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Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne

Macron et la contre-révolution libérale autoritaire

La rédaction
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Jacques Cheminade avait mis en garde, dès la campagne présidentielle de 1995, contre la menace d’une dérive du système financier transatlantique – si l’on s’obstinait à ne pas le réorganiser de fond en comble – vers un fascisme financier. Car il n’est pas possible, dans un cadre démocratique, d’assurer la survie d’un système dans lequel l’emprise sans précédent de la sphère financière fait valoir, derrière le masque de l’orthodoxie budgétaire, un pillage des ressources, une cupidité aveugle, une loi de la jungle et un malthusianisme génocidaire.

Dans sa note de mai 2013, la banque JP Morgan désignait comme obstacles à éliminer les constitutions adoptées à la chute des régimes fascistes dans certains pays européens, car elles représentent autant d’entraves au bon fonctionnement des marchés. Plus tôt, en France, c’est Denis Kessler qui avait exprimé cette intention, lorsqu’il déclarait en 2007 au magazine Challenge : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

Les événements en cours en France représentent sans conteste une accélération de ce processus, et il est essentiel que les Français en soient pleinement conscients, afin de pouvoir déjouer cette contre-révolution, et surtout de se battre pour un véritable changement de système.

La révolution Macron vue depuis la City de Londres

L’article paru dans The Economist le 30 septembre est très instructif, car il nous livre le regard des intérêts de l’oligarchie financière de la City, dont le magazine britannique est le porte-voix. Intitulé « Le nouveau départ de la France », l’article rappelle que les événements électoraux de 2017 en France sont intervenus dans un contexte de forte morosité, dominé par la montée des populismes, et par un pessimisme et un « déclinisme » dont les succès libraires du Suicide français de Zeymour ou de L’identité malheureuse de Finkelkraut sont emblématiques. Bref, les apôtres des valeurs pro-européennes et libérales ne parvenaient plus à convaincre, ne trouvaient plus les mots pour faire la pédagogie, et c’est le terrible immobilisme qui l’emportait, lui qui s’était manifesté en 2005 par le « non » au référendum sur la Constitution européenne, et qu’on avait réussi à faire taire – oh pardon, à raisonner.

Puis Macron est arrivé, comme dans un conte de fée. Lui a compris, comme l’écrit The Economist, que « la France est bloquée non pas à cause d’un soi-disant penchant pour la protestation ou l’opposition contre tout changement, mais parce que sur tous les sujets fondamentaux – inégalités, mondialisation environnement, Europe – les partis sont divisés en interne (…) A l’heure où les premiers désenchantements se font ressentir, il est utile de se remémorer les événements extraordinaires des élections présidentielles et législatives de ce début d’année. Aucune guillotine n’est tombée, aucune charrette macabre n’a défilé dans les rues. Pourtant Macron a balayé toute la vieille garde, réécrit les règles politiques et démarré une révolution silencieuse ».

De plus, il y a toutes les raisons d’être optimiste, note le magazine, car « avec l’actuelle embellie économique dans la zone euro, les conditions pour remettre la France sur les rails sont plus que jamais favorables. La confiance des consommateurs a atteint cet été les plus hauts niveaux depuis dix ans. Le chômage a commencé à baisser ».

Avec l’élection de Macron à la présidence de la République, la France a su se prémunir de ses vieux démons et se trouver – après Tony Blair, Barack Obama et Matteo Renzi – un jeune leader charismatique capable de trouver les mots pour expliquer tout le bien que la finance souhaite pour le peuple, loin de cette image d’ennemi que des personnages infréquentables ont voulu lui attribuer.

Mais l’histoire réelle de l’ascension et de l’avènement de Macron est un peu moins féerique que The Economist voudrait le faire croire.

Les Gracques et l’ascension de Macron

Dans l’histoire des dix dernières années de la politique française, les Gracques sont comme la lettre volée d’Edgar A. Poe : ils sont parfaitement visibles pour qui ouvre un peu les yeux et pourtant, personne ne les voit. C’est Aquilino Morelle, la plume de François Hollande pour son discours du Bourget (« mon ennemi, le monde de la finance... »), qui est le premier à avoir publiquement désigné ce club, au moment de sa démission forcée de son poste de conseiller politique au cabinet du président Hollande, en avril 2014. « Les Français ont voté pour le discours du Bourget, pas pour le programme des Gracques », avait-il alors protesté (cf. l’article de Vanity Fair publié en juin 2015).

Les Gracques sont en effet au cœur du tournant libéral du mandat de François Hollande en 2014, marqué par la nomination de Manuel Valls (« monsieur 5 % » aux primaires socialistes de 2011) à Matignon, et par le départ d’Arnaud Montebourg du ministère de l’Économie et des Finances, remplacé par Emmanuel Macron. L’influence de Jean-Pierre Jouyet, membre éminent des Gracques et ancien camarade de Hollande au sein de la fameuse promotion Voltaire à l’ENA, devenu à ce moment-là secrétaire général de l’Élysée, a été déterminante dans la promotion de Macron.

L’association Les Gracques s’est formée en 2007 pour appeler à une alliance Ségolène-Bayrou ; elle est devenue depuis un puissant réseau d’influence agissant dans les coulisses du pouvoir dans le but d’en finir avec « les conservatismes de la gauche » et de convertir cette dernière au libéralisme, afin que l’erreur de parcours du « non » au référendum de 2005 ne se reproduise plus. Elle réunit des hommes d’affaires, des hauts-fonctionnaires socialistes, ayant évolué dans les cabinets ministériels sous Mitterrand, Rocard et Jospin, ainsi que des intellectuels. On y retrouve ainsi Bernard Spitz, pantoufleur professionnel du monde des assurances, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, le banquier et homme d’affaires Mathieu Pigasse, le patron de presse Denis Olivennes, l’écrivain et académicien Erik Orsenna, etc.

Jean-Pierre Jouyet, époux de Brigitte Taittinger, en est l’un des personnages-clé depuis le tout début. Jouyet est également engagé dans l’Aspen Institute, l’un des plus influents think tank néo-conservateurs aux États-Unis, dont il a présidé jusqu’en 2013 la section française. Quand Emmanuel Macron rejoint à sa sortie de l’ENA en 2004 l’Inspection des finances, Jouyet qui en est l’un des chefs le prend sous son aile protectrice.

L’accord inique passé en 2014 – dans lequel on sait que Macron a joué un rôle décisif – offrant sur un plateau Alstom énergie à General Electric reflète parfaitement l’idéologie véhiculée par ces réseaux d’influence : en finir une bonne fois pour toutes avec l’existence d’un État stratège intervenant dans l’économie, et livrer l’économie française aux prédateurs dominants au sein de la jungle des marchés. Le programme des Gracques prône par exemple la fin du tout-TGV et du tout-TER (c’est d’ailleurs chez eux que Macron a puisé son idée des autocars), la réduction des dépenses dans l’enseignement secondaire, dans les collectivités et dans les investissements, etc., ainsi que la disparition du statut de la fonction publique. Il s’agit bien du détricotage « méthodique » du programme du CNR cher à Denis Kessler.

L’ironie de l’histoire est que le nom des Gracques fait référence à Tibère et Caïus Gracchus, tous deux Tribuns de la Plèbe de la République romaine, au cours du IIe siècle avant J.C., et dont les tentatives de réformer le système social romain se soldèrent par un échec.

Pour conclure, il faut dire que si le « non » de 2005 était bien entendu l’expression du rejet par la population de l’ultra-libéralisme destructeur de la mondialisation financière, c’est avant tout l’absence d’une véritable alternative politique, nous libérant de cette occupation financière, qui a facilité la trahison de ce vote par la suite. Cette alternative a constamment été écartée du grand public, comme c’est arrivé avec le débat sur la séparation des banques de dépôts et des banques d’affaires, mis sous le boisseau après l’élection de François Hollande qui en avait parlé dans son discours du Bourget.

Mais l’imminence du tsunami financier aujourd’hui crée les conditions dans lesquelles nous pouvons plus que jamais rouvrir ce débat et mettre les solutions sur la table !

AGENDA :

Mercredi 11 octobre, à 19h30 :
Conférence-débat de Jacques Cheminade : « le travail, c’est quoi ? »

Inscriptions : 01 76 69 14 50

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  • BONIN Stéphane • 10/10/2017 - 13:15

    Rien qu’ en écoutant bien "micron/macaron" depuis 2014 et ses insultes régulières sur "les gens de rien" (les ouvrières de Gad pour commencer (2014)), et en lisant son programme, on savait à qui on avait affaire avant les élections !

    Répondre à ce message

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

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Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Jacques Cheminade
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