X Bienvenue,

À compter de juin 2018, notre site devient semi-payant.
Écrit et élaboré par nos militants, il reste en grande partie en accès libre, en particulier les prises de position du parti et de son président Jacques Cheminade. C’est notre chronique du jour, « Le monde en devenir », ainsi qu’un certain nombre de dossiers de fond, qui sont dorénavant payants.
Permettre le travail de recherche d’informations et garantir un contenu de qualité suppose évidemment de les rémunérer. Nous faisons le pari de votre curiosité envers des idées novatrices qui répondent aux défis de l’époque.

Découvrir les abonnements

Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilDocument de fondScience
X Logo S&P
En 2018, le site de Solidarité & Progrès devient semi-payant. 4 publications payantes vous sont encore offertes. Voir les abonnements

Jean-Pierre Luminet : Cosmos et esthétique

La rédaction

Conférence de l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet sur l’art et la science, dans les locaux de Solidarité & Progrès à Clichy, le 23 mai 2013.

Compte-rendu

Par Sébastien Drochon, du groupe espace S&P

Il y en a certains parmi nous que « le silence éternel des espaces infinis » n’effraie pas ; qui, face à la puissance des mystérieux phénomènes cosmiques que dévoilent nos télescopes modernes, ne cessent de s’enthousiasmer des futures découvertes qui nous attendent, gardant bien à l’esprit qu’il n’existe pas de théories toutes faites et qu’on ne pourra jamais avoir la vérité sur tout. Parmi ces « sceptiques enthousiastes », tel qu’ils se qualifient eux-mêmes, on compte un astrophysicien de renom, écrivain et poète, un certain Jean-Pierre Luminet [1].

Depuis plusieurs années, Solidarité & Progrès était désireux de faire sa connaissance. Nous connaissions son travail sur l’histoire de l’astronomie et étions déjà intervenus à plusieurs de ses conférences sur ce thème. Suite aux présidentielles, nous l’avons donc invité à partager le fruit de ses réflexions et de ses recherches devant une centaine de personnes présentes dans nos bureaux pour l’occasion.

Comment, cher lecteur, pourrais-je en quelques lignes te communiquer la substance de ces trois heures d’intense discussion, visant à faire renaître dans nos esprits ce lien si souvent oublié entre la science et l’art, entre les lois de la physique et le sentiment de beauté, entre « le Cosmos et l’esthétique » [2] ? Voilà une tâche bien ardue que je tenterai malgré tout d’accomplir ici !

Peut-on en effet marier la force objective des théories scientifiques au sentiment subjectif du beau dans l’art ? Autrement dit, concilier le monde de la raison avec celui des émotions ? La question se pose aujourd’hui plus que jamais, alors qu’on voit s’élargir jour après jour, dans notre système d’éducation, le clivage tragique entre le monde des sciences et celui de la littérature et des arts.

Pour y répondre, nous devons replonger dans la pensée de la Grèce antique qui inspira par la suite celle de la Renaissance du XVe. A cette époque, l’univers, le macrocosme, était pour l’homme nécessairement lié au microcosme par des lois d’harmonie et de proportions. Le vrai en géométrie et en mathématiques devait nécessairement être beau, car il devait coïncider avec la beauté architecturale de l’ensemble du monde.

Le terme grec « kosmos », qui désignait d’ailleurs à l’époque tout ce qui était agréable, bien ordonné et bien agencé, fut naturellement destiné à la plus belle des oeuvres, la plus complète des harmonies : l’univers entier, notre « Cosmos ».

Ainsi, le Parthénon d’Athènes, les extraordinaires villas de Palladio harmonieusement proportionnées, de même que les œuvres magnifiques de Leonard de Vinci ou encore les découvertes de l’astronome Johannes Kepler sur la concordance entre harmonie musicale et organisation du système solaire (travaux qui par ailleurs inspirèrent le musicologue Andreas Werckmeister ainsi que Jean-Sébastien Bach dans la conception du Clavier bien tempéré), sont parmi les héritages les plus précieux de ces temps passés où la beauté dans l’art et dans la science ne faisaient qu’un.

En réalité, le questionnement et l’étonnement propres à la science sont depuis toujours intimement liés à ce sentiment de beauté et d’esthétique. Ne serait-ce qu’en admirant la mer ou encore la voûte céleste étoilée durant la nuit. Cet étonnement universel vis-à-vis du monde qui nous englobe et dont on ne connaît qu’une infime partie, nous submerge toujours d’un sentiment profond de beauté naturelle et immédiate.

