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La réforme bancaire de Moscovici n’interdira pas le trading de haute fréquence

C’est pourtant le point N°4 du projet de réforme bancaire dite « Loi de séparation et régulation des activités bancaires » présentées le 19 décembre par le ministre de l’Economie et des Finances Pierre Moscovici : « Interdire aux filiales cantonnées de mener certaines activités spéculatives comme le trading à haute fréquence et les opérations sur les marchés de dérivés de matières premières agricoles ; ».

De quoi parle-t-on ? Le Trading Haute Fréquence ou THF consiste à transmettre automatiquement et à très grande vitesse des ordres sur les marchés financiers, sans intervention humaine, à l’aide de programmes informatiques complexes, appelés algorithmes. Ces programmes analysent en permanence les carnets d’ordres électroniques des places boursières afin d’anticiper leurs micro-mouvements de marché pour en tirer profit (voir encadré ci-dessous). Il s’agit donc d’une spéculation folle dopée à l’électronique.

Or, comme le diraient certains banquiers, si l’idée est belle, en pratique « c’est difficile ». [1] Car, il faut respecter « la libre circulation des capitaux » comme le préconisent tous les traités européens défendus par Moscovici. Or, pour comprendre où se trouve la petite porte permettant aux spéculateurs de s’en tirer, il faut se plonger un peu plus attentivement dans le projet de loi bancaire.

Dans la version actuelle du texte, souligne Julie de la Brosse dans l’Expansion,

les filiales des banques d’affaires ne pourront plus à l’avenir réaliser "les opérations de négoce à haute fréquence taxables au titre de l’article 235 ter ZD bis du code général des impôts". Un texte technique qui renvoie lui-même à un décret d’application pris très discrètement pendant l’été par le gouvernement Ayrault pour définir les opérations soumises à la taxe sur les transactions financières. Il ressort de la conjonction de ces deux textes que sont assujetties à la fameuse taxe les opérations annulant ou modifiant les ordres passées dans un délai de moins d’une demi-seconde, et outrepassant 80% des ordres passés dans une même journée. Dit autrement, un donneur d’ordre peut éviter cette taxe, et bientôt contourner l’interdiction, en réalisant des opérations toutes les 0,51 secondes - presqu’une éternité sur les marchés boursiers, cela dit - et/ou en s’assurant que 20% des ordres passés dans une journée ne sont pas annulés ou modifiés ».

A cela s’ajoute le fait que les activités de haute fréquence sont majoritairement enregistrées comme des activités de... tenue de marché ! « Depuis le milieu des années 2000, la plupart des obligations relatives à la tenue de marché (comme la fermeté des ordres, par exemple) ont été assouplies ou supprimées par la réglementation. Résultat, les traders se sont inscrits auprès des places boursières comme des teneurs de marché », explique Benoît Lallemand de Finance Watch, une association établie contre le lobby bancaire.

Au final, si le gouvernement ne modifie pas son texte, « 80 à 90% du THF ne sera pas concerné par l’interdiction », estime un expert des marchés.

Pour conclure, je vous livre cet extrait du livre programme de Jacques Cheminade qui préconisait, parmi cinq mesures précises pour complémenter et accompagner la mise en place d’un Glass-Steagall, :

l’interdiction de la cotation en continu sur les marchés financiers et le retour à une cotation journalière, pour éviter les spéculations incessantes, en particulier en fin de marché ou avant son ouverture. C’est ainsi qu’on pourra combattre, en combinant cette mesure avec le Glass-Steagall, la prolifération de « produits financiers exotiques », comme les ETF (exchange traded funds), qui contribuent fortement à alimenter les bulles spéculatives. Depuis quelques années, les marchés financiers sous influence ne jouent plus du tout leur rôle principal de collecte de l’épargne et sont devenus des tables de jeu. Le principe de cotation journalière devra donc s’insérer dans une réorganisation de la Bourse pour la faire retrouver un rôle utile à l’économie et si cela s’avère impossible, en fermer les portes électroniques.

En clair, alors que tous les moyens existent pour vaincre la spéculation, le projet Moscovici les ignore et en ce faisant, se moque quelque peu de nos députés et surtout, du monde !

Décryptage : Trading à haute fréquence (THF)

Extraits de La finance pour tous.com

Le High Frequency Trading (Trading à Haute Fréquence ou THF) consiste à transmettre automatiquement et à très grande vitesse des ordres sur les marchés financiers, sans intervention humaine, à l’aide de programmes informatiques complexes, appelés algorithmes.

(…) Ces programmes analysent en permanence les carnets d’ordres électroniques des places boursières afin d’anticiper leurs micro-mouvements de marché pour en tirer profit.

(…) A ce titre, l’infrastructure informatique joue un rôle clef pour expliquer cette efficacité. C’est la raison pour laquelle, l’élaboration des les programmes informatiques de passage d’ordre du THF demandent des machines puissantes, généralement installées géographiquement au plus près des serveurs des principales places boursières, afin d’augmenter la rapidité d’envoi des instructions au marché. D’ailleurs, le nombre d’intervenants financiers utilisant ces techniques de trading est très restreint (4 ou 5 établissements), tant les investissements technologiques nécessaires sont coûteux dans ce domaine.

(…) L’objectif visé par le trading haute fréquence est en effet de générer des gains très faibles à chaque opération tout en multipliant dans le même temps les transactions, faisant en sorte qu’au final des profits substantiels soient générés. On comprend dès lors un peu mieux l’importance croissante du THF ces dernières années, passant de 9% à 40% des volumes échangés quotidiennement sur les marchés actions européens entre 2007 et 2011, d’après les données de Tabb Group. Selon une étude de l’AMF, il représente 30 à 35 % des transactions réalisées en Europe, 50 à 60% des transactions réalisées aux Etats-Unis.


[1Je pense ici à l’extraordinaire réponse donnée par le CEO de la Banque Lazard Kenneth Jacobs. A la question que lui posait le Nouvel Observateur (3 janvier 2013) s’il ne fallait pas réinventer la loi Glass-Steagall, Jacobs a répondu : « En théorie, oui. Mais en pratique, c’est très difficile. Car une banque qui n’aurait que des activités de marché ne pourrait pas se financer sans la garantie de la banque centrale. ». Bel aveu !

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  • Eric • 12/01/2013 - 20:28

    "Le principe de cotation journalière devra donc s’insérer dans une réorganisation de la Bourse pour la faire retrouver un rôle utile à l’économie et si cela s’avère impossible, en fermer les portes électroniques." (Jacques Cheminade)
    Le slogan de la campagne présidentielle de Jacques Cheminade était "Un monde sans la City ni Wall Street". En fait, nous avons mal interprété ce slogan : M. Cheminade voulait dire "Réformons la City et Wall Street". Il est vrai que seuls des rêveurs patentés peuvent souhaiter la disparition de Wall Street et de la City. M. Cheminade, lui, a les pieds bien sur terre.

    • Bertrand Buisson • 12/01/2013 - 20:36

      Si la City ou Wall Street n’étaient que le dow ou le footsie...

    Répondre à ce message

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Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

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Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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