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Le geôlier de l’Élysée et la prison monétaire de Bruxelles

La rédaction
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À travers leur mobilisation, non seulement les Gilets jaunes ont propulsé la majorité invisible sur la scène, mais ils font progressivement apparaître les murs de la prison dans laquelle nous nous trouvons.

Le discrédit de l’ensemble de la classe politique, déjà fortement entamé au moment des élections de 2017, a été définitivement acté après les 18 mois de la présidence Macron – qui ont vu le charme du « nouveau monde » se rompre aussi vite qu’il avait opéré. Le fait que les trois quarts des Français continuent de soutenir le mouvement des GJ, malgré les images violentes et les caricatures exhibées depuis trois semaines en boucle sur les écrans et sur les ondes, révèle combien les médias perdent de plus en plus leur emprise mentale et émotionnelle sur la population française.

Cependant, les murs de la prison ne sont pas encore complètement apparus à la lumière. Car l’impuissance politique du gouvernement actuel – qu’il compense par l’arrogance et le mépris – ne provient pas de l’Élysée.

Le choix de la défaite, qui s’est transmis de gouvernement en gouvernement depuis le tournant de la rigueur en 1983-84, a été inscrit dans les traités européens calamiteux qui ont été adoptés par nos dirigeants depuis l’Acte unique de 1987.

Par cette « soumission volontaire », nous avons renoncé à notre souveraineté dans tous les domaines, plaçant nos pays sous l’autorité supranationale de la Banque centrale européenne (BCE) et de lobbies exploitant la Commission de Bruxelles au service des marchés financiers.

Comme le fait remarquer Coralie Delaume dans Le Figaro le 6 décembre, « l’Europe est (…) absente des mots d’ordre et des slogans. Pourtant, aucune des demandes formalisées [par les Gilets jaunes] n’est réalisable dans l’Union européenne actuelle, dans le Marché unique et dans l’Euro, qui sont le cadre à l’intérieur duquel prennent place les politiques nationales ».

Le choix de la défaite, ou l’accommodage des restes

Ainsi, les États européens sont devenus des organes sans têtes. Demander la démission ou la destitution de Macron ne vaut donc guère mieux que de demander l’éviction du geôlier de la prison. Et même si le Président décidait de jeter ses préjugés de classe à la poubelle et de rompre avec le petit club d’un millier de millionnaires qui l’a porté au pouvoir, afin d’engager une véritable politique « du peuple, par le peuple et pour le peuple », il serait absolument incapable de le faire dans le cadre actuel de l’UE.

Alors que les européistes ne sont jamais les derniers à faire des leçons de démocratie à tout bout de champ, ils ont progressivement organisé une Europe hors-sol, non-démocratique, supranationale, se payant même le droit d’ignorer les volontés des peuples, exprimées démocratiquement, notamment lors du référendum de 2005 en France et aux Pays-Bas. Comme l’avait précisé sobrement le Président de la Commission Jean-Claude Juncker, en janvier 2015 : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ».

Nous le voyons à l’œuvre aujourd’hui dans le cas de l’Italie, où une Commission européenne non élue tente de gouverner un gouvernement italien dûment élu, pour lui interdire de mener une politique de justice sociale et d’investissement en faveur de l’emploi !

Le Parlement de Strasbourg est la seule institution européenne où siègent des élus du peuple ; mais, comme le dit bien Coralie Delaume, ce Parlement n’en est pas un, puisqu’il n’existe pas de « peuple européen ». De plus, il n’a lui-même aucun pouvoir de modifier les traités définissant la politique économique imposée aux États membres. « Quoi qu’il se passe dans les urnes lors des Européennes de 2019, le pack juridique composé des traités et des arrêts de la Cour continuera d’imposer plus de libre-échange, plus d’austérité, plus de concurrence », écrit Delaume.

Dans le cadre de l’UE, les États sont interdits de mener une politique monétaire, puisqu’elle est entre les mains de la BCE ; ils sont interdits de mener une politique économique et commerciale protectrice puisqu’elle violerait le sacro-saint dogme de la « concurrence libre et non faussée » ; ils sont interdits de mener une politique budgétaire puisqu’ils doivent respecter les « critères de convergence » de la monnaie unique, notamment la fameuse règle des 3 % de déficit public dont la rationalité économique n’a jamais été démontrée.

Les seules variables d’ajustement qui leur restent sont donc la fiscalité et le coût du travail. « Ce qu’il reste d’autonomie pour un gouvernement (…) relève depuis 1983 de l’infiniment petit (…), affirmait déjà en 1986 le jeune François Hollande, alors conseiller de la Cour des comptes. La politique économique est désormais l’art d’accommoder les restes, sous-entendu les rares marges d’autonomie qui subsistent ».

Ce n’est évidemment pas avec une telle mentalité de « l’infiniment petit » que l’on peut combattre le « monde de la finance », comme le futur président en avait exprimé l’intention lors du discours du Bourget en 2012.

Les deux partis politiques qui ont dirigé la France en alternance depuis 40 ans se sont conformés à cette pensée unique.

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En avril 1996, devant le Conseil économique et social, celui qui allait devenir quelques années plus tard directeur de la BCE, Jean-Claude Trichet, déclara en effet : « La politique monétaire française de stabilité et de crédibilité est issue d’un consensus multipartisan (…). Le témoin (…) a été passé par M. Delors à M. Bérégovoy, par M. Bérégovoy à M. Balladur, par M. Balladur à nouveau à M. Bérégovoy (…). Cette convergence de la stratégie monétaire, alors même que notre démocratie est restée extraordinairement active [Sic] dans tous les autres domaines (…) me semble très importante ».

Bien avant tout le monde, Jacques Cheminade a anticipé et combattu cette dérive de l’Union européenne, dénonçant notamment « l’acte inique » de 1987, et « l’Europe des vautours » de 1992 (voir ci-contre).

Se faire la belle

Impossible de stopper l’austérité, d’augmenter les salaires et les retraites, de taxer le grand capital, de protéger et redévelopper l’industrie française, de relancer une politique d’aménagement du territoire, bref de mener une véritable politique de progrès économique et de justice sociale, sans sortir de la prison monétaire européenne en annulant l’ensemble des traités européens signés depuis les années 1980. Il est donc notable que certains Gilets jaunes aient récemment appelé à se rendre à Bruxelles plutôt qu’à Paris, et que d’autres aient soulevé la question de la souveraineté monétaire.

En mars 1944, le Conseil national de la Résistance avait inscrit dans le programme des « Jours heureux », parmi les mesures à appliquer à la libération du territoire, « l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ». L’enjeu reste le même aujourd’hui, à la différence près que pour nous libérer de l’occupation financière actuelle nous devons sortir de cette UE qui s’est faite la courroie de transmission des féodalités de Wall Street et de la City de Londres.

Aujourd’hui, cette prison se fissure de partout, subissant les coups de butoir des populations qui, partout sur le continent, réclament justice, liberté et dignité, c’est-à-dire de redevenir maîtres de leur destin. À nous de montrer la voie.

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Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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