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Leonid Kadyshev : « Les BRICS ne se réunissent pas contre quelqu’un, mais en faveur de quelque chose »

La rédaction

Le 10 février 2015, une cinquantaine de personnes ont participé à Paris au séminaire diplomatique organisé par Institut Schiller sur le thème : « Avec les BRICS, pour un système gagnant-gagnant ».

Ont successivement pris la parole :

Pour soutenir cette démarche, merci de rajouter votre signature au dernier appel en ligne lancé par l’Institut Schiller : « L’Europe et les États-Unis doivent abandonner leur approche géopolitique et coopérer avec les BRICS ! »

Les BRICS ne se réunissent pas contre quelqu’un, mais en faveur de quelque chose

Intervention de Leonid Kadyshev
Ministre-conseiller, Ambassade de Russie, Paris

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Leonid Kadyshev
Ministre conseiller, Ambassade de Russie, Paris

J’ai eu la chance et le privilège d’assister aux premiers sommets des BRICS —je travaillais à l’époque au ministère des Affaires étrangères— à Ekaterinbourg (2009), puis à Brasilia l’année suivante.

C’est un phénomène qui, comme d’autres grandes questions de l’actualité internationale, est traité dans le document définissant la doctrine de politique étrangère de la Russie, intitulé « Le concept de la politique étrangère russe », dont la dernière version remonte à 2013.

Je vous propose à tous d’en prendre connaissance, parce que c’est la source directe de notre doctrine concernant les relations internationales et la politique étrangère, approuvée par le Président et à statut tout à fait officiel. Dans ce document, comme dans notre philosophie de politique étrangère en général, nous considérons les BRICS comme un nouveau phénomène propre à la période de transition du monde bipolaire, ou par la suite unipolaire, vers un monde, non pas multipolaire mais qu’on appelle plutôt polycentrique en Russie.

C’est un nouveau type de regroupement d’États, où il n’y a pas de vieille hiérarchie fossilisée propre aux chaînes de commandement ou à des alliances classiques, d’autrefois ou existantes. C’est-à-dire : « On ne se réunit pas contre quelqu’un, mais plutôt en faveur de quelque chose », en faveur d’intérêts qui, malgré les différences, sont communs à tous les BRICS, et d’objectifs qui pourraient nous rassembler avec un certain nombre d’autres partenaires, soit des économies émergentes, soit d’autres États qui sont intéressés dans les différents formats.

Ce phénomène de nouveaux regroupements, qui ne sont pas seulement les BRICS ou des regroupements avec la Russie, mais aussi, par exemple, des regroupements tels que l’ASEM, entre l’UE et les pays asiatiques, ou le G20, un autre phénomène de création d’un mécanisme de gestion globale, avec la participation des pays BRICS et autres grands acteurs sur l’échiquier économique mondial. Cela nous amène à faire le point sur cette volonté des BRICS de coopérer. La preuve en est que ce n’est pas par hasard qu’on se réunit chaque année. C’est quelque chose qui contribue à plus de stabilité et d’assurance en ce qui concerne les moyens de notre coopération et de notre développement économique et financier.

La Nouvelle banque de développement (NBD)

Après le sommet de Fortaleza au Brésil l’année dernière, les BRICS ont entamé une nouvelle étape de leur développement, fondée sur des décisions prises lors de ce sommet. Avant tout, la création de la Nouvelle banque de développement (NBD), avec un capital de 100 milliards de dollars, et pour un montant équivalent, on a décidé de créer un « pool » de devises. Il ne s’agit pas, bien sûr, de devises concrètes mais d’unités de compte dans des opérations financières. Ces institutions ne sont pas considérées comme une alternative au FMI ou à la Banque mondiale. Pourquoi ? Parce que d’un côté, elles contribuent à la stabilité du système financier international, et en même temps – et c’était ça le but primordial – elles donnent aux pays membres des BRICS un ancrage, un pilier indépendant, pour faire avancer les grands projets dans le domaine des infrastructures et du développement durable. Ce sont deux objectifs de base dans le document de fondation de la Nouvelle banque de développement : développer de grands projets d’infrastructures et contribuer au développement durable.

