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Souveraineté alimentaire : l’Inde dit non aux diktats de l’OMC

La rédaction
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Rizières en Inde
Crédit : Kuni Takahashi/Bloomberg

Alors que démarrait une réunion de deux jours de l’OMC avant-hier à Genève, le gouvernement indien a fait part de sa décision de ne pas signer le protocole commercial que souhaitait désespérément lui faire avaler l’Empire de Wall Street et de la City.

Ce protocole aurait conféré à l’OMC des pouvoirs dictatoriaux, lui donnant le droit d’imposer des limites aux subsides accordées par tout pays à ses agriculteurs et aux achats de nourriture à l’intention des plus pauvres. Puisque l’OMC travaille par consensus, le protocole est essentiellement mort.

L’Inde maintient un important programme de subventions à l’agriculture, en particulier des stocks physiques de céréales (riz, blé, etc.) pour subvenir aux besoins des centaines de millions de citoyens les plus pauvres. Ce programme lui coûte près de 22 milliards de dollars par an. Le protocole proposé par l’OMC aurait accordé un sursis à titre « exceptionnel » jusqu’en 2017, mais visait plus généralement à interdire cette pratique jugée comme une « distorsion à la liberté des échanges ». L’Inde n’a pas confiance que l’OMC trouverait d’ici 2017 une solution pour l’aide aux plus pauvres, en supposant bien évidemment que cela fasse même partie de ses préoccupations ! D’où la décision indienne de ne pas signer le protocole.

L’Institut pour le développement global et l’environnement (GDEA) de l’Université Tufts à Boston a publié un rapport (repris sur Al Jazeera il y a deux jours), dans lequel ses deux auteurs, Timothy Wise et Jeronim Capaldo défendent la position indienne :

Les gains potentiels de ce protocole arrêté en décembre 2013 à Bali, en Indonésie, sont largement surestimés, et font surtout la part belle pays les plus riches et les traders du secteur privé. Pendant ce temps, les États-Unis et d’autres pays développés ont fait peu d’efforts pour répondre aux demandes légitimes des pays en voie de développement, qui souhaiteraient que leurs programmes de sécurité alimentaire soient exemptés des exigences archaïques de l’Accord sur l’Agriculture (AoA) de l’OMC. »

Ils décrivent ensuite en ces termes les crimes de l’Empire : « Les Etats-Unis et d’autres prétendent que l’accroissement récent par l’Inde de son Programme national de sécurité alimentaire est une forme de subvention à l’agriculture provoquant des distorsions dans les échanges car le gouvernement achète le riz et le blé des fermiers indiens à des prix fixés par lui, situés en général au-dessus des prix du marché. L’hypocrisie des producteurs américains pratiquant le dumping de longue date et accusant ensuite les pays en voie de développement de faire la même chose est déjà bien assez grande. Mais l’actuelle plainte des États-Unis est encore plus cynique. Les prix d’achat pratiqués par le gouvernement indien sont à peine plus élevés que ceux du marché, mais ils semblent beaucoup plus élevés puisque une clause de l’AoA affirme que les prix administrés doivent êtres comparés non pas aux prix du marché actuel mais à la moyenne des prix internationaux de la période 1986-88 (!). Ces prix sont à peu près un sixième des prix du marché actuels, ce qui donne l’impression fausse que n’importe quel gouvernement accorde à ses agriculteurs de gigantesques subventions.

Les deux auteurs ajoutent que le G-33, un groupe de pays en voie de développement coordonnant entre eux leurs politiques commerciales, « ont demandé depuis 2006 à l’OMC de rouvrir l’AoA pour au moins réajuster les prix de référence pour rendre compte de l’inflation. Les États-Unis et autres partenaires ont refusé. »

Ainsi, comme le soulignent Wise et Capaldo, « les enjeux sont plus importants que le seul protocole de Bali. Ils vont au cœur de ce que l’OMC a appelé l’Agenda de développement de Doha, et de l’engagement unique selon lequel un accord est valide seulement si des accords sont conclus dans tous les domaines de négociation. Les États-Unis et d’autres pays exportateurs ont insisté lourdement pour que les pays en voie de développement s’engagent fermement en faveur d’un assouplissement des échanges... mais ne se sont pas engagés en contrepartie à négocier de bonne foi sur les lacunes de l’Accord actuel de l’OMC sur l’agriculture, ou sur la question spécifique des réserves de sécurité alimentaire soulevée à la réunion de Bali. »

Le courage de l’Inde indique bien comment les pays des BRICS ont décidé d’aller de l’avant avec un nouvel ordre économique mondial, offrant à leurs membres et alliés la force de résister, de manière souveraine, aux diktats mortifères de l’Empire de Wall Street et de la City.

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La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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