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STEP : Les banques françaises et européennes prises les mains dans le pot de confiture

La rédaction
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Dans un article retentissant intitulé La planche à billet hors contrôle, l’édition dominicale du grand quotidien allemand Die Welt révèle l’existence d’un mécanisme opaque de création de liquidité par la Banque centrale européenne (BCE), le marché STEP (Short-Term European Paper), permettant aux grandes banques européennes et surtout françaises de refiler, avec une belle surcote, leurs effets toxiques à la BCE en échange d’argent frais.

Ce marché STEP, qui a atteint un volume de 445 milliards d’euros de titres à court terme (moins de 9 mois : certificats de dépôt, lettres de change, billets à ordre, papiers de commerce, et depuis 2012, des papiers commerciaux adossés à des actifs), est constitué de 370 milliards d’obligations émises par les banques à court terme (certificat de dépôts) échangeables à la BCE contre de l’argent frais.

Welt am Sonntag précise que c’est exactement le genre de situation que les banquiers centraux ne voulaient pas voir se développer, craignant l’émergence « d’une machine à imprimer de l’argent à l’extérieur des marchés régulés, qui serait très difficile à contrôler ».

La convention du marché STEP a été adoptée le 9 juin 2006 par Euribor ACI (Association cambiste internationale fondée en 1955 à Paris et rebaptisée depuis Financial Markets Association) et Euribor FBE (Fédération bancaire européenne basée à Bruxelles). La dernière est actuellement sous enquête pour son rôle dans les manipulations de l’indice d’intérêt Euribor, la version européenne du Libor.

Le principal acteur sur le marché STEP est Euroclear, une société internationale de dépôt et de règlement/livraison pour les obligations, actions et fonds d’investissement, créée en 1968 à Bruxelles. Euroclear gère à l’échelle internationale pour 22 000 milliards d’euro d’obligations pour le compte des grandes banques, avec 160 millions de transactions par an sur les divers marchés interbancaires. Sur le marché STEP en particulier, c’est Euroclear qui négocie les transactions pour le compte des autres grandes banques. Attention à ne pas confondre avec Clearstream, la société concurrente, et numéro 2 derrière Euroclear, et dont les activités ont fait la une des médias français il y a quelques années.

Là où les choses se gâtent est le fait que c’est la filiale française de la banque, Euroclear France, qui fournit à la Banque de France les données pertinentes, qui les transmet à son tour à la BCE, qui les utilise pour évaluer le risque associé aux certificats qui lui sont soumis et donc la quantité d’argent frais que ces banques recevront en échange ! Le syndrome du serpent qui se mort la queue, comme à l’époque où les agences de notations, payées par les banques, étaient responsables pour la notation des effets toxiques comme les subprime détenus par les banques elles-mêmes. D’ailleurs, la maison-mère Euroclear Group se vante ouvertement sur son site qu’« étant la propriété et gouverné par les utilisateurs [c’est-à-dire les grandes banques et autres institutions financières], nous accordons la plus haute priorité aux intérêts de nos clients ».

Ainsi, non seulement le marché STEP est-il entièrement dérégulé, pour ne pas dire opaque, mais la BCE, en France par l’entremise de la Banque de France, se fie entièrement sur le plus grand acteur privé du marché pour y voir clair. Selon les enquêteurs du Welt, la BCE a déjà admis avoir relevé 113 cas « d’erreurs de transmission » entre elle-même et la Banque de France, où les évaluations sur les facteurs de risque étaient erronées.

Les investigateurs du Welt rappellent que la BCE accepte seulement depuis 2008 des certificats de dépôt à court terme comme obligations susceptibles d’être échangées pour de l’argent frais, quelque chose qui était considéré comme entièrement irresponsable jusqu’à cette date. Le quotidien estime que ces erreurs ont représenté un surplus de « 550 millions d’euro » sur une somme totale de « près de 6,5 milliards d’euro », soit une surévaluation de 8,5 %. Pas mal... La BCE a toutefois précisé que la Société Générale et Unicredit, parmi les six banques impliquées, ne lui ont heureusement pas soumis la totalité des certificats en question.

Les banques qui en profitent le plus pour l’instant sont les banques françaises. BNP Paribas détient pour l’heure 966 obligations STEP pour une valeur totale de 44,5 milliards d’euro, Société Générale et Dexia 35 milliards d’euro chacune, Crédit Agricole 27 milliards, Crédit Mutuel 25 milliards et Natixis 21 milliards. Ainsi les banques française représentent plus du tiers du marché STEP, soit 190 milliards sur un total 445 milliards.

Welt am Sonnag conclut que le marché STEP revêt une immense importance pour l’approvisionnement des grands banques françaises en liquidité.

Ainsi, contrairement à ce qu’affirment nos banquiers, ce n’est pas leur statut universel, qui explique qu’elles ont pu tenir le coup « mieux que les autres » jusqu’à présent, mais bien une inceste financière qui ne peut que conduire à terme à l’hyperinflation et à la spoliation des dépôts.

Seul un véritable Glass-Steagall, et vite, avant qu’il ne soit trop tard, nous permettra de désamorcer la bombe.

Voir les 2 commentaires

  • petite souris • 09/01/2013 - 17:00

    Trop compliqué pour être honnête, utile, et efficace pour les peuples !!!!

    • PetitMousse • 05/02/2013 - 23:40

      bonjour,
      cet article est un bel exemple de manipulation habile destiné à jeter l’opprobre sur les "méchants banquiers". Pour ceux qui ne souhaitent comprendre avant de polémiquer : www.stepmarket.org explique le pourquoi et le comment de la création de STEP. Cette norme, car c’est une norme - de transparence et de qualité d’information pour les investisseurs - plus qu’un marché, a été mise en place peu après le lancement de l’Euro pour permettre un développement harmonieux et durable du marche des titres monétaires dans la zone Euro. L’abscence de cadre légal unifié européen empêchait la mise en place directe d’une réglementation européenne sur ce sujet et a motivé ce choix de norme librement adoptée (non obligatoire) par les participants (émetteurs de titres de dette - banques et entreprises - adhérant à cette vision.C’est pour cette raison que l’Eurosystème a parrainé le projet et a accepté que les titres émis dans le respect de cette norme puissent être utilisés comme collatéral (garantie) pour les opération de refinancement auprès de ce même Eurosystème (assimilé de manière abusive à la Banque Centrale Européenne alors que l’Eurosystème est composé de la BCE et des Banques Centrales nationales européeenes participant à l’Euro).

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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

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La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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