Le pool, c’est-à-dire la réserve de devises ou d’entités équivalentes aux devises, est destiné à soutenir la stabilité des balances de paiement des pays membres, surtout au cas où des déficits indésirables apparaissent dans ces balances. Actuellement, les tâches essentielles dans la gestation de la Nouvelle banque de développement et du pool, c’est la ratification de leurs documents fondateurs. On est en train, en Russie, de faire passer les procédures nécessaires de ratification. C’est aussi l’accumulation du capital initial et la formation d’un portfolio initial des propositions d’investissement.

Les prochains pas

Aujourd’hui, les partenaires sont en train de coordonner et d’élaborer la « stratégie du partenariat économique » des BRICS. Elle a pour vocation de déterminer les buts en commun et les axes de coopération, englobant la plupart des domaines économiques.

On est en train d’élaborer aussi, en annexe à cette stratégie, la feuille de route de la coopération dans le domaine des investissements. La Russie, à elle seule, a déjà contribué pour trente-sept propositions à cette feuille de route, comprenant des initiatives d’envergure comme la création d’une banque de réserve en combustible, par exemple, jusqu’aux projets multilatéraux basés sur le développement de notre système de positionnement satellitaire global (GLONASS, équivalent russe du GPS). Bien sûr, nous n’existons pas avec nos partenaires des BRICS dans un espace vide. Nous sommes sensibles aux développements de l’économie mondiale et s’il y a des conséquences conjoncturelles négatives, nous en éprouvons aussi les conséquences. C’est pour cette raison, et ce n’est un secret pour personne, qu’on a vu le volume de nos échanges économiques avec la Chine et le Brésil diminuer ces deux dernières années.

Domaines de coopération

Malgré cela, nous pensons qu’il faut continuer à voir à quel point on peut utiliser le caractère complémentaire de nos économies, le seuil de développement et les avancées que chacun de nos pays a acquis dans tel ou tel domaine, et profiter de nos liens, en assurant leur diversification, en cherchant des projets multilatéraux et en utilisant des modèles de partenariat public-privé (PPP). Bien sûr, dans les cercles dirigeants et les élites économiques des pays membres des BRICS, on est conscient qu’il doit y avoir un environnement macro-économique favorable, notamment dans le domaine juridique. A cette fin, les membres des BRICS sont en train d’abaisser les barrières administratives dans le développement des relations d’affaires, de simplifier les formalités de visas dans les échanges, et nous examinons la possibilité de créer des agences de notation propres aux BRICS.

Un rôle important a été attribué au Conseil d’affaires des BRICS qui a été créé en 2013. C’est à vrai dire un vrai quartier général de notre regroupement en ce qui concerne les coopérations entre les milieux d’affaires.

Cinq grands patrons de chaque pays font partie de ce Conseil. La Russie est représenté par M. Iakounine, le directeur de la Société des chemins de fer russes, M. Vladimir Dmitriev, le président de la banque économique de développement VEB, une des plus importantes banques russes, le chef de l’Agence des initiatives stratégiques (Kirill Dmitriev), le représentant de la société Rostec Corp (Sergei Chemezov) et le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Russie (Sergei Katyrin).

Une grande importance est attribuée à notre coopération dans le domaine de l’innovation et de la science. On a déjà déterminé ensemble onze directions avec de nombreuses perspectives, selon notre point de vue, englobant le domaine de l’aéronautique, les bio- et nanotechnologies, etc. Les BRICS ont quelques projets de création de « technoparcs » qui sont à l’étude.

Voilà un bref aperçu qui vous démontre sur quoi on se penche actuellement avec nos partenaires, qu’est-ce qu’on attend de notre coopération, et bien sûr, il y a des indices démontrant que notre regroupement, les BRICS, est un projet qui a un avenir prometteur, sinon il n’y aurait pas, comme c’est le cas actuellement, de pays désireux d’y adhérer en tant que membre de plein droit.

Je vous remercie.

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Face au système translatlantique, les BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – ont décidé de poser les bases d’un autre monde : politique de développement économique mutuel, nouveau système monétaire international pour nourrir la croissance, économies physiques tirées par la recherche scientifique.

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« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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