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Le krach financier arrive dans les assiettes

La rédaction

Par Karel Vereycken et Bertrand Buisson

« Si nous vivons un ralentissement mondial, ça n’affectera pas les produits agricoles car les gens mangent quand même », a dit un courtier en matières premières, cité le 19 août par Bloomberg. Cynisme ? Le krach financier d’août 2007 a mis fin aux illusions d’un système financier casino et les spéculateurs compulsifs se rabattent donc sur les matières premières pour tenter de sauver leur peau. Le marché mondial des matières premières de Chicago, le CBOT, voit son volume d’affaires battre des records chaque année depuis 2002 (spéculation à la baisse), mais depuis les premiers mois de 2007, le phénomène s’est accéléré avec une hausse des transactions de 17 % (spéculation à la hausse).

Ce cancer spéculatif n’est pas nouveau. Michel Deloingce, président de la Commission sociale de l’Association nationale de la meunerie française, faisait remarquer après la hausse du prix du pain en 2006 - déjà emmenée en partie par la hausse des cours mondiaux du blé - que « la volatilité des cours est accentuée désormais par des marchés financiers et notamment dans notre pays par le MATIF (Marché à terme des instruments financiers), sur lequel des opérateurs, qui n’ont parfois rien à voir avec les métiers de la filière, se livrent à des spéculations sur les prix à terme des matières premières. » Le « rendu Rouen », la référence du prix du blé en France, a bondi de 86 % depuis un an ! Les prix du maïs, de l’orge et du lait flambent. Goldman Sachs et Marc Faber, suivis de pratiquement tous les groupes de spéculateurs, conseillent d’investir sur les marchés agricoles, avec des instruments de levier pour pouvoir jouer plusieurs fois sa mise.

En conséquence, le coût des produits alimentaires augmente. Le prix du pain va encore s’élever d’au moins 5 centimes cette année. La baguette payée 70 centimes en septembre 2006, déjà majorée de 5 centimes une première fois, puis à nouveau de 5 centimes, aura vu son prix s’envoler de 13 % au cours des douze derniers mois. Pourtant le cours du blé avait déjà atteint de tels sommets dix ans plus tôt, mais à l’époque, les prix de l’énergie et des loyers étaient relativement bas. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, bien au contraire, et c’est l’ensemble des produits de base des boulangers et pâtissiers dont les prix explosent : comme pour le blé, le cours du cacao s’envole, tandis que les sous-produits de l’agriculture comme le beurre et les œufs pâtissent de l’explosion des prix céréaliers. C’est l’ensemble du système agro-alimentaire, où les prix étaient déjà en hausse à cause d’une baisse générale de la production et des stocks, qui est frappé par la spéculation. Les céréales étant consommées par le bétail et la volaille, le prix de la viande, des œufs et du lait explose. Pâtes, yaourts, biscuits, bière... - l’ensemble des produits alimentaires manufacturés suit le mouvement. Le prix du beurre a doublé cet été en Allemagne et le palais breton risque de se faire à la margarine.

La version officielle généralement exposée dans les journaux pour justifier cette situation consiste à blâmer les Chinois et les Indiens, trop nombreux et devenus friands de céréales, et le changement climatique responsable de mauvaises récoltes. Mais l’accroissement démographique, la hausse du niveau de vie des classes moyennes consommatrices et les aléas climatiques sont des données que l’organisation économique humaine doit pouvoir anticiper. En réalité, ce sont les politiques systématiques de libre-échange qui ont conduit à une destruction de l’appareil productif, et surtout le manque total d’anticipation sur les besoins agricoles par les pouvoirs publics, qui ont accepté, sous le joug du GATT puis de l’OMC, d’abandonner leurs politiques de production et de réserves pour se reposer uniquement sur les « marchés mondiaux ». Résultat : aujourd’hui, les stocks de riz et de céréales sont au plus bas depuis 28 ans alors que de nombreux agriculteurs ont abandonné leur activité.

C’est le cas, par exemple, des « petits » producteurs laitiers de nombreux pays, ne pouvant plus faire face aux niveaux élevés de l’investissement de base, avec les prix écrasés auxquels leur production était achetée. La France compte encore 3,8 millions de vaches laitières, élevées par 100 000 agriculteurs, mais 5000 de ces éleveurs abandonnent chaque année leur activité pour pouvoir continuer à vivre. Pour les remplacer, de grandes exploitations laitières ont été installées dans certaines zones du monde comme en Haïti ou dans l’Idaho, où les ouvriers sont souvent traités comme des esclaves. Ainsi les agriculteurs du monde entier se retrouvent en compétition les uns avec les autres, ne pouvant survivre que grâce aux subventions publiques tandis que les grands cartels céréaliers multinationaux jouent les arbitres. Nous en vivons aujourd’hui les conséquences avec la destruction du tissu économique et du travail humain.

Résumons-nous : les vautours de la spéculation, associés aux principaux intérêts financiers mondiaux, ont dans un premier temps organisé une baisse des prix sur les marchés agricoles, créant ainsi une situation de pénurie. Dans un second temps - aujourd’hui - ils se précipitent sur les produits de ces marchés pour spéculer à la hausse. Et en même temps, ils promeuvent les agro-carburants, impliquant un retrait des céréales, du colza, du soja, de la betterave et de la canne à sucre du secteur alimentaire, pour accélérer les anticipations haussières sous des prétextes plus ou moins écologiques. Il faut donc bien voir cette hausse des prix des matières premières agricoles, accroissant le coût de l’alimentation et condamnant le niveau de vie des populations, non comme un phénomène isolé, mais comme la conséquence scandaleuse, dans l’économie physique, de la désintégration financière mondiale.

Dès 1995, et dans son programme présidentiel de 2007, Jacques Cheminade avait déjà vu venir ce drame*.

Aujourd’hui, la première mesure à prendre est de mettre les spéculateurs au pain sec et d’organiser les marchés agricoles mondiaux en vue de la production à long terme, par des négociations entre Etats, et non pour faire régner un libre-échange au sens de l’OMC, qui n’est autre que la loi de la jungle.


* Ce que Jacques Cheminade disait dès 1995 :

« L’étonnant dans le système européen et mondial actuel, est précisément que l’on ne pousse pas partout les feux de la production alors que les besoins mondiaux, avec l’augmentation de la population, la disponibilité décroissante de terres arables et l’évolution vers un régime alimentaire plus carné, non seulement dépassent la production mais devraient rapidement s’accroître.

« Comment expliquer ce paradoxe ? La réponse est simple : les intérêts financiers qui dominent les marchés mondiaux visent à mettre les agriculteurs de tous les pays en concurrence, afin de faire baisser les prix des produits agricoles et des terres. Une fois cet objectif atteint, dans les conditions d’un effondrement du système financier et monétaire international que ces intérêts savent inéluctable, ils pourraient mettre la main sur les terres et les instruments de production à bas prix et tirer, espèrent-ils, du déséquilibre entre une offre raréfiée et une demande croissante tous les avantages d’une très forte hausse des prix. Cela s’appelle, en termes boursiers, accaparer un marché. ».

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

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- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

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Jacques Cheminade
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