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Bons comptes et bons amis

La rédaction

Par Mathilde Flusin

Paris, Place de l’Etoile, 17h : un mélange relativement dense de touristes et de Parisiens ordinaires arpente le trottoir. Les uns sereinement, un brin débraillés, les autres en complet chic, sûrs d’eux, désinvoltes pour les plus jeunes, plus froids et pincés pour les plus âgés, courant après le temps comme c’est de mise dans la capitale. Jérôme, l’un de nos jeunes militants, en déride néanmoins plus d’un avec sa désormais fameuse devinette : « Quelle est la différence entre un trader et un balais ? ». Ils sont joueurs, décontraction oblige… 

Malgré l’automne, le temps est doux et ce regain d’été semble ramollir les esprits plus qu’à l’accoutumée. Il n’est pas facile d’interrompre la marche implacable ou tranquille des uns et des autres, bien que notre campagne soit tranchante : « Arrêtons le terrorisme financier ! » annonce notre panneau qui met également en scène un Jean-Claude Trichet prêt à déclencher la bombe de l’hyperinflation…

« Bon, vous ne voulez pas vous arrêter ? Quand même, la situation n’est pas tiède ! » dis-je à un quidam.

- Ca c’est vrai ! répond, à ma grande surprise, un assez jeune homme en costume trois pièces, mais au visage franc. En général, l’attitude des individus de son espèce porte le sceau de la jeunesse conquérante et inconséquente aux dents longues que l’on a commencé à former dans les écoles de commerce dès les années 1980…

Naturellement au fait de l’hyper-désordre qui règne désormais plus que jamais dans le monde de la finance, il ose tout de même m’affirmer de prime abord que la réforme de Wall Street menée par Obama est bonne et représente une avancée en terme de réglementation. Cependant, devant mes répliques précises, il finit par baisser la garde, abandonne une partie de ses « bonnes manières » et me livre quelques renseignements fort intéressants.

Etant commissaire aux comptes de son état, il m’apprend qu’un conflit secoue actuellement la profession. En effet, les magistrats qui siègent au H3C (Haut Conseil du commissariat aux comptes), autorité de contrôle externe à la profession, principalement chargée d’assurer la transparence de la fonction de commissaire aux comptes, remettent en ce moment en cause le fait que les commissaires soient rémunérés par leurs clients. Voilà de fait un type de relation aussi problématique que celle que les agences de notations entretiennent avec les banques… On peut dire que la transparence en prend un bon coup !

En tout cas, ces magistrats entendent faire en sorte que les commissaires aux comptes soient réellement indépendants de leurs clients et non plus leurs obligés. Un certain nombre de jeunes de la profession sont d’accord avec eux. Même Rachida Dati, qui en sa qualité de garde des Sceaux, a dû désigner un commissaire du gouvernement afin qu’il siège au H3C et se trouve de ce fait liée à cette institution, s’est prononcée en faveur de l’indépendance des commissaires… Est-elle sincère ? Contrainte de se mettre en scène ?

Toujours est-il que dans le camp adverse se trouvent les anciens de la profession et qu’en particulier, un des défenseurs les plus ardents et farouches du maintien de ce système d’allégeance forcée ou volontaire des cabinets d’audit à leurs clients se trouve être Eric Woerth…

C’est en effectuant un petit voyage dans le passé de l’intéressé que l’on découvre les raisons d’une telle prise de position :

A la fin des années 90, il fut directeur de la section chargée de l’audit des collectivités locales et des administrations publiques chez Arthur Andersen, cabinet d’audit international tristement célèbre pour avoir couvert les opérations de marché risquées de l’entreprise Enron. Il coula d’ailleurs avec elle en 2002, une fois que le scandale eut éclaté.

Quelques années auparavant, de 1986 à 1991, alors qu’Eric Woerth dirigeait l’ADO (Agence pour le développement de l’Oise), il fut appelé à expliquer certaines zones d’ombre qui apparaissaient dans les bilans de l’institution, en particulier dans le cadre de son audit par le cabinet Bossard Consultant. Après avoir été contraint d’abandonner ce poste, il était embauché chez Bossard Consultants en tant que directeur du département conseil aux collectivités locales !

Mais c’est en remontant plus loin encore dans le temps, qu’on s’aperçoit que Woerth, alors jeune homme frais émoulu d’HEC, commença à nager très tôt en eaux troubles. A 25 ans, il est embauché pour une première fois chez Arthur Andersen. Il est alors chargé d’« optimisation fiscale » pour le compte de riches clients tels Elton John.

On comprend dès lors qu’après un tel parcours, l’opacité n’ait plus de secret pour notre ministre du Travail…

Par-dessus le marché, comme l’ajouta mon interlocuteur, sur les 17 000 commissaires aux comptes qui exercent en France, la grande majorité travaille dans des cabinets d’audit anglo-saxons dont on imagine aisément la philosophie et le conservatisme... (Il n’y a qu’un seul cabinet d’audit français en France.)

La bataille est loin d’être gagnée : les forces en présence sont bien déséquilibrées.

Cependant, malgré son optimisme un peu naïf, ce jeune homme me semble être un bon signe des temps. Il m’avoua s’être engagé dans cette profession pour la changer, pour la rendre plus honnête… Espérons qu’il s’expose davantage dans le futur et devienne, de par sa position, un nouveau Ferdinand Pecora
 [1]


[1Ferdinand Pecora fut, en sa qualité de juriste, chargé par Franklin Roosevelt de mener dès 1933 des enquêtes sur les pratiques des banques, et en particulier sur celles qui avaient mené au krach boursier de 1929. Cela donna lieu à des procès houleux au cours desquels de grands pontes de la finance américaine de l’époque durent rendre compte de leurs actes devant la justice. A l’issue de ces audiences, un certain nombre de lois, dont la loi Glass-Steagall, furent mises en place et permirent de restreindre considérablement la marge de manœuvre des établissements financiers. Voir aussi la vidéo L’indispensable Commission Pecora

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

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Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

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