Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilActualité

Moscou : la politique économique en question

L’économiste russe Sergueï Glaziev est aujourd’hui conseiller du Président russe pour l’Intégration économique régionale. Il est en contact avec l’économiste américain Lyndon LaRouche depuis plusieurs années.

JPEG - 165.5 ko

Les sanctions et la chute spectaculaire des revenus pétroliers ont fait sauter les anciens compromis régissant la politique économique russe, provoquant du même coup un grand débat dans le pays. D’un côté, il y a les partisans de la politique conduite par la banque centrale (BCR), et de l’autre, des économistes minoritaires, mais de plus en plus écoutés, comme Sergueï Glaziev, le conseiller du président Poutine pour l’intégration eurasiatique.

Parmi ces derniers aussi l’économiste franco-russe Jacques Sapir qui, le 23 janvier, a rendu publique son intervention lors du séminaire franco-russe qu’il organise tous les ans à Moscou et dont le thème était : « Modèle économique et modèle de financement en Russie ».

Les interventions de ces deux économistes dans le débat portent notamment sur le nécessaire changement dans le modèle de financement de l’économie russe, pour que ce pays puisse développer pleinement sa puissance industrielle et devenir un exportateur, non seulement de matières premières, mais aussi de biens manufacturés.

Modèle économique et modèle de financement

Pour l’économiste Jacques Sapir, aucun doute, les sanctions ont frappé le talon d’Achille de l’économie russe : sa dépendance à la finance globalisée. En dépit de la crise des GKO en 1998 et de celle de subprimes en 2008, la Russie avait pu poursuivre son développement, sans pour autant remettre en cause son modèle de financement, dit en somme Jacques Sapir. Aujourd’hui, pour assurer sa survie, elle doit mettre fin à cette dépendance.

Dès le début des sanctions, le gouvernement pensa pouvoir convertir cette situation handicapante en atout, comme il l’avait fait à la suite de la crise des GKO en 1998. A l’époque, la forte dépréciation du rouble avait entraîné une chute des importations – trop chères – provoquant une forte incitation au développement des entreprises russes. Ceci se traduisit par un fort rebond de croissance, avec 6,7% de hausse moyenne du PIB entre 2000 et 2006.

Par la suite, la crise des subprimes fut compensée par la forte augmentation du prix des matières premières, ouvrant une autre phase de développement de l’économie russe, liée cette fois aux exportations de matières premières. L’augmentation des revenus créa les conditions d’une croissance rapide et d’une augmentation, quasi frénétique, de la consommation. Le gouvernement procéda à une modernisation massive des infrastructures. Tout cela, cependant, en totale dépendance à l’égard du système bancaire international, condition que les sanctions sont venues anéantir.

Très important, dans son intervention lors du séminaire franco-russe que nous incitons tous nos lecteurs à lire, Jacques Sapir propose à la Russie de s’intéresser au système d’autofinancement ayant permis à la France de connaître ses « Trente Glorieuses », système qu’il explique en détail dans son texte.

Serguei Glaziev et le modèle chinois

Sergueï Glaziev s’attaque aussi à cette fragilité russe. Lors d’un débat télévisé sur Russian News Service (RNS), le 30 janvier, il a montré comment le marché des devises russe est entre les mains de spéculateurs étrangers. Des « non résidents » interviennent dans trois quarts de toutes les transactions opérées sur les marchés financiers russes, mais dans le secteur des devises, leur participation se monte à 90 %. Or, les sanctions occidentales, a-t-il fait remarquer, n’affectent aucunement la spéculation et ses profits « absurdes » (atteignant 80 à 100 %), mais uniquement les prêts à long terme aux entreprises russes.

Lors de la présentation à la presse, le 20 janvier à Moscou, de son dernier ouvrage (« La dernière Guerre Mondiale : les États-Unis l’ont lancée, et vont la perdre »), Glaziev a plaidé en faveur du modèle chinois comme une alternative valable. Réduire les investissements publics dans l’économie à cause d’un budget en déficit relève de la folie. Au lieu de puiser dans les recettes budgétaires pour financer les investissements nécessaires, il estime que la Banque centrale russe devrait émettre du crédit puis l’orienter vers l’économie productive.

Par ailleurs, Sergueï Glaziev accuse la BCR de ne pas avoir défendu le rouble, en violation avec ses fonctions. Il faut aujourd’hui 78 roubles pour un dollar, soit une chute de 50 % par rapport aux 50 roubles de mai 2015. Et cette situation pénalise les échanges avec les BRICS, qui sont pourtant la clé d’un avenir meilleur pour la Russie. « Nous avons convaincu nos partenaires d’effectuer leurs échanges avec nous en roubles. (...) Désormais, à cause de la dévaluation, ils ne veulent plus entendre parler d’échanges en devises nationales. »

Selon Glaziev, la BCR aurait dû utiliser ses réserves internationales – qui représentent « deux fois le montant total de roubles en circulation dans l’économie nationale » – pour empêcher l’effondrement de la devise russe, comme il l’expliquait le 21 janvier à l’agence Tass. La présidente de la BCR, Elvira Nabiullina, persiste cependant à laisser flotter la monnaie, prétextant que la stabilité financière n’est pas menacée.

Jusqu’à quel point peut-on cependant soutenir sa monnaie face aux capitaux spéculatifs internationaux déchaînés, sans se saigner aux quatre veines ? C’est dans ce contexte que le modèle français des Trente glorieuses, où une Banque centrale sous contrôle public émet « du crédit productif public » pour financer, via le Trésor, une forte croissance industrielle tirée par la recherche et la technologie de pointe, devient, en effet, tout à fait intéressant pour la Russie.

Écrire un commentaire

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Cet article vous parle ? Rejoignez-nous !

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard