doivent être découpés en entités d’environs 5 à 8 millions d’habitants. C’est comme cela qu’on fera accepter à la population européenne l’idée d’un Etat supranational. Cela correspond à la taille de la Catalogne, des Flandres, de l’Ecosse, de la Lombardie, etc.

A l’origine, le plan d’une Europe fondée sur des entités ethnico-culturelles « pures » figuraient dans les plans d’Adolf Hitler. Étonnamment, cette idée fut reprise par Churchill et les Britanniques dans l’après-guerre.

« Ils voulaient casser le dos du général De Gaulle qui s’opposait à une Europe fédérale composée de ‘régions’ et défendait une ‘Europe de l’Atlantique à l’Oural’, c’est-à-dire une alliance et une coopération d’Etat-nations souverains », souligne Vereycken.

« Pour leur part, les Britanniques cherchaient, par leur politique de ‘diviser pour régner’, à faire de l’Europe une zone tampon qu’ils pouvaient instrumentaliser dans un grand jeu d’échecs géopolitique contre la Russie et le reste de l’Eurasie ».

D’après Vereycken, l’émergence des BRICS et la mise en œuvre, sous direction chinoise, de la politique des Nouvelles Routes de la soie, acculent l’oligarchie financière mondiale « de faire tout ce qui est en son pouvoir pour détruire ce qui constitue la source principale de résistance contre leur agenda mondialiste : les Etats-nations ».

Vereycken cite un article publié en 2016 documentant le fait que l’Open Society de George Soros a financé certaines organisations sécessionnistes.

« Madrid montre un grand intérêt à se joindre à l’initiative de la Nouvelle Route de la soie, une raison suffisante pour devenir une cible de déstabilisation », hypothétise-t-il.

Vereycken estime que Bruxelles ne s’oppose pas tant que ça à la désintégration de l’Espagne, car, à long terme, des entités plus réduites sont bien plus faciles à dompter.

« Si la Catalogne quittait l’Espagne, l’establishment bruxellois, après une session assez courte de cris d’orfraies, offrira à la Catalogne tout ce dont elle a besoin : un marché (l’UE) et une monnaie (l’euro) », dit-il.

L’affaiblissement systématique des frontières nationales et la confiscation du pouvoir des prérogatives des Etats membres sont une incitation, pour des ‘nations sans Etat,’ à faire le saut hors des frontières actuelles (…) La plupart des grandes métropoles ont déjà leurs sales combines avec Bruxelles et ceci hors de tout cadre national.

L’idée de Kohr a été reprise. « En 2004, un autre livre, The Size of Nations (De la bonne taille des nations), écrit par Alberto Alesina et Enrico Spolaore a également promu l’idée folle que l’intégration économique dans une même zone monétaire offre les conditions idéales pour redessiner, à l’intérieur de cette zone, les frontières », précise Vereycken.

Pour Vereycken, si cette manipulation devient fonctionnelle au sein de l’UE, elle « sera évidemment exportée en Chine et dans la Fédération russe… »

« Le grand krach vient de commencer » avertit Vereycken. « Ceux au sommet rêvent d’un Nouvel Âge des ténèbres où triomphent la boucherie mutuelle et la division sans fin ».

L’alternative, aussi bien pour l’Europe que pour le Moyen-Orient, c’est de bâtir un grand projet de développement mutuel, c’est-à-dire le type de projet gagnant/gagnant proposé par ceux qui, en Asie centrale et en Chine, nous proposent la connectivité infrastructurelle que représente « l’Initiative Une ceinture, une route ». Le dicton chinois reste valable aujourd’hui : « Si tu veux t’enrichir, commence par construire une route ».

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  • BONIN Stéphane • 20/10/2017 - 18:37

    Malgré les violences "de style Franco" de la police et l’ Etat Espagnol, j’ avoue que ces indépendantistes ne m’ inspire pas de sympathie . Je crains une contagion du coté Français, au Pays Basque et du coté de Perpignan notamment ; Et bien-sur la Corse (!).

    Et, de l’ autre coté "du Channel", je n’ oublie pas la volonté des sécessionnistes Ecossais de faire revoter (revoter !) les habitants d’ Ecosse ; et, là, aucun doute que l’ UE est derrière ça, notamment depuis le Brexit !

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Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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