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STX, pourquoi sa nationalisation s’impose

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Après six mois d’attente, le tribunal sud-coréen en charge de la liquidation de la société STX Offshore & Shipbuilding (propriétaire à 66,6 % de STX-France) a annoncé hier, mardi 3 janvier, qu’il retenait, pour la reprise de l’entreprise française, la seule offre déposée, celle de la société italienne Fincantieri.

Si, en principe, STX-France devrait donc passer sous pavillon italien, une série de négociations préalables doit préparer tout accord éventuel.

Fincantieri

Basé à Trieste, Fincantieri, détenu à 72,51 % par Fintecna (holding contrôlé par le ministère italien de l’Economie), est l’un des fleurons de la construction navale européenne. Depuis sa fondation il y a 230 ans, ses 19 000 salariés ont construit sur une vingtaine de sites à travers le monde (Brésil, Etats-Unis, Norvège, etc.) 7000 navires de tout type : paquebots, yachts, navires de croisière et bâtiments de guerre.

En 2008, la crise n’épargne pas le groupe. Pour faire baisser ses coûts de main d’œuvre, Fincantieri rachète pas moins de 13 chantiers à l’étranger. En Italie, 2000 postes sont supprimés et les syndicats ont dû batailler ferme pour sauver certains des huit chantiers italiens.

Un an après son entrée en bourse en 2014, son titre perd près du quart de sa valeur suite à des rumeurs de vente ou de recapitalisation, avec une dette de 220 millions d’euros. Sauvé du naufrage par des commandes de l’US Navy et de Carnival, premier armateur sur le marché de la croisière, Fincantieri est remis à flot.

Depuis 2015, les commandes ont repris, ce qui permet, en principe, de garantir du travail pour tous les chantiers jusqu’en 2026. Les paquebots représentent 50 % de son chiffre d’affaires. Parmi les dernières commandes en date, cinq paquebots pour trois filiales de Carnival, confiés à ses principaux chantiers italiens.

Et pour pénétrer le marché asiatique en pleine expansion, Fincantieri vient de créer en 2016 une coentreprise avec China State Shipbuilding Corp., société contrôlée par Beijing pour la construction de grands navires de croisière.

L’Asie s’impose en effet comme le nouveau point de gravité de l’économie mondiale. Alors que dans la zone transatlantique, les classes moyennes (grands consommateurs de voyages de croisière) sont en voie d’extinction, en Asie (Chine, Inde, etc.), elles ne cessent de croître en nombre et leur pouvoir d’achat augmente, ce qui en fait un immense marché en expansion…

A Trieste, on jure que la reprise de STX France ne sera pas synonyme d’un abordage italien, mais marquerait la mise à l’eau d’un « champion européen »...

Nationalisation ?

Endosser ce que nous venons de décrire, c’est-à-dire un scénario imaginé dans un monde où l’on refuse de voir la triple crise, économique, financière et européenne, qui va secouer notre continent dans les jours et semaines à venir, serait une erreur fatale.

  • En premier lieu, un grand séisme économico-financier s’annonce. Et quel groupe industriel, dans ces circonstances, pourra résister à la tentation de supprimer les « doublons », surtout si leur coût s’avère systématiquement plus élevé que celui qu’exige la fabrication d’un produit identique dans un autre pays ? Les syndicats italiens dénoncent le fait que, via les entreprises sous-traitantes, Fincantieri fait massivement appel à des travailleurs détachés. Ainsi, aujourd’hui, pour un travailleur salarié de Fincantieri, quatre ou cinq le sont par d’autres entreprises. Les syndicats déplorent également que certaines études soient confiées à des centres à l’étranger, notamment en Roumanie. Pas sûr non plus que dans ces conditions, le savoir-faire français ne sera pas transformé en monnaie d’échange avec les partenaires du groupe.
  • Ensuite, politiquement, la situation italienne est à un tournant. Pour résumer, si elle ne quitte pas la zone euro, l’Italie ne pourra pas sauver son système bancaire et les milliers de retraités qui en dépendent. Un italexit s’annonce, qui modifiera forcément un accord STX-Fincantieri.
  • Enfin, le bras de fer qui s’est joué autour de la question des bâtiments de projection et de commandement (BPC) de classe Mistral, fabriqués par STX-France, indique incontestablement la nature stratégique de l’entreprise.

Un enjeu stratégique

A l’opposé, dans le cadre d’une triple sortie, celle de l’OTAN, de l’euro et de l’UE, la France doit penser à ses intérêts vitaux à long terme. Les syndicats ont bien raison lorsqu’ils demandent de « sortir de la stratégie commerciale du tout paquebot » En effet, STX-France est bien plus qu’une machine à fabriquer des paquebots. En réalité, elle est une pièce essentielle, tant au niveau de son savoir-faire que de ses capacités industrielles, de notre souveraineté politique, diplomatique, militaire, maritime et économique. « Nous sommes une entreprise stratégique car nous sommes les derniers en mesure de construire le successeur du porte-avions Charles de Gaulle », précise Nathalie Durand-Prinborgne, secrétaire de la section Force Ouvrière de STX France. L’Etat français, actionnaire à 33 %, possède une minorité de blocage et peut donc exercer son droit de préemption.

Comme le réclame Jacques Cheminade depuis 2013, une nationalisation temporaire, avec en perspective la création d’un grand groupe national, notamment avec la DCNS, doit immédiatement être examinée. Ce groupe se placera d’office en bien meilleure position pour négocier des politiques gagnant/gagnant avec la Chine.

Lors de l’affaire de la fermeture du Haut-fourneau de Florange ou lors du bradage d’Alstom à General Electric, Emmanuel Macron a tout fait pour empêcher un « Etat stratège » de défendre nos intérêts nationaux tout en préconisant dans le livre-manifeste qu’il vient de faire paraître que lui président saura le faire...

Aujourd’hui, le Président sortant, qui voudrait sans doute laisser une trace positive dans l’histoire, pourrait montrer qu’il est autre chose… que François Hollande.

Voir les 3 commentaires

  • JC de Miscault • 06/01/2017 - 12:01

    Il vous manque des éléments.
    Se référer à la sagesse chinoise : savoir que l’on sait ce que l’on sait et que l’on ne sait pas ce que l’on ne sait pas, voila la véritable intelligence.

    • Karel Vereycken • 06/01/2017 - 12:15

      Vous nous laissez sur la faim... de savoir ?

    • JC de Miscault • 06/01/2017 - 12:50

      Va falloir travailler, VRAIMENT...
      Vous pensez bien que ces problèmes ne datent pas d’hier.
      Mitterrand avait déjà nationalisé les chantiers de Saint-Nazaire en 1981.
      Ça n’avait pas suffi pour les faire crever...
      Si ces chantiers avaient été vendus à la Corée, c’était aussi déjà bien pour se repaître de la charogne...
      Fincantieri, ils sont moins bêtes que vous.
      Trieste et Gênes, ce n’est pas plus bête que Saint-Nazaire.
      Dans un autre article du même jour, vous ne vous gênez pas pour dénigrez l’Italie et l’Allemagne... C’est très malin !
      Cheminade, n’est-ce qu’un sous marin de Marine Bleu ??? Autant le dire si c’est le cas...

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

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Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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