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Entretien avec un élu local : « Les banques n’en ont rien à faire de la misère des gens »

Entretien avec Michel Terreaux, Maire de Lembras, en Dordogne.

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27 communes Françaises, un département et une région exigent qu’une séparation stricte des banques soient immédiatement établie. L’importance de ces prises de positions est double : d’abord, M. Moscovici et le gouvernement n’ont pas lancé de procès contre les banques et font peser le poids de leurs erreurs à la population et aux collectivités : couper les banques nous sortirait de ce cercle infernal ; deuxièmement, enfin des élus qui montrent l’exemple !

Solidarité et Progrès : Monsieur le Maire, vous faites partie de ces élus qui ont pris leurs responsabilités. Votre commune, Lembras en Dordogne, a voté à l’unanimité un vœu pour la séparation stricte des banques en novembre dernier. Comment cela a-t-il été rendu possible ? Quelle ont été la démarche et les discussions pour que le conseil d’une commune de 1 268 âmes s’affirme sur cette question ?

Michel Terreaux : C’est simple. Cet été, en fin de conseil municipal, comme on discute de choses diverses, j’ai soumis cette idée en parlant des problèmes bancaires, de la bulle financière, de la spéculation et des risques que prennent nos banques. J’ai proposé qu’on mette le voeu à l’ordre du jour du conseil suivant. C’est ce que nous avons fait et j’ai exposé tout ce que je viens de dire. Il y a eu peu de questions, tout le monde était conscient de l’évidence de ce que j’exposais. On en avait souvent parlé, sans aller au fond du problème. Dans le passé j’étais moi-même banquier et ils savent que j’ai quitté la banque parce que je ne comprenais plus, que je ne reconnaissais plus le métier de banquier tel que je l’avais appris et tel qu’on l’avait pratiqué : récupérer des dépôts, se servir de ceux-ci pour reprêter de l’argent, financer la création d’entreprises, leur développement .Que maintenant les dépôts servaient plutôt au siège, pour faire de la spéculation...

Dans votre profession, avez-vous vu venir le danger ?

Je l’ai vu d’une façon inconsciente parce que je n’ai pas une culture économique très développée. Je n’ai pas fait de longues études mais j’ai senti que dans les années 1980, avec les déréglementations que l’on mettait en place, quelque chose m’échappait. Quand j’ai entendu parler de titrisation et que l’on fourguait à nos clients des fonds communs et des SICAV avec des titres véreux et quelques engagements plus sérieux, j’avoue que j’ai commencé à y aller à reculons.

De moins en moins de moyens, beaucoup de responsabilités : pourquoi être maire d’une petite commune aujourd’hui ?

Ah mais être maire c’est autre chose ! Je ne veux pas dire que c’est une vocation mais quelque part c’est une passion : c’est s’occuper de sa commune, s’occuper de ses concitoyens, s’occuper des administrés, essayer de faire en sorte que le lien social se développe et soit le plus agréable possible sur la commune. Il y a tout ça, c’est le contact, la proximité. Ce n’est sûrement pas pareil dans les grandes villes mais dans un petit village, je crois que le maire représente encore quelque-chose et la population représente, pour le maire, encore plus.

Le maire dans une petite commune c’est tout à la fois. Ça va du psychologue au gendarme, en passant par je ne sais trop quoi d’autre. Regardez, cet après-midi j’ai couru après deux chiens errants pour les capturer et faire en sorte qu’il ne créent pas d’accidents sur la route nationale. On fait de tout.

Moi j’ai rajeuni mon conseil municipal avec la liste qui va se présenter. J’ai dit aux jeunes que de toute façon, ils devaient prendre les choses en main s’ils voulaient que l’on arrive à terme à quelque-chose. Sinon, tel qu’évoluent les choses et la fonction d’élu, on va à la catastrophe parce que les élus ont de moins en moins de pouvoir. Le pouvoir est de plus en plus entre les mains des techniciens, des technocrates et nous, on applique (ou on fait appliquer – on porte le chapeau – ) tout ce qui est décidé en haut lieu par nos énarques parisiens et autre.

Militants, lorsque nous amenons le débat dans les rues de nos villes, dans nos lieux de travail ou sur la table des repas de famille, nous nous confrontons moins à la finance qu’à des gens soumis à une contre-culture déshumanisante et se réfugiant dans le déni. Vous confrontez-vous au même défi en tant que maire ?

Je me confronte plutôt à une forme de fatalisme. Les gens se disent « Ah et bien c’est comme ça, on n’y changera rien. On n’a qu’à courber l’échine et advienne que pourra. » C’est vrai que le monde tel qu’il est, géré actuellement par la finance, est complètement déshumanisé. Il n’en ont rien à faire de la misère des gens dans la rue, de ceux qui crèvent de faim, du fait qu’il y en ait de plus en plus : le tout c’est de leur donner leur petite aumône de manière à ce qu’ils ne fassent pas trop de bruit, qu’ils ne remuent pas trop et qu’ils n’aillent pas faire la révolution dans la rue.

Comment ferez-vous pour que le combat gagne du terrain ?

Ce qu’il faudrait faire ? Enfoncer le clou ! Si je suis de nouveau élu je vais essayer de faire passer cette discussion au niveau de la communauté d’agglomération, pour voir si à un niveau plus élevé, on peut faire quelque-chose. Mais je sais aussi que ne serait-ce que la tentative à Toulouse, ça n’a pas été triste ! Donc je vais me heurter aux mêmes problèmes mais bon, j’essayerai !

Souhaitez-vous transmettre un message particulier à tous ceux qui liront ces lignes ?

Le message particulier, je vais vous dire, c’est de continuer à faire en sorte que l’on revienne à plus d’humanité, plus de réalisme, plus de pragmatisme, que les gens finissent par comprendre que malgré tout ce qu’on leur dit – parce qu’on leur dit tout et son contraire – pour relancer l’économie, relancer la croissance dans notre pays, il faut que les banques puissent investir, puissent s’orienter vers la création des entreprises et leur développement. Et pour qu’elles entreprennent il faut qu’on ait un Etat assez fort pour taper du poing sur la table et dire : « voilà, à partir de demain ce sera comme ça et c’est pas autrement. Les dépôts des Français, plutôt que de servir à spéculer sur les marchés financiers, ça doit servir à notre économie ! »

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Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
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- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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