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Café citoyen avec Jacques Cheminade à Mions
« L’économie libérale est-elle
devenue folle ? »

La rédaction

discours de Jacques Cheminade

questions/réponses avec Jacques Cheminade

Le 31 mars, Jacques Cheminade était l’invité du Café citoyen, à Mions près de Lyon. Présenté comme candidat présidentiel et fondateur de Solidarité et Progrès, Cheminade n’avait pas été invité à cette soirée pour parler de sa campagne présidentielle, l’association regroupant tous les courants politiques, mais pour s’exprimer sur « l’économie libérale est-elle devenue folle ? », thème qui concerne aujourd’hui tous les Français.

Lors d’un meeting présidentiel organisé la veille à Lyon, le candidat avait lu, en guise d’introduction, le poème d’Eustache Dechamps intitulé« Mais qui pendra la sonnette au chat ? », où le grand poète de la cour de Charles V polémique contre un « groupe de rats » qui veut faire quelque chose contre le chat qui les terrorise, mais où il ne se trouve personne, au moment de passer à l’action, pour aller lui pendre la sonnette au cou ! (voir poème ci-joint). C’est la raison pour laquelle la France a sombré dans la guerre de Cent ans, a déclaré Cheminade, passant de la métaphore à la vérité historique.

Dans son discours au Café citoyen (accessible en entier sur son site présidentiel), Cheminade a décrit de façon particulièrement polémique le « chat » que nous devons combattre aujourd’hui : les responsables de la corruption de l’ordre financier international et français, qui tiennent le langage du « déclinisme » pour pouvoir aller encore plus loin dans le même sens.

Le débat qui s’ensuivit avec la cinquantaine de personnes présentes était révélateur du gouffre qui sépare le peuple, notamment en province, des élites parisiennes, ainsi que de la qualité citoyenne des questions que se posent les Français. Plus encore, un certain nombre d’interventions dans la salle ont appelé ceux qui étaient présents à passer à l’action, à se faire entendre en faveur de politiques alternatives à ce système. En reprenant certaines des questions et des réponses, nous avons voulu donner un sens, bien incomplet malheureusement, de ce débat.

Q : J’ai apprécié votre intervention. Elle a un petit côté révolutionnaire qui me plaît. Une première remarque concerne le CAC 40, présenté comme un élément de réussite de notre Etat français. Or on s’aperçoit que le principal accroissement des profits est réalisé à l’étranger, pas en France, avec des conséquences néfastes pour certaines entreprises. Michelin, par exemple, a acheté une société de pneumatiques américaine, mais doit assumer en même temps les fonds de pensions de cette société. Voilà une contradiction amusante pour nous : notre CAC 40 s’enrichit, mais en même temps, on n’est pas capable d’assurer nos retraites, alors que nos entreprises françaises prennent en charge les retraités américains...

JC : Pour ce qui est du CAC 40, tous les gouvernants, à commencer par Sarkozy, ont laissé les sociétés étrangères en contrôler jusqu’à 45 %. Total Elf Fina, la société pétrolière, d’administration française, est ainsi contrôlée à plus de 50 % par les fonds de pension, les fonds d’actions et les fonds spéculatifs anglo-américains. 80 % des profits du CAC 40 et 70 % du chiffre d’affaires se font à l’étranger.

Sur votre question des fonds de pension et de Michelin, il faut savoir que cela ne favorise pas les retraités américains, la veuve du Maryland ou de l’Ohio. Ça favorise ceux qui gèrent ces fonds, les intérêts financiers qui utilisent ces fonds de pension dans le cadre de leur stratégie spéculative au détriment des travailleurs américains. Dans l’aéronautique, par exemple, les compagnies n’ont plus d’argent pour payer les retraites, dans l’automobile non plus. C’est une crise énorme qui frappe les Etats-Unis, risquant de provoquer des révoltes sociales, que mon ami américain, Lyndon LaRouche, soutiendra complètement, tout en proposant une alternative à ce système.

Q : Vous avez fait une magistrale démonstration du système dans lequel nous vivons. Où j’ai un problème, c’est quand vous dites que ce système se détruira de lui-même et deuxièmement, quelle alternative proposez-vous ? Vous avez l’air d’être favorable aux privatisations, mais vous semblez vouloir en même temps un retour de l’Etat...

