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À l’ONU, le théâtre d’ombre du "multilatéralisme" vs "unilatéralisme"

La rédaction
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Au-delà de la grand-messe de l’Assemblée générale des Nations unies, et des analyses à l’infini des experts décryptant les mouvements des ombres sur les murs de la caverne, il est utile de rappeler ce que sont les vrais enjeux actuels : mettre enfin un terme à l’ère de la géopolitique et de l’impérialisme néolibéral anglo-américain, et redéfinir les relations internationales sur la base du respect de la souveraineté de chaque État-nation et des principes de l’économie physique et du progrès humain.

À New-York, nos amis militants du LaRouche political action committee (LPAC, le mouvement de l’économiste américain Lyndon LaRouche) ont fait circuler parmi les membres des délégations des différents pays représentés l’appel-pétition de l’Institut Schiller pour un nouveau Bretton Woods, c’est-à-dire un sommet réunissant en premier lieu les États-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde pour mettre en place un nouveau système de relations internationales gagnant-gagnant (merci de le signer en ligne ICI).

Faux multilatéralisme et faux souverainisme

Les médias français se sont abondamment payés de mots pour réduire le débat aux « deux visions opposées du monde », entre l’ « unilatéralisme » de Trump – renvoyant aux souverainismes et autres nationalismes populistes qui émergent partout dans la région transatlantique du monde – et le « multilatéralisme » défendu avec une passion « percutante » par Macron.

Le président français, dans un emportement émotionnel embarrassant et dont le pupitre de la tribune a fait les frais, a fustigé l’unilatéralisme et sa « loi du plus fort », sans jamais nommer les États-Unis. Ce qui est quand même gonflé pour quelqu’un qui conforme en tous points sa politique à l’idéologie économique néolibérale – précisément darwinienne – et pour le président d’un pays qui, au travers des trois dernières présidences, et encore aujourd’hui, s’est soumis à la politique néoconservatrice des administrations Bush et Obama.

« Nous vivons une crise profonde de l’ordre international libéral westphalien que nous avons connu parce qu’il a échoué pour partie à réguler ses propres dérives financières, sociales, climatiques », a déclaré Macron. Aucun journaliste n’a jugé utile de commenter cette référence à l’ordre « westphalien », soit par ignorance, soit par mépris pour le public. Cette remarque mérite pourtant réflexion, car les problèmes du monde actuel ne découlent pas de l’ordre westphalien que nous avions. Issu du traité de paix qui avait mis fin en 1648 aux guerres de religion, ce traité organisait les nations souveraines en une communauté d’intérêts et de destin.

La crise profonde que nous connaissons aujourd’hui découle, au contraire, de la mondialisation financière qui est la négation même de l’ordre westphalien et dont l’un des champions fut l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui en a même élaboré une doctrine, énoncée à Chicago en 1999. Car de la fin des États-nations souverains découle l’idée de Blair d’un ordre basé sur « la responsabilité de protéger », c’est-à-dire la possibilité pour les pays les plus puissants de la planète d’outrepasser la loi de non ingérence inscrite dans la Charte de l’ONU et d’utiliser des prétextes, parfois construits de toutes pièces, pour intervenir militairement dans les pays du Sud.

Rappelons que c’est Tony Blair qui est à l’origine des mensonges sur le régime de Saddam Hussein, repris ensuite par l’administration américaine Bush-Cheney, et qui, sur la base de ce mensonge, a mis en œuvre un nouvel impérialisme qui a plongé dans le chaos l’Irak, la Libye, la Syrie et l’ensemble de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Le multilatéralisme oui, mais encore faut-il savoir de quoi on parle.

De son côté, Trump prône la politique de bon voisinage et se fait le chantre du souverainisme – « J’honore le droit de chaque nation présente dans cette enceinte d’avoir ses propres coutumes, traditions et croyances. Les États-Unis ne vous dicteront pas comment vous devez vivre, travailler ou prier » – uniquement pour promouvoir les intérêts bien unilatéraux de son pays. Dans le même discours, Trump ne s’est pas gêné pour entonner les vieilles rengaines de l’impérialisme américain à propos du « boucher » Assad et pour proférer de nouvelles menaces contre le régime iranien.

Pour un nouvel ordre westphalien gagnant-gagnant

Bien que Trump s’affirme favorable au rétablissement d’un dialogue avec la Chine et la Russie, son ambition pour une « America First » le mettra nécessairement aux prises avec d’autres pays pour assurer le leadership américain. Cette faille est exploitée par les courants ultranationalistes dans son administration qui cherchent à l’entraîner dans une confrontation contre la Chine.

C’est ainsi qu’à la tribune de l’ONU le président américain a accusé la Chine d’essayer d’interférer dans les élections de mi-mandat, qui auront lieu le 6 novembre. Au même moment, le Département d’État américain annonce la vente de 330 millions de dollars d’armes à Taïwan, tandis que des pressions terribles sont mises sur les pays d’Amérique centrale et des Caraïbes – notamment le Salvador, la Bolivie et la République dominicaine – qui ont récemment rompu leurs relations diplomatiques avec Taïwan pour pouvoir rejoindre l’Initiative une ceinture, une route (ICR) de la Chine (les Nouvelles routes de la soie).

Le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, qui dirigeait la délégation chinoise à New-York, a immédiatement répondu en rappelant d’ailleurs les principes essentiels issus du Traité de Westphalie :

Les accusations envers la Chine sont erronées et irresponsables ; si elles restent non prouvées, elles mettront à mal les progrès réalisés dans les relations sino-américaines en 40 ans, ce qui sera dommageable aussi bien pour nos deux pays que pour la communauté internationale. (…) La stabilité et l’amélioration des relations entre la Chine et les États-Unis est fondamentale pour nos pays et pour nos peuples, et c’est également indispensable pour la paix, la stabilité et le développement mondiaux. (…) À travers l’expérience des 40 dernières années, les deux parties ont appris que seule la coopération permettra de créer les conditions d’une relation gagnant-gagnant, et qu’une logique d’affrontement ne peut que mener à un scénario perdant-perdant.

Le 26 septembre, le Global Times, quotidien reflétant la pensée du gouvernement chinois, a publié un éditorial revenant sur le discours du président américain :

Il est bien entendu positif que Trump ait insisté sur l’idée de la souveraineté nationale dans son discours. Cependant, il est évident que la souveraineté ne pourra jouer un rôle positif que si des conditions d’égalité sont établies au préalable, principe de base auquel tout le monde doit compter. Historiquement, le concept de souveraineté et d’égalité entre les nations sont nés au moment de la paix de Westphalie, le premier traité de paix à avoir établi et garanti l’égalité de la souveraineté nationale. De nos jours, l’indivisibilité de la souveraineté et de l’égalité portent toujours une signification cruciale pour le monde.

Récemment, les États-Unis ont transgressé certaines des règles essentielles à la stabilité du système international, affectant considérablement le système multilatéral.

Précisons que, contrairement aux Européens, qui reprochent sensiblement la même chose à l’administration Trump, les Chinois font ici référence à la dérive néoconservatrice des États-Unis depuis l’administration Bush, Jr.

Nous espérons sincèrement que cette emphase sur le concept positif de la souveraineté nationale puisse encourager Washington à mener une réflexion sur la morale internationale, et à se libérer de l’arrogance et de l’égoïsme qui ont cours actuellement. Le président Trump a déclaré que les États-Unis rejetaient ‘l’idéologie du mondialisme’, mais cela ne devrait pas entrer en contradiction avec le fait de s’acquitter de ses responsabilités internationales. En tant que première économie mondiale, les États-Unis ne peuvent pas prospérer sans une coopération élargie à de nombreux autres pays. Par conséquent, l’unilatéralisme et la stratégie du ‘winner takes all’ [le gagnant rafle la mise]— qui est l’opposé du multilatéralisme et de la stratégie gagnant-gagnant – sera irréalisable.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

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Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

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Jacques Cheminade
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