Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilChroniques stratégiques
X Logo S&P
En 2018, le site de Solidarité & Progrès devient semi-payant. 4 publications payantes vous sont encore offertes. Voir les abonnements

Italie : si le peuple a mal voté, changeons de peuple !

La rédaction
Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne
JPEG - 34.1 ko

Les temps sont durs pour les défenseurs invétérés de la démocratie qui, depuis le non danois à Maastricht, les « non » hollandais et français à la Constitution européenne en 2005 jusqu’au vote italien du 4 mars dernier, en passant par la Grèce en 2015, le Brexit et l’élection de Trump, ne trouvent décidément plus peuple à leur pied.

Ainsi, cette horde de « barbares » (dixit le Financial Times) qu’on appelle le peuple italien, a forcé les marchés financiers et les institutions européennes à se mobiliser comme un seul homme contre le risque que représentait la coalition Ligue-M5S, démontrant, si besoin était, que la démocratie est bien pratique pour bombarder des pays comme l’Irak, la Libye et la Syrie, ou pour faire la leçon à la Russie et la Chine, mais qu’on est prêt à s’asseoir dessus s’il le faut.

C’est d’ailleurs ce que le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, a exprimé de façon totalement décomplexée, avant de se rendre compte de son dérapage, en disant : « Les marchés vont apprendre aux Italiens à voter correctement ! »

Le président italien Sergio Mattarella a donc opposé son veto à la nomination de l’eurosceptique Paolo Savona au poste de ministre de l’Économie, au motif que cela aurait envoyé un très mauvais message aux « acteurs économiques et financiers » (les observateurs notent par ailleurs l’absence d’opposition à la nomination de Salvini comme ministre de l’Intérieur qui veut expulser au plus vite 500 000 migrants… Vous avez dit « valeurs européennes » ?).

Les constitutionnalistes honnêtes reconnaissent que par cette décision, le président italien a outrepassé son pouvoir constitutionnel, qui ne prévoit pas qu’il puisse s’opposer à la nomination d’un ministre en raison de ses opinions politiques ou économiques.

De cela, les médias européens n’ont fait aucun cas. En pleine extase, ils ont immédiatement dépeint Mattarella en « rempart contre le populisme » (Ouest France), voyant en lui « le président qui dit non » (Le Monde), « le rigoureux gardien du temple constitutionnel » (Le Figaro), « un homme de principes » (La Tribune de Genève), et l’applaudissant en grande pompe : « Le président italien a bien fait – Forza Mattarella ! » (Handelsblatt), etc.

En réalité, le valeureux David face au vilain Goliath du populisme était loin d’être seul : il avait derrière lui toute l’armée paniquée des intérêts financiers de la City, et de leurs supplétifs européens, qui ont littéralement assiégé la péninsule italienne ces derniers jours, brandissant menaces, intimidations, voire même insultes.

Le 25 mai, l’agence de notation Moody’s a prévenu qu’elle comptait réexaminer sa note de l’Italie au regard du programme de la coalition, craignant que ce dernier ne porte atteinte aux « capacités fiscales italiennes » et ne bloque « les réformes structurelles ».

Pendant ce temps, la presse outre-Rhin abandonnait au vestiaire la légendaire bienséance allemande en publiant une série d’articles virulents, à l’image de l’éditorial du journal Der Spiegel, qui qualifiait le peuple italien de « mendiants » et de « pique-assiettes ». « Comment pourrions-nous définir autrement le comportement d’un pays qui demande de financer le farniente et qui menace ensuite ceux qui sont sommés de régler leurs dettes ? Au moins, les clochards disent merci quand on leur donne quelque chose... » s’est emporté le quotidien.