JC : J’espère que vous avez compris que ma première partie faisait dans l’humour virulent... Je propose un retour de l’Etat, et je vais très loin. Si l’on veut rétablir un ordre monétaire digne de ce nom, il faut rétablir un contrôle de capitaux, des mouvements de change et si besoin est, des marchés organisés. Je suis pour la fin de l’OMC, qui est une escroquerie. On y parle de commerce et du financier et pas du physique, ou de l’économie réelle. Je parle de retour de l’Etat, de retour à l’économie physique et de protectionnisme.

Q : Je pense que la Constitution de la Vème république montre ses limites et qu’il est nécessaire de passer à quelque chose qui redonne aux citoyens la maîtrise de leur pouvoir...

JC : Sa logique a été tuée par les cohabitations. Ce qu’il faut maintenant, c’est un système de représentation du peuple, dans un Parlement digne de ce nom. Il faut redonner aux parlementaires les moyens de faire leur travail : faire la loi et contrôler les institutions. Je suis pour une présidence forte, mais pour un exécutif qui ne puisse pas dissoudre le Parlement, un exécutif élu au suffrage universel et un Parlement renforcé, et que l’un et l’autre soient forcés à dialoguer, comme dans la Constitution américaine. Il faut recréer en France une culture de dialogue sur les questions principales et pas de guerre civile sur les questions secondaires.

Chirac avait dit à Halifax, en 1995, qu’il fallait s’opposer au sida financier qui détruisait le monde, et après, il s’est couché lamentablement. On doit faire face courageusement à ce capital financier anglo-américain, changer les orientations de 1983 et 1995 et rétablir dans la population une connaissance de ce qu’est l’économie.

Il faut redonner au peuple une éducation digne de ce nom. Un des problèmes est notre système d’éducation qui n’éduque pas des citoyens, mais forme des gens à des formules, aux grandes écoles où l’on dépense trois fois plus pour un élève qu’à l’université. On doit refaire une éducation populaire s’adressant à 100 % de la population et non pas faire passer le bac pour les 70 à 80 %, en donnant un diplôme et en abaissant le niveau. Il faut créer la possibilité d’avoir une culture de la découverte et pas l’application de formules mortes. Le pire est l’hypocrisie. Nous ne sommes plus en République.

Q : Je voudrai rebondir sur le terme « sida financier ». Je n’ai pas compris quel était, pour vous, le préservatif citoyen ? J’ai cru comprendre aussi que vous étiez partisan d’un repli du pays sur soi...

JC : Ah non ! Je suis pour donner des armes au pays et en même temps pour intervenir chez les autres. On doit intervenir aux Etats-Unis, pas pour s’aplatir devant Bush et Cheney, mais pour favoriser les gens qui les combattent. De Gaulle l’avait fait, Mendes s’y était efforcé à sa façon. C’étaient deux politiques étrangères différentes mais toutes deux dignes de ce nom. Depuis Pompidou, on pratique une politique étrangère de soumission à un ordre défini ailleurs que chez nous. C’est pour cela que les énarques qui dirigent les institutions d’Etat, qui sont élus, qui tendaient à être plus ou moins de bons domestiques, servant plus ou moins l’intérêt général, aujourd’hui servent les marchés financiers internationaux et ne pensent qu’à une chose : pantoufler dans les grandes banques avec le carnet d’adresses du temps où ils étaient dans les administrations. C’est absolument scandaleux. La vérité de ce qui se passe en France, c’est bien au dessus du Parlement, c’est dans les cabinets ministériels que se gèrent les choses, avec la complicité des exécutifs des cabinets ministériels et un système financier bancaire qui est un retour de la synarchie financière des années vingt. Voilà la France d’aujourd’hui, ce n’est pas une République, c’est un empire financier !

Q : Dans tous les pays d’Europe, on assiste à une délocalisation de l’industrie. Mon sentiment est qu’en perdant une industrie, on perd quelque chose qui rapporte, alors que dans le commerce, il n’y a aucune valeur ajoutée. On dit que les services vont remplacer l’industrie. Je pense que si l’industrie stagne en France, les services disparaîtront parce que c’est l’industrie qui fait vivre les services. Etes-vous d’accord ?

JC : Totalement, c’est le fondement de ce que j’ai dit. Les services ne marchent que s’ils sont associés à un développement industriel. Là, ils sont indispensables, et il en faut même plus, mais à condition que l’industrie donne le la et par dessus, la technologie et la science.

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
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