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Syrie : des experts américains contestent la responsabilité d’Assad dans les attaques chimiques

La rédaction

Une analyse de Theodore Postol, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), ainsi que de Richard Lloyd, ancien inspecteur en armement des Nations unies, remet totalement en question la thèse de l’administration américaine du 30 août dernier selon laquelle l’attaque à l’arme chimique du 21 août 2013 à Ghouta en Syrie n’aurait pu être perpétrée que par le gouvernement de Bachar Al-Assad.

Le rapport, intitulé « Possible Implications of Faulty US Technical Intelligence in the Damascus Nerve Agent Attack of August 21, 2013 » (Implications possibles d’une expertise technique erronée de la part des services américains de l’attaque chimique du 21 août près de Damas) a été publié le 14 janvier. Selon les auteurs :

Il s’agit de renseignements totalement erronés, qui auraient pu conduire à une action militaire injustifiée de la part des États-Unis [et de la France], fondée sur de informations tronquées.

L’analyse de Postol et Lloyd, effectuée à partir de débris des roquettes utilisées au cours de l’attaque, conclut qu’elles n’ont pas pu être tirées d’une distance de 9 à 10 kilomètres de la cible, comme l’a prétendu le secrétaire d’Etat américain John Kerry. L’étude conclut au contraire que la distance limite pouvant être atteinte par les roquettes ne pouvait pas dépasser 2 kilomètres, et que le site de lancement se serait trouvé par conséquent complètement à l’extérieur de la zone désignée par l’administration Obama, alors sous contrôle du gouvernement syrien.

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Carte publiée par l’administration Obama le 30 août 2013
A laquelle les auteurs ont ajouté la limite maximale de tir des roquettes chimiques (large trait rose). Les endroits qui ont été touchés se trouvent au centre. A gauche (couleur saumon), la zone contrôlée par le gouvernement syrien, entièrement à l’extérieur du front de tir potentiel.

Selon le rapport du MIT, le type de roquette utilisé dans l’attaque du 21 août était de conception russe, des BM-21, largement disponible un peu partout dans le monde. Sa portée habituelle est de 21 kilomètres, mais les modifications apportées impliquaient l’ajout d’un contenant pour l’agent chimique, diminuait par sa nature grandement la portée, pour des raisons aérodynamiques et structurelles.

Postol a déclaré que :

Les rebelles syriens ont certainement les capacités de fabriquer ces armes (...) Je pense qu’ils pourraient même avoir plus de capacités que le gouvernement syrien.

Le rapport résume de manière succincte les conclusions auxquelles sont arrivés les auteurs :

  • Les roquettes chimiques syriennes improvisées et qui ont été utilisées dans l’attaque chimique du 21 août à Ghouta ont une portée d’environ 2 kilomètres.
  • L’évaluation indépendante des Nations unies sur la portée des roquettes chimiques concorde précisément avec nos conclusions.
  • Ceci indique que ces munitions n’ont pas pu être tirées sur Ghouta-est depuis le centre, ni depuis la limite orientale de la zone contrôlée par le gouvernement syrien, telle que le prétend la carte des services de renseignement publiée par la Maison Blanche le 30 août 2013.
  • Ces fausses informations auraient pu conduire à une attaque militaire américaine injustifiée sur la Syrie.
  • Un contrôle approprié du fait que la roquette était d’une portée aussi courte aurait conduit à une évaluation entièrement différente de la situation à partir des données collectées.
  • Nonobstant les raisons pour ces erreurs aussi flagrantes, la source de ces erreurs reste à expliquer.
  • Si la source de ces erreurs n’est pas identifiée, les procédures qui ont conduit à cette défaillance de nos services de renseignement ne sera pas corrigée, et les possibilités d’un désastre politique futur croîtront en toute certitude.

A la veille du départ de François Hollande au sommet de Genève II visant à trouver une issue politique à la crise syrienne, il serait important de reconnaître que la France a été victime de désinformation et surtout d’identifier les dés-informateurs et leurs motivations.

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  • petite souris • 20/01/2014 - 11:11

    je crains que not’président ne soit pas victime de désinformation ....
    il est davantage une marionnette au service des désinformateurs !!!!

    Répondre à ce message

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Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

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