Dans le même ton, Henri de Castries, le patron d’Axa, filloniste reconverti au macronisme, a rappelé sur l’antenne de BFM Business que l’euro représente une protection et que ceux qui en bénéficient oublient trop souvent qu’ils doivent s’acquitter de leurs engagements. Il n’a toutefois pas jugé utile de préciser que depuis qu’ils bénéficient de la « protection » de l’euro, les Italiens n’ont cessé de voir leur niveau de vie chuter…

Pendant les jours et les heures qui ont précédé sa décision, le président Mattarella était en contact direct avec Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), qui faisait du rejet de Paolo Savona une affaire de vengeance personnelle liée aux relations qu’il avait eu avec lui à l’époque où il était à la Banque d’Italie. Emmanuel Macron a lui-même appelé Giuseppe Conte pour le prier de ne pas nommer Savona dans son gouvernement.

Comme le dit bien dans sa déclaration notre amie Liliana Gorini, présidente de MoviSol, notre parti frère en Italie, ce coup d’État à la sauvette est un véritable aveu de faiblesse du système, puisqu’il ne permet que de gagner du temps, avant la tenue d’élections anticipées sans doute à l’automne et même dès juillet selon les dernières informations. « Les prochaines élections vont ressembler, de facto, à un référendum sur l’Union européenne et sur l’euro (...) C’est une menace pour l’existence même de la zone euro dans son ensemble », estime Francesco Galietti, du cabinet d’études Policy Sonar à Rome. Et on voit mal comment les Italiens, outrés par cette main basse éhontée de l’UE sur la démocratie italienne, pourraient ne pas renforcer leur soutien à la Ligue et au M5S.

De fait, la gueule de bois a rapidement remplacé l’euphorie médiatique. Dans son éditorial du 29 mai, Bloomberg écrit : « En rejetant le choix d’une coalition issue du vote populaire, [Mattarella] a peut-être déclenché une crise financière dont il sera difficile de se sortir et qui pourrait mettre en péril l’ensemble du projet européen ». Partageant la même analyse, Le Monde du 30 mai estime que le président italien n’a fait que « retarder le moment de vérité : celui où la péninsule devra choisir son destin européen. (…) L’option retenue par M. Mattarella pourrait toutefois échouer sur tous les tableaux », tellement sa façon d’agir « donne le sentiment aux électeurs des partis antisystème de ne pas respecter leur vote ».

Et, comme le constate Le Monde, les marchés financiers ont bien compris le message, puisque le « spread » (l’écart entre les taux d’intérêts allemand et italien sur les prêts à dix ans) a atteint lundi son plus haut niveau depuis 2013, juste après la décision de Matteralla de nommer Carlo Cottarelli – « M. Ciseaux » – afin de former un gouvernement technique.

Plus les tenants du système déploient d’efforts pour préserver leurs intérêts, plus les résultats sont contraires à ceux souhaités. C’est ce à quoi nous assistons dans cette « crise italienne », comme dans le cas de la tentative de putsch contre la présidence Trump menée par les réseaux corrompus des institutions américaines et britanniques (le « Russiagate »), où les choses se retournent chaque jour contre nos ennemis.

Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne

Un message, un commentaire ?


form pet message commentaire
Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

  • BONIN Stéphane • 30/05/2018 - 19:57

    Le vrai visage de l’ UE ! Rappelez vous le vote Français de 2005 !

    Répondre à ce message

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Vous souhaitez aider ? Adhérer, faire un virement mensuel, participer à un stand militant ? Prenez contact avec nous.

Le coup d’Etat de la BCE contre l’Italie, un aveu de faiblesse

30 mai
Orientation stratégique
Le coup d’Etat de la BCE contre l’Italie, un aveu de faiblesse

Comment le vote italien peut changer la donne

23 mai
Chroniques stratégiques
Comment le vote italien peut changer la donne

L’Italie a besoin d’une séparation des banques, pas de l’euro

18 novembre 2016
Actualité
L’Italie a besoin d’une séparation des banques, pas de l’euro

L’Italie quittera-t-elle l’UE avant le Royaume-Uni ?

4 février 2016
Actualité
L’Italie quittera-t-elle l’UE avant le Royaume-Uni ?

Comment la City et Wall Street ont volé notre Europe

15 mai 2014
Politique
Comment la City et Wall Street ont volé notre Europe

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard