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Manuel Valls prémédite le meurtre de la Sécurité sociale

La rédaction

Voici ici une tribune exceptionnelle de Bernard Lamirand, animateur du Comité d’honneur Ambroise Croizat, parue le 24 avril 2014 dans l’Humanité.

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Crédit : Mathieu Delmestre Solfé Communications. Licence Creative Commons

Manuel Valls, l’anti-Croizat

Valls veut prolonger et accentuer le travail en cours du patronat pour détruire le concept édicté à la libération d’une Sécurité sociale solidaire et par répartition.

C’est le meurtre de la Sécurité sociale que le locataire de Matignon prémédite.

Nous savions déjà depuis un certain temps que le social libéralisme considérait que la Sécurité sociale était un coût exorbitant pour le compétitivité et qu’il fallait en finir avec « l’Etat providence » comme disent les libéraux.

Un Etat providence, quelle mauvaise définition pour caractériser cette grande conquête sociale de libération et l’engagement du Conseil National de la Résistance : « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec une gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat ».

A cette époque, dans un pays détruit par le guerre, des hommes et des femmes de la Résistance n’ont pas hésité à mettre en place cette grande conquête sociale et lui ont donné les moyens de son existence.

Ils l’ont fait par la cotisation sociale.

Ils l’ont mesuré à l’aune de la solidarité entre tous et toutes.

Ils n’ont pas hésité à faire appel à la cotisation sociale : celle directe du salarié calculée sur son salaire brut et celle socialisée de l’entreprise chiffrée à partir de l’assiette salariale et prise sur la plus-value réalisée par le travail salarié.

Le débat ne fut pas facile, certains voulaient dès cet époque rallier le système à l’anglaise de Beveridge par l’impôt.

Les communistes furent ceux qui défendirent bec et ongles le système par la cotisation sociale, ils n’étaient pas seuls, la CGT réunifiée avec ses cinq millions d’adhérents obligeait à une telle conversion vers la cotisation.

Croizat, ministre du travail et de la Sécurité sociale en fut le maitre d’œuvre, nous lui devons le système de cotisations sociales et la solidarité qui l’engendrait.

Le patronat n’a jamais avalé cette décision.

Un travail de sape s’en est suivi pour rendre fragile une telle réalisation qui rendait la vie plus sécurisée pour des millions d’hommes et de femmes qui, auparavant, avaient des droits misérables et précaires concernant leur santé, leur famille, leur sécurité au travail, leurs vieux jours.

Cette Sécurité sociale, sous prétexte de son financement, a été l’objet de toutes les attaques : celle de retirer aux travailleurs le soin de diriger et de gérer leur Sécurité sociale solidaire par la non élection des administrateurs, par les remises en cause des remboursements, par l’allongement de l’âge de la retraite, par des modifications importantes dernièrement concernant les allocations familiales.

Puis, surtout, par le fait que les gouvernements successifs depuis une vingtaine d’années ont considéré que la cotisation sociale était contradictoire avec le libéralisme et nous avons vu la droite remettre en cause le versement de la part dite patronale pour les salariés au SMIC et jusqu’à 1,6 SMIC. Le parti socialiste a poursuivi la même trajectoire. Des centaines de milliards ont été ainsi détournés des caisses de la Sécurité sociale.

En fait cela a surtout permis de créer un appel d’air pour les actionnaires qui ont empoché cette part du salaire socialisé ; ils en demandent à nouveau plus qu’une becquée : la totalité.

Cela a écrasé les grilles de classifications vers le bas ; une trappe à bas salaires était ainsi créé et de nombreux travailleurs formés et qualifiés sont devenus des salariés payés au minimum.

Ces attaques étaient les premières, d’autres vinrent, elles n’étaient pas de droite, elle venait d’une certaine gauche, celle sociale-libérale ou libérale tout court, et celle-ci avançait vers des idées nouvelles qui mettaient à l’abri le patronat d’éventuelles cotisations sociales nécessaires par la création de la CSG et aussi par des vues différentes autour d’une retraite par point, d’une acceptation de la baisse des prestations sociales en matière de santé par toutes sortes de franchises, de participations forfaitaires, de forfaits hospitaliers.

Le doigt, la main, le bras, le corps tout est donc mis dans l’engrenage infernal.

Dans plusieurs écrits parus dans l’Humanité, j’ai dénoncé cette farce, la cotisation sociale n’est pas l’ennemi de l’économie, elle est d’une puissance telle qu’elle fait vivre l’économie, la vraie, celle qui répond aux besoins, celle qui créé de l’emploi, celle qui est justice et solidarité face au pillage du capital.

Celui-ci invoque le coût du travail, exige qu’il en soit exonéré de cotisations sociales, que la compétitivité des entreprises repose sur un coût du travail moindre et les patrons du CAC 40 sont les premiers à avoir exigé qu’il en soit ainsi : ils sont exaucés.

Le CNR avait considéré le contraire en 1945, le financement solidaire, celui du salarié et de l’entreprise, pris sur la valeur ajoutée fruit du travail salarié, démontre tout l’opposé puisque ce salaire socialisé créait les conditions du développement, de la croissance, de l’emploi notamment de ceux au service de la population et de créations de richesses nécessaires pour répondre à ces besoins sociaux.

Le gouvernement vient de prendre la plus mauvaise décision en confirmant les exigences du MEDEF de toucher aux cotisations sociales y compris celles du salarié qui sont issues de cette grande idée de la solidarité.

Ce serait la porte ouverte toute grande à l’Assurantiel, comme au temps des Assurances sociales d’avant guerre.

Le gouvernement Valls pourrait ainsi, selon certaines informations qui ont filtré, exonérer de cotisations sociales dites patronales jusqu’à 1,6 SMIC le financement des retraites dont on sait qu’il avait déjà invoqué le manque de financement pour allonger l’âge de la retraite à 66 ans dès son retour au pouvoir.

Quand Valls dit aux organisations syndicales -qu’il a rencontré en fin de semaine- qu’ils ne doivent pas s’inquiéter et que le financement des retraites sera assuré, on peut craindre le pire par un nouvel allongement de l’âge de la retraite et déjà le patronat veut tout de suite 65 ans comme âge légal de départ à la retraite et pendant qu’on y est de le passer à 70 ans.

Il y a quelques jours le Président de la République rendait hommage à ce programme du Conseil National de la Résistance qui portait comme titre « les Jours Heureux » ; quelle hypocrisie ! Car il savait que le programme du CNR est totalement à l’opposé de celui que son gouvernement défend, celui de la cupidité contre la solidarité.

Oui, comme Croizat, croyons qu’à nos luttes pour empêcher la désintégration de la Sécurité sociale.

Bernard Lamirand
Animateur du Comité d’honneur Ambroise Croizat

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  • petite souris • 02/05/2014 - 13:10

    état
    nation
    sont deux idées qui ne sont pas dans la pensée de not’premier !!!
    il est pour les états unis d’une europe ultra libérale à la solde de la city et de wall street
    il détruira donc tout ce qui peut contribuer de près ou de loin au bien commun en supprimant petit à petit tout ce qui concerne les services publics
    ne s’étonner de rien !
    combattre va devenir de plus en plus difficile dans un seul pays !

    Répondre à ce message

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