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Coup d’Etat financier : après la Grèce, le Portugal

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Les Portugais ont voté contre l’austérité. Un crime !
Crédit : AP

En matière de gouvernance, l’UE reste un laboratoire riche en expérimentations. En témoigne Alexandre Tsipras qui vient de confirmer que sans « les conseils » de François Hollande, il n’aurait jamais reculé comme il l’a fait pour sauver la zone euro en organisant en Grèce ce que son ex-ministre des Finances Varoufakis dénonce comme un « Coup d’Etat contre soi-même ».

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Aujourd’hui, c’est le Portugal qui se livre au même exercice. Lors des élections législatives du 4 octobre, les conservateurs (CDS-PP) du Premier ministre Pedro Passos Coelho, obtiennent 38,6 % des suffrages. « Après la Grèce, l’opinion publique portugaise a refusé les scénarios de rupture. La population portugaise a voté pour l’Europe et l’euro, » s’exclame Jean-Marc Sylvestre sur Atlantico.

Pourtant, en face, le total des voix de gauche est, lui, supérieur à 51 %, le PS représentant 32,3 %, le BE (Bloc de gauche qualifié de « Syriza portugais ») 10,19 % et la Coalition démocratique unitaire (Parti communiste et Verts), 8,25 % des voix.

Dans pareille circonstance, il aurait été normal, en démocratie, que le Président portugais Anibal Cavaco Silva accède à la demande d’Antonio Silva (PS) de le nommer comme Premier ministre.

Or, il n’en est rien. Et jeudi 22 octobre, c’est le Premier ministre sortant Pedro Passos Coelho qui est reconduit dans ses fonctions comme le souhaitait Angela Merkel. Pourquoi ?

Parce que l’opposition qui a gagné l’élection s’oppose à l’austérité ! Une menace potentielle suffisamment inquiétante pour organiser un véritable déni de démocratie. Reconnaissant implicitement les pressions qu’il subit, le Président portugais a d’ailleurs affirmé :

En 40 ans de démocratie, aucun gouvernement du Portugal ne fut dirigé grâce au soutien de forces anti-européennes, soit des forces qui ont fait campagne pour abroger le traité de Lisbonne, le pacte fiscal, le pacte de croissance et de stabilité ainsi que pour démanteler l’Union monétaire et sortir le Portugal de l’euro, en plus de vouloir dissoudre l’OTAN...

(...) Après tous les importants sacrifices consentis dans le cadre d’un important accord financier, il est de mon devoir, et dans mes prérogatives constitutionnelles, de faire tout mon possible pour empêcher de faux signaux d’être émis envers les institutions financières et les investisseurs internationaux.

Pour le Président portugais, les perceptions des tenants du système sont largement plus réelles que la réalité du scrutin.

En plus, le PS portugais n’est « pas Syriza » comme l’admet son candidat Costa qui ajoute que « les engagements internationaux du Portugal » seront respectés aussi bien vis-à-vis de l’OTAN que vis-à-vis de l’UE et de sa discipline budgétaire (respect d’un déficit inférieur à 3 % du PIB).

Les tenants de ce qui convient de nommer l’Empire européen ont donc visiblement mis les points sur les i :

  1. l’UE ne peut pas se payer « le luxe » d’une deuxième crise grecque sans s’effondrer ;
  2. toute force politique qui s’oppose à l’austérité est une menace potentielle pour l’euro et doit donc être écartée du pouvoir.

Il n’est pas inutile ici de rappeler la fameuse note de JP Morgan où cette banque new-yorkaise regrettait qu’au sein de l’UE on conservait « des constitutions post-fascistes », considérées comme des obstacles à toute nouvelle phase de la mondialisation financière.

Jacques Sapir dénonce un « coup d’État silencieux »

L’économiste français Jacques Sapir qualifie de « particulièrement grave » ce « coup d’Etat silencieux organisé par des dirigeants pro-européens de ce pays. (…) Ce coup survient alors que la situation économique du Portugal, souvent présentée – à tort – dans la presse comme une ’réussite’ des politiques d’austérité, reste très précaire. Le déficit budgétaire a atteint plus de 7 % en 2014 et devrait être largement au-dessus de 3 % cette année. La dette publique est à plus de 127 % du PIB. Et, si l’économie connaît à nouveau une certaine croissance, elle est, en 2015, toujours au niveau de 2004. Le pays a été ramené plus de dix ans en arrière par les politiques d’austérité, avec un coût social (chômage) extrêmement fort. De fait, les « réformes » qui ont été imposées en contrepartie du plan d’aide au financement de la dette et des banques n’ont pas résolu le problème principal du pays. Ce problème, c’est la productivité du travail. Cette dernière est trop faible au Portugal, et ceci pour de nombreuses raisons : une main d’œuvre mal ou peu formée et un investissement productif largement insuffisant. Le Portugal, dans les années 1980 et 1990, a pu s’accommoder de cette faible productivité car il pouvait laisser sa monnaie se déprécier. Depuis 1999 et l’entrée dans l’Euro, ceci est impossible. Il n’est donc pas surprenant que la production ait stagné.

« La responsabilité de l’euro dans la situation économique du Portugal est indéniable. Mais la responsabilité des autorités européennes dans le chaos économique et politique qui risque de survenir est tout aussi certaine. On parle souvent d’une accoutumance au désastre, d’une lassitude de la souffrance conduisant des peuples à s’abandonner au pire. En fait, il n’y a rien de tel ici. Les Portugais ont tenté d’appliquer les méthodes inspirées par l’Eurogroupe et la Commission européenne et, aujourd’hui, ils sont obligés de constater que ces méthodes ne donnent pas les résultats escomptés. Le vote des élections législatives est le résultat de ce bilan. Mais, des dirigeants inféodés à l’étranger, c’est-à-dire aux institutions européennes, ont décidé de ne pas en tenir compte. Ce qui se passe aujourd’hui à Lisbonne est aussi grave, même si c’est moins spectaculaire, que ce que l’on a connu en Grèce.

« La nature profondément anti-démocratique de l’Eurogroupe et de l’UE s’affirme une deuxième fois et se confirme. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Cependant, cette fois pourrait bien être la fois de trop. Mais, pour qu’il en soit ainsi, il est impératif que toutes les forces décidées à lutter contre l’euro trouvent des formes de coordination de leurs actions. Il faut ici se souvenir de ce que La Boétie écrivait dans le Discours de la servitude volontaire publié en 1574 : ’Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.’

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  • petite souris • 02/11/2015 - 19:47

    Pour compléter ces informations :
    1) Jacques Sapir, est pour mes amis portugais PS et communistes, le seul connaisseur objectif vis à vis du Portugal
    2) il faut savoir que le peuple portugais en général n’aime ni Cavaco Silva ni Passos Coelho
    3) d’autre part, d’après la constitution portugaise il est interdit au président de dissoudre le parlement 6 mois avant et 6 mois après la présidentielle.
    - comme les présidentielles sont en janvier 2016 il ne se passera absolument rien avant l’été quelque soit le premier ministre de Cavaco Silva
    - le parlement ne votera aucune loi de la droite alors son gouvernement ne sert à rien du tout et attend le retour de l’étranger de Silva ou de Coelho ( je ne sais plus) pour refuser ce gouvernement ....
    les trois partis de gauche se rassemblent en vue des présidentielles
    4) donc bordel assuré jusqu’à l’été c’est à dire au moins septembre
    5) les portugais ont de la patience face à l’austérité qui fait de plus en plus de pauvres et de sans abris

    Répondre à ce message

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- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

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Jacques Cheminade
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