Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilActualité

Le TGV argentin, un drame français

JPEG - 72.2 ko
Le projet de TGV argentin "Cobra" (Cordoba - Buenos Aires - Rosario) que la France a failli emporter.
Crédit : Alstom

La nouvelle nous avait réjouis à l’époque. En janvier 2008, le gouvernement argentin, en présence de la nouvelle Présidente Cristina Kirchner et le secrétaire d’État français aux Transports Dominique Bussereau, avait signé un contrat avec le consortium Veloxia (Emmené par le Français Alstom, associé à deux entrepreneurs argentins, Iecsa et Emepa, et un espagnol, Isolux Corsan) pour la construction d’un TGV argentin. « Vous allez devenir une vitrine des meilleures technologies mondiales, grâce à ce premier TGV en Amérique latine », avait fièrement indiqué M. Bussereau.

JPEG - 213.1 ko

Il s’agissait d’une liaison à grande vitesse, reliant en moins de trois heures contre 14 heures actuellement, la capitale argentine avec deux des villes les plus importantes du pays, Rosario et Cordoba (dont les noms composent l’acronyme COBRA). Ces trois villes, qui totalisent quelque 15 millions d’habitants, sont au cœur du complexe agro-alimentaire argentin, en pleine expansion à la faveur de la forte hausse des matières premières agricoles.

Fabriqués dans les usines françaises d’Alstom, les trains auraient été assemblés à La Plata, en Argentine. Le gouvernement argentin avait été particulièrement sensible aux transferts de technologie, à la formation du personnel local et à l’implication de l’industrie locale à hauteur de 65 % pour l’ensemble de l’investissement (génie civil et infrastructure, matériel roulant, maintenance, fourniture d’énergie pour les opérations et coûts financiers).

L’Argentine, qui déjà chercha à relancer un réseau ferroviaire en décrépitude, avait deux autres projets de liaison à grande vitesse dans ses cartons, qui ont déjà fait l’objet d’appels d’offre : un premier entre Buenos Aires et Mar Del Plata, la grande cité balnéaire située à 400 km de la capitale, et un second entre Buenos Aires et la ville de Mendoza, capitale du vin argentin située au pied de la Cordillère des Andes, à quelque 1000 km de la capitale argentine.

Krach de 2008

Or, lors de la signature du contrat, le financement des 2,4 milliards d’euros requis pour le projet avait le concours de la Société Générale et de la banque Natixis, deux des quatre grandes banques « universelles » que compte notre pays.

En octobre 2010, à peine un mois après la faillite du géant américain de l’assurance AIG, sauvé in extrémis par le gouvernement américain qui procède à la liquidation de Lehman Brothers, la crise « des subprimes » précipite vers le fond la plupart des banques occidentales qui ont spéculées sur ces marchés. Parmi elles, Natixis, la filiale des Caisses d’épargne et des Banques Populaires, et aussi une des banques françaises les plus fragilisées par la crise financière, annoncent ne plus être en mesure d’assurer le financement de 1,3 milliard de dollars prévu.

Pour le Petit Journal du 18 septembre 2008, le gel du projet était dicté par un contexte international peu favorable à « un financement sain ». Car :

Le montage financier, signé le 28 avril dernier [2008], prévoyait un emprunt à la banque Natixis d’une durée de 30 ans, avec un délai de grâce de sept ans, garanti par l’émission de bons du Trésor argentin. Or, le risque pays de l’Argentine reste en berne (au même niveau que l’Afghanistan ou le Zimbabwe) malgré la décision du gouvernement de régler la dette du club de Paris. Et ces mauvais indicateurs pèsent sur les coûts des bons du trésor et les taux d’intérêt.

Et le reste du réseau ?

Si le TGV est certes un symbole de modernité, le construire sans s’occuper du reste du réseau est un contresens économique et social qui ne passe pas dans l’opinion. Ainsi, en Argentine, COBRA avait déclenché un véritable tollé au sein de l’opinion publique et deux cheminots de Rosario avaient réuni plus de 850 000 signatures contre le tren bala (appellation locale du TGV). « L’Argentine a compté 18 000 km de voies ferroviaires, il n’en reste aujourd’hui que 7500 en exploitation » regrettait un expert du ferroviaire argentin, « il faut plutôt réinvestir sur ces lignes ». A la même époque, des incidents avaient éclaté sur une ligne de banlieue, symboliques du ras-le-bol exprimé par les Argentins envers leurs systèmes de transports en commun.

Couper les banques en deux

En attendant des taux d’intérêts, des marchés et des banques meilleurs, le projet est simplement gelé, et l’Argentine, on la comprend, s’oriente désormais vers les pays des BRICS comme la Russie et la Chine pour financer la modernisation de ses infrastructures.

Ce n’est donc pas l’Argentine qui a refusé le TGV français, mais bien des marchés financiers et des banques françaises incapables d’assurer leurs engagements car trop empêtrées dans les spéculations ! Elles le sauront dès le moment qu’elles retourneront à la stricte séparation entre les banques d’affaires spéculatives et les banques de dépôt et de crédit « ordinaires », à l’abri des soubresauts des marchés.

Un message, un commentaire ?


form pet message commentaire
Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

  • Un Alstomien bien placé • 10/03/2017 - 15:41

    Les conclusions de cet article ne sont pas tout à fait justes et sonnent un peu comme un dossier à charge contre les banques.
    si le Projet du TGV argentin n’a jamais vu le jour, c’est tout simplement en raison de l’existence d’une clause particulière figurant au contrat qui prévoyait que, si l’indice CDS [Credit Default Swap] de l’Argentine dépassait un certain seuil, le Projet serait mis en stand-by. Malheureusement, cet indice financier qui mesure le risque de défaut de paiement d’un pays, a explosé après la crise des subprimes et le Projet de TGV n’a ainsi jamais pu être mis en vigueur, aucune banque n’ayant voulu prendre le risque de financer un gouvernement dont les ressources économiques ne permettaient plus de garantir la capacité à rembourser les emprunts.

    Répondre à ce message

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Vous souhaitez aider ? Adhérer, faire un virement mensuel, participer à un stand militant ? Prenez contact avec nous.

Kirchner : les BRICS ont créé un ordre global nouveau et l’Argentine en fait partie

24 juillet 2014
Actualité
Kirchner : les BRICS ont créé un ordre global nouveau et l’Argentine en fait partie

L’Argentine tient bon contre les fonds vautours

10 juillet 2014
Actualité
L’Argentine tient bon contre les fonds vautours

La Présidente argentine : seul le crédit productif crée de la vraie valeur

24 mai 2012
Actualité
La Présidente argentine : seul le crédit productif crée de la vraie valeur

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard