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Crise agricole : de qui se moque-t-on ?

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Porc, bœuf, lait. Les mois passent et la crise perdure. Les prix s’effondrent, les petites et moyennes exploitations périclitent et les suicides des producteurs endeuillent nos campagnes.

En dépit des aides ponctuelles distribuées par le gouvernement, les manifestations, les blocages des axes routiers et les visites impromptues dans les centres commerciaux se multiplient dans tout le pays. Un syndicaliste qui craint de perdre tout contrôle sur sa base, confesse :

Quand on ne gagne plus rien pendant deux ans, ça peut chauffer vite.

Le prix du litre de lait est passé de 36 centimes en 2014 à 31 centimes en 2015, soit à peine le prix qu’il coûte à le produire. Le porc, lui, n’est plus acheté qu’à 1,10 euro le kg, quand 1,40 euro seraient nécessaires aux éleveurs pour rentrer dans leurs frais. Quand à la viande de bœuf, la consommation continue à chuter. La surproduction est là, car avec la crise du lait, les éleveurs envoient leurs vaches laitières à l’abattoir pour éviter de continuer à les nourrir à perte.

La mort des outils de régulation

Les causes du malaise ? Le diagnostic est connu. En premier lieu, le démantèlement de tous les outils de régulation de la PAC (quotas limitant la production, stocks physiques, prix d’intervention, préférence communautaire, etc.).

Cette dérégulation totale de la production et des marchés à fait naître l’illusion qu’en augmentant massivement la production, on allait enfin pouvoir s’enrichir. Banques, groupements et syndicats on poussé nos éleveurs à agrandir leurs exploitations afin d’avoir une taille industrielle, à l’instar des Allemands, des Espagnols, des Irlandais et des Danois.

Pour ce faire, ils se sont endettés jusqu’au cou en pariant sur un prix élevé. Là, cette montée en puissance a coïncidé avec l’embargo sanitaire décrété il y a deux ans par la Russie sur le porc européen et la Chine, qui, après avoir très demandeuse de lait français, a réduit ses emplettes de moitié.

Le temps de la production agroalimentaire n’est pas celui des marchés financiers. Et comme toujours, lorsque l’offre dépasse la demande, les cours s’effondrent. Une chute amplifiée par une spéculation sans limites. Sur le marché à terme, à peine 3 % des contrats aboutissent à une transaction physique.

La grande distribution entre copains

Aujourd’hui, cette crise n’est plus un problème agricole mais un problème politique. Au lieu de se battre ensemble pour une nouvelle PAC régulatrice, productive et rémunératrice, chacun se bat contre les autres pour défendre son bout de gras, sa marge et son prix. Et dans ce jeu là, face aux producteurs et industriels, c’est la grande distribution qui tire les marrons du feu.

Car, avec la Loi de modernisation économique (LME) voulue par Sarkozy à partir des recommandations du rapport Attali dont Macron était le rapporteur, c’est elle qui impose sa loi. La LME allait « libérer l’économie » et mettre fin aux abus. Or, en réalité, elle autorise les distributeurs à négocier librement les prix proposés par leurs fournisseurs alors qu’auparavant ceux-ci pouvaient leur imposer des prix d’achat minimaux.

Par exemple, il arrive aujourd’hui fréquemment que les distributeurs exigent de leurs fournisseurs qu’ils leur cèdent, sous forme de baisse de prix, 50 % de la somme que les employeurs de main d’œuvre de l’industrie agroalimentaire perçoivent au titre du CICE pour être référencés ! Et si le fournisseur refuse, son produit n’arrive jamais dans les rayons !

Et pour Bruxelles, la solution c’est encore plus de libéralisation. Les derniers quotas, sur le sucre, tomberont en 2017. Même les appellations contrôlées dans la viticulture y passent, car depuis le 1er janvier, il est possible de planter la vigne que l’on veut où l’on veut ! Fini les appellations d’origine contrôlée !

Poules sans têtes

Manuel Valls a convié le 8 février à Matignon les représentants de Carrefour, Casino, Système U, Lidl, Auchan et Intermarché pour leur demander de « prendre leurs responsabilités » lorsqu’ils achètent des produits agricoles transformés aux industriels de l’agroalimentaire. SVP, ne soyez pas trop radin !

Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération des entreprises de commerce et de distribution (FCD), confie à la sortie de la rencontre :

Dés le départ, il a été dit que la grande distribution n’était pas responsable de la crise agricole.

Si l’agriculture est par terre, ce n’est pas la faute à la promotion Voltaire, mais la faute à Bruxelles et l’embargo russe ! Valls accuse Bruxelles d’avoir fait « trop peu et trop tard » et il s’entretiendra avec le Premier ministre russe Dmitri Medvedev le 13 février.

Entretemps, le gouverneur de la Banque de France réclame une plus grande intégration budgétaire européenne et Laurent Fabius exhorte les Russes d’accepter le départ de Bachar al-Assad en Syrie. Pour sa part, candidature présidentielle oblige, Sarkozy propose un Plan Marshall de dix milliards pour les zones rurales, une dépense qu’il inscrira sans doute dans son compte de campagne.... Il n’y pas que la révolte qui n’a pas de tête…

Pour en sortir, S&P propose :

  1. Arrêter les sanctions contre la Russie en obtenant en contrepartie d’importants achats de porc et de produits laitiers.
  2. Rétablir des prix planchers garantis, correspondant à ce qui est nécessaire à une exploitation pour vivre et rembourser ses emprunts.
  3. Revenir à une vraie préférence européenne. Bruxelles ne doit plus être la courroie de transmission de la corbeille de Chicago.
  4. Organiser un moratoire et une restructuration de la dette des agriculteurs, suivant les régions, les secteurs de production et les parcours individuels.
  5. Arrêter l’accumulation de normes et de réglementations « écologiques » ou « climatiques » qui livrent les producteurs à la concurrence des pays qui n’en ont pas.
  6. Arrêter les négociations sur le Traité de libre-échange transatlantique, qui n’est qu’un instrument de guerre économique visant à faire tomber nos normes, nos régulations et nos protections légitimes.

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  • Christophe Vieren • 01/03/2016 - 15:04

    Je ne comprends pas cette mesure : "Arrêter l’accumulation de normes et de réglementations « écologiques » ou « climatiques » "
    Il me semblerait plus légitime de réclamer que le coût de ces normes soient compensées par des aides à des modèles de production/consommation plus écologiques tel que l’aide à la conversion bio. Avec 4% des surfaces, est-il normal que la France arrive dans le peloton de queue des pays riches en matière de surface bio ? L’iItalie qui n’est pourtant pas un pays plus riches (puisqu’il parait que le bio coûte trop cher), détient un taux de 10% ! L’Allemagne et l’Espagne on un taux de 50% supérieure au nôtre !!!
    Cette promotion de l’agriculture bio (ou en tout cas non intensives) pourrait aussi être obtenu par des recettes issues du rétablissement de taxes douanières en fonction des conditions environnementales des produits importés. Quand bien même faudrait-il dénoncer certaines clauses des traités de libre échange.
    Pas très solidaire des générations futures votre 6e mesure.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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