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Réforme bancaire : la bataille décisive ne fait que commencer

La rédaction

Par Simon Pouvreau

Depuis plusieurs mois, S&P a pris contact avec les parlementaires pour les convaincre de remplacer le projet de loi de réforme bancaire, présenté le 19 décembre 2012 par M. Pierre Moscovici. [1]

Si nombreux sont les élus de la nation qui estiment que pour rester crédibles auprès de leurs électeurs et des promesses portées par le discours du Bourget, il est urgent de « durcir » le texte par des amendements, pour l’instant, personne ne semble vraiment décidé à boycotter le projet gouvernemental et encore moins à introduire une proposition de loi alternative. Or, la question qui se pose est la suivante : peut-on amender un projet de loi « intrinsèquement pervers » ?

Car perversion il y a, lorsque l’on prétend pouvoir arriver à un objectif tout en proposant des moyens qui ne sont pas à la hauteur. Alors qu’on prétend séparer ce qui est utile à l’économie (les dépôts, le système de paiement et le crédit) de ce qui ne l’est pas (la spéculation garantie par les dépôts et l’Etat), la réforme bancaire qu’on nous propose vise à conserver le modèle de banque universelle qui réunit ces activités sous un même toit.

Alors qu’il faudrait « couper les banques en deux » comme l’avait fait Franklin Roosevelt en 1933 avec le Glass-Steagall Act, on nous propose, avec les versions Volcker, Vickers ou Liikanen, divers degrés de cantonnement des activités à haut risque dans une filiale supposée hermétiquement étanche. En clair, alors que dans les semaines à venir, c’est ce conflit d’intérêt inhérent à la banque universelle, érigé en vertu, qui posera la menace d’un risque systémique, on fait tout pour ne pas le désamorcer.

Certains élus, en privé, nous ont affirmé avec un courage hors pair qu’ils « iront plus loin » dans la direction d’une séparation stricte entre les banques elles-mêmes, comme Cheminade et S&P le demandent à juste titre, mais « en attendant un rapport de force plus favorable » , ils voteront la réforme qu’on leur propose.

Un document de la Fédération bancaire française (FBF) publié en janvier 2013, intitulé « Réforme bancaire : mythes ou réalité » , montre bien à quel point les banques redoutent un Glass-Steagall Act, qu’ils accusent quasiment d’être à l’origine de la crise financière mondiale !

A cela s’ajoute le fait regrettable que les forces favorables à une séparation stricte des banques en France semblent par trop empêtrées dans des calculs et des compromissions pour réellement répondre à la hauteur de ce défi.

Sur le papier, le Front de gauche est favorable à une « séparation organisationnelle et financière stricte des banques de dépôts des banques d’affaires ». Dans nos appels à leurs parlementaires, l’on nous confirme que l’on s’atèle à la tâche, mais sans donner plus de précisions. Inch’Allah ! L’on est d’ailleurs en droit de se poser des questions : lors du débat d’environ 75 minutes entre MM. Mélenchon et Cahuzac sur France 2 récemment, la question de la réforme bancaire n’a tout simplement pas été abordée. C’était pourtant une occasion majeure de mobiliser le peuple.

De même, EELV, lors de son Conseil fédéral des 19 et 20 janvier, a appelé ses députés et sénateurs « à inscrire dans la loi de réforme bancaire présentée au Conseil des ministres le 19 décembre dernier : (…) une séparation capitalistique, opérationnelle et juridique, inspirée par le Glass-Steagall Act, étant entendu que la filialisation des activités spéculatives ne résout pas le risque systémique porté par les banques universelles ». Pourtant, la décision a été prise, du moins chez ces députés, de rester en bons termes avec le PS, et donc de se contenter d’amender ce projet de loi.

Le fait est que si Hollande et le gouvernement avaient décidé de faire autant de publicité à l’enjeu bancaire qu’ils en ont fait au « mariage pour tous », les choses seraient bien différentes. Car nos parlementaires, en général, comprennent assez bien l’enjeu.

S’ils avaient saisi la perche tendue par Jacques Cheminade – qui avait mis cette question au cœur de sa campagne présidentielle – pour prendre le peuple à témoin dans cette affaire, le « rapport de force » qu’ils attendent tellement et qui dépend surtout de la médiatisation de cette problématique, serait tout autre. Faute d’une approche combative, chacun se sent politiquement isolé et a le sentiment de marcher sur des œufs. Craignant de compromettre leur avenir politique en entreprenant quelque chose dont les chances d’aboutir sont jugées faibles, ils décident finalement de ne rien faire qui bouleverserait la donne. Beaucoup se mentent à eux-mêmes, en estimant que « c’est un premier pas » : c’est effectivement un premier pas, mais dans la mauvaise direction. D’ailleurs, pourquoi ne pas « sauter le pas » tout de suite ? Car le président de la République ne souffre pas de cohabitation gouvernementale, jouit d’une majorité aux deux Chambres et bénéficierait à coup sûr du soutien du peuple.

Signez et envoyez à votre député l’Appel à un Glass-Steagall global


[1voir notamment notre feuille de route Réforme bancaire : ce qu’elle n’est pas, ce qu’elle doit être envoyée début novembre à tous les parlementaires, ainsi que notre note stratégique Tour du monde des initiatives législatives pour une séparation stricte façon « Glass-Steagall » envoyée en janvier.

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

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Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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