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Les Gilets jaunes, une jacquerie ? Non, Sire, c’est une grève de masse !

La rédaction
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Tel un essaim de lucioles illuminant la nuit noire, le peuple de l’ombre, oublié par des décennies de désindustrialisation sauvage et de mondialisation financière, se lève sur l’ensemble du territoire, revêtu de son gilet jaune. « C’est un cri de colère contre le mépris du travail humain », souligne Jacques Cheminade dans son éditorial « Servir le peuple, guérir la France ».

En dépit des montagnes de railleries et de dénigrements érigées par les bien (mal) pensants, qui font preuve d’une ingéniosité sans limite pour réduire ce mouvement à une jacquerie irrationnelle contre les taxes et les impôts, il s’agit de ce que Rosa Luxemburg appelait « un ferment de grève de masse ». Et ce ferment n’est bien entendu pas propre à la France, comme l’ont démontré les soulèvements spontanés de gilets jaunes en Belgique, en Bulgarie et même en Allemagne ; de plus, il s’inscrit dans la continuité des votes pour le Brexit en Grande-Bretagne, contre Hilary Clinton aux États-Unis, ou encore contre la tutelle de l’UE en Italie.

Depuis samedi, tandis que les médias font tourner en boucle le refrain de l’essoufflement du mouvement et du refus des syndicats d’y participer, sa base s’est élargie aux pêcheurs et aux routiers, suite à l’appel de FO Transports. Et si la jonction n’est pas formellement faite, le soulèvement coïncide avec la mobilisation des infirmières, ainsi qu’avec la colère exprimée par les maires à l’occasion du Congrès annuel qui se tient actuellement Porte de Versailles, face à un Macron qui, après avoir joué son mea culpa sur son échec à avoir réconcilié le peuple et ses dirigeants, refuse de venir à la rencontre des élus, et se contente d’en inviter un millier trié sur le volet à venir le rencontrer à l’Élysée, autour de petits fours. L’une d’entre eux ne s’est cependant pas gênée pour dire que ce n’est pas en leur remplissant la bouche aux frais du contribuable qu’on les empêchera de parler...

Retour de la France libre

Dans son intervention sur France 2 dimanche soir, le Premier ministre Édouard Philippe n’a pas dérogé à la règle en susurrant avec malice que le droit de manifester est bien entendu garanti en France, mais pas celui de l’anarchie. Deux jours plus tard, c’était au tour du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui dénonçait la « dérive totale » et la « radicalisation » des gilets jaunes, regrettant hypocritement la perte de l’esprit bon enfant des premiers jours du mouvement.

Ce thème et ces éléments de langage, ainsi que la condescendance qui les accompagne, sont repris en cœur par une presse et des grands médias le doigt sur la couture du pantalon : « Agression homophobe, insultes racistes, menace… le mouvement des ‘gilets jaunes’ a (aussi) dérapé », titre Franceinfo ; « ‘Gilets jaunes’ : indignation après des agressions homophobes, islamophobes et racistes », serine Libération. Les nuages d’encre projetés ainsi grossièrement sur de tels cas particuliers cachent mal la peur bleue d’une caste réactionnaire qui sent le vent du boulet se rapprocher d’elle. Mais quelle meilleure formation politique, pour ces dizaines de milliers de néophytes qui n’ont jamais mis les pieds dans des manifestations, syndicats ou partis politiques, qu’un déploiement aussi caricatural de mensonge et de mauvaise foi ?

Toutefois, réduire le problème à un conflit insoluble entre nantis et exploités serait trop facile, et nous condamnerait surtout à l’impuissance et au chaos. Il y a urgence à provoquer une remise en cause au sein de cette « France d’en haut », qui vit recluse dans ces citadelles du XXIe siècle qu’on appelle métropoles. La question se pose en particulier pour la jeunesse bourgeoise et/ou arriviste, qui s’est laissé écolo-boboïser au fur et à mesure qu’elle évoluait dans ce milieu.

Pour exemple, les jeunes « youtubeurs » qui viennent de lancer, à rebours du mouvement des Gilets jaunes, une campagne écologique baptisée « On est prêts », visant à encourager les millions de jeunes qui les suivent à préserver l’environnement par des petits gestes quotidiens, comme couper le chauffage l’hiver et mettre des pulls. Cette initiative, largement adoubée par des poids lourds du gouvernement et par des personnalités en vue de LREM, n’est pas sans rappeler les campagnes de réclames sous l’occupation, baptisée les « Jours sans », qui encourageaient les Français – dans la bonne humeur – à se fabriquer des galoches à semelles de bois ou en caoutchouc récupéré sur de vieux pneus, les conditionnant ainsi à une logique de rationnement.

Fierté et responsabilité

À travers le mouvement des Gilets jaunes, ce sont des milliers de citoyens qui ressentent, parfois pour la première fois, la fierté de se voir comme un peuple se levant pour réclamer ses droits et sa dignité. Ce sentiment leur donne la force de faire ce qu’ils n’auraient jamais imaginé pouvoir faire un jour, à l’image de Raphaël, ce jeune ajusteur-monteur en aéronautique de Roanne, qui s’est exprimé devant 2500 personnes pour la première fois, le cœur battant à tout rompre, après s’être battu pendant des jours, dormant trois à quatre heures par nuit, pour assurer que la mobilisation du 17 novembre se déroule bien, déposant les plans des barrages filtrant aux forces de l’ordre, enchaînant les réunions et tractant dans toute l’agglomération.

La « grève de masse » est, par principe, un phénomène qui prend au dépourvu tous les gouvernements, partis politiques et syndicats établis, et d’une certaine manière ceux qui y prennent part eux-mêmes. Cela peut-être la meilleure ou la pire des choses. Sans perspective d’avenir, cela peut devenir terriblement destructeur. Mais une grève de masse peut devenir la meilleure des choses si cette révolte face à une situation insupportable est alimentée par des solutions, des idées et des projets.

Comme l’écrivait il y a deux siècles le poète Percy Shelley, dans son essai En défense de la poésie, nous nous trouvons dans une époque où « l’on voit s’accumuler le pouvoir de communiquer et de recevoir des conceptions intenses et passionnées concernant l’homme et la nature ». Ce sont toujours de telles époques qui forment des hommes et femmes meilleures et produisent les dirigeants de demain. À nous – à vous lecteurs – de prendre la responsabilité d’inspirer et d’orienter ce mouvement en saisissant toutes les occasions possibles pour susciter une réflexion de fond sur les véritables causes de la crise économique, sur la nature de notre ennemi – l’empire financier de la City de Londres et de Wall Street —, et sur les solutions pour nous en libérer et rebâtir une vraie économie.

Allez moussaillons ! Le vent de la France libre souffle vigoureusement, alors souquez ferme !

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  • BONIN Stéphane • 26/11/2018 - 19:38

    Si au moins les taxes dîtes "écologiques" (dont la taxe carbone censé remplacer l’ écotaxe (qui était écologique)) allaient bien où elles doivent aller ("la transition écologique"), alors beaucoup de choses auraient changé : les Français auraient pu voir le but des taxes.

    Ces taxes "écologiques" doivent être reversés, dans le domaine des transports, à une régénération complète du réseau ferroviaire Français (en particulier les "petites lignes"), à la mise à niveau de véritables axes fret dédiés (Lyon - Turin, Angleterre/Bénélux - Italie/Espagne via Paris/Metz/Strasbourg et les lignes du Rhône ou de l’ Ouest (Limoges/Bordeaux)), aux Intercités, et aux TER . Au niveau urbain et périurbain, des appels à un "4ème projet" pour la création de lignes tramways et BHNS est urgent (des 5ème et 6ème projets seront nécessaire rapidement).

    Dans ces conditions, les gens pourraient voir à quoi serviraient "leur contribution fiscale" . Dans les conditions actuelles - directement le budget de l’ Etat pour les 3% de Bruxelles et le CICE - la révolte des Gilets Jaunes est inévitable !

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Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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