Au-delà de cette beauté visible, premier éveil aux lois de l’univers, nous en avons découvert d’autres qui jusqu’alors nous étaient invisibles. Les télescopes et la photographie nous ont en effet dévoilé un univers totalement nouveau et inconnu, formé d’étoiles plus variées les unes que les autres, de galaxies et autres phénomènes cosmiques plus mystérieux encore.

Puis, plus invisible et plus profonde encore, la beauté des concepts et des idées que l’esprit humain élabore pour rendre compte des principes régissant les phénomènes de notre univers. Là encore, l’émotion ne peut être détachée du processus de découverte. Vouloir découvrir sans éprouver aucune émotion, c’est comme vouloir naviguer en pleine mer sans un souffle de vent ! La science est avant tout l’étonnement devant un paradoxe que les vieux dogmes ne peuvent résoudre, et l’émerveillement devant la simplicité d’un nouveau concept. Comment ne pas penser ici à ces astronomes qui osèrent un jour mettre le soleil au centre, au péril de leur vie, alors que nos observations semblaient toujours nous dicter le contraire ?

La culture d’une civilisation – sa manière de penser – peut d’ailleurs très souvent freiner les progrès de la science des siècles durant. Sans une culture qui anime la créativité de l’esprit, par le beau et l’esthétique, la science devient presque morte et immobile, et la civilisation est alors menacée de disparaître.

JPEG - 179.7 ko
Avec la concentration des populations en milieu urbain, rares sont les enfants ayant la chance d’observer directement la Voie lactée.

De nos jours, les étudiants vivant en ville ont rarement l’occasion d’observer pleinement le ciel nocturne et d’apprécier la beauté de la Voie lactée à cause de la pollution lumineuse. D’autres n’ont pas toujours la chance de se rendre dans les musées pour contempler les grandes œuvres du passé, d’assister à un concert de musique classique ou de visiter les beaux monuments architecturaux que l’histoire nous a légués. Ou, s’ils en ont les moyens, ils préfèrent en général d’autres occupations plus immédiates et plus dans « l’air du temps ». Osons le dire : la beauté semble de moins en moins accessible aux jeunes, et, si elle l’est, paraît moins la toucher qu’auparavant.

Une certaine forme de pragmatisme s’est installée dans notre quotidien. Le domaine de la pensée et de la créativité, l’idée même d’ordre et d’harmonie, finissent par n’être considérées que comme de simples abstractions, nécessaires à l’homme pour donner un sens au monde réel matériel, chaotique et incompréhensible, mais qui n’auraient rien de réel.

C’est une philosophie comme une autre, me direz-vous. Celle d’un Francis Bacon, parmi d’autres philosophes matérialistes de son temps. Mais comment alors expliquer le phénomène même de la pensée ? Comment cette chose qu’est l’esprit humain, qui conçoit l’ordre et la beauté, pourrait-elle émerger du chaos et du désordre ? Enfin, peut-on vraiment accepter l’idée que toutes nos pensées sur l’harmonie et la beauté des choses ne soient que de simples abstractions désirées par nous afin de ne pas finir désespérés face au chaos existentiel ? Certes, si certains le pensent vraiment, et si pour eux la pensée n’a rien de réel, alors comment pourrait-ils défendre une quelconque idée issue de leur esprit ? La question se pose en effet.

Ce sont justement ces questions les plus profondes que suscita, ce soir-là, la présentation de Jean-Pierre Luminet.

Agitant les esprits d’une multitude de pensées et d’interrogations, ce « sceptique enthousiaste » conclut tout de même en avouant qu’il était un grand optimiste pour l’humanité et que l’homme, explorateur de son univers aussi bien physiquement que mentalement, avait encore un bel avenir.

Cet optimisme, il l’avait d’ailleurs retrouvé dans ces projets pour l’Afrique que nous avions défendus durant la présidentielle. C’était, pour lui, une manière de ramener un sens de beauté dans le politique, chose qu’il ne croyait plus possible de nos jours jusqu’à ce qu’il étudie de plus près le programme de Jacques Cheminade.

Voilà, cher lecteur, l’humble résumé de cette passionnante discussion qui eut lieu en ce mois de mai 2013. Espérant qu’il y en aura d’autres très prochainement.


[1Jean-Pierre Luminet est directeur de recherches au CNRS, membre du Laboratoire univers et théorie (LUTH) de l’Observatoire de Paris Meudon.

[2Ce fut précisément le thème de cette conférence.

Écrire un commentaire

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Cet article vous parle ? Rejoignez-nous !

Si le monde est réduit aux seules énergies renouvelables, qui par leur faible densité et leur caractère intermittent permettent de produire beaucoup moins que les combustibles fossiles et le nucléaire, la capacité d’accueil de la Terre se réduira brutalement à un milliard d’êtres humains !

En savoir plus